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Rassemblement sur la profession enseignante - Quand le travail met en péril la santé mentale



MONTRÉAL, le 22 nov. 2017 /CNW Telbec/ - Pour contrer la souffrance psychologique que subissent les enseignantes et enseignants qu'elle représente, la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) recevra aujourd'hui, au Palais des congrès de Montréal, 300 personnes déléguées afin de discuter de la santé mentale au travail et de les sensibiliser à restaurer leur pouvoir d'agir individuel, mais aussi collectif. Deux éminents chercheurs de l'Université Laval viendront d'ailleurs confirmer ce dont la FAE se doutait depuis longtemps : l'organisation du travail met en péril la santé mentale des profs.

Durant l'été 2017, la FAE a pris connaissance de données anonymes fort inquiétantes sur la santé psychologique du personnel enseignant. Près de 43 % des enseignantes et enseignants, qui sont en arrêt de travail depuis plus de deux ans, le sont à cause d'une maladie à caractère psychologique. Pour des raisons de confidentialité, les informations colligées ne permettent pas d'identifier les causes spécifiques de ces arrêts de travail prolongés, ni de lever le voile sur les histoires de détresse que masquent ces chiffres. Néanmoins, face à ce portrait troublant, la FAE souhaite documenter la problématique qui semble prendre de l'ampleur au fil des ans.

Au-delà des arrêts de travail, les conséquences de la souffrance vécue par les profs sont multiples : stress intense, fatigue chronique, détresse, problèmes de sommeil, épuisement, envie de tout lâcher, absences répétées, demandes de transfert ou de congés différés, et plus encore. Malheureusement, la santé au travail n'est considérée que sous l'angle médicalisant ou encore de la santé et sécurité au travail.

En plus du personnel enseignant, c'est le système scolaire québécois entier qui écope. Rappelons que le taux de désertion de la profession enseignante, durant les cinq premières années d'exercice, frôle le 25 % et que de nombreux élèves, comme ce fut encore le cas au début de l'année scolaire 2017-2018, peuvent se retrouver sans enseignante ou enseignant.

Une organisation du travail pathogène
Deux conférenciers, la sociologue retraitée Marie-France Maranda, Ph. D., ainsi que le professeur Simon Viviers, Ph. D., tous deux de la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université Laval viendront d'ailleurs étayer l'hypothèse de la FAE, à partir d'une enquête réalisée en 2010 auprès du personnel scolaire d'une école secondaire.

Dans un résumé du livre L'école en souffrance. Psychodynamique du travail en milieu scolaire, le désarroi et la détresse de celles et ceux qui, au quotidien, tentent d'accomplir la mission de l'école révèlent l'urgence de la situation. Les chercheurs pointent du doigt l'organisation pathogène du travail. Parmi les situations à risque, notons la lourdeur de la tâche, les pressions qui s'intensifient, la complexité et la confusion des rôles, la bureaucratie qui désorganise, la violence et la précarité d'emploi, qui expliquent ce phénomène.

« Les transformations successives dans le milieu de l'enseignement, qui ne font qu'accentuer les attentes de performance envers les profs, ont précarisé la profession et ont alourdi la tâche. Il y a trop d'élèves dans les classes, dont plusieurs possèdent des difficultés d'apprentissage ou de comportement, et ils doivent réussir à tout prix alors que les profs manquent de ressources, de reconnaissance sociale et de soutien politique pour pratiquer librement leur métier », souligne Sylvain Mallette, président de la FAE.

« De plus en plus de profs tombent au combat et le gouvernement refuse de reconnaître que la situation est devenue intolérable. Il faut briser l'idée reçue qu'il s'agit d'un problème de nature personnelle. Il s'agit d'un problème collectif auquel le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, doit s'attaquer », conclut-il.

La FAE regroupe huit syndicats qui représentent plus de 34 000 enseignantes et enseignants (le tiers du personnel enseignant au Québec) du préscolaire, du primaire, du secondaire, du milieu carcéral, de la formation professionnelle et de l'éducation des adultes et le personnel scolaire des écoles Peter Hall et du Centre académique Fournier, ainsi que les 900 membres de l'Association de personnes retraitées de la FAE (APRFAE).

 

SOURCE Fédération autonome de l'enseignement (FAE)


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Communiqué envoyé le 22 novembre 2017 à 05:00 et diffusé par :