Le Lézard
Classé dans : Santé, Le Covid-19
Sujet : Plaidoyer (politique)

Et la note pour le Québec est... médiocre!


Les provinces n'obtiennent pas la note de passage alors que les Canadiens continuent d'attendre les meilleurs médicaments pour traiter leur dépression

MONTRÉAL, le 29 juin 2020 /CNW Telbec/ - Les personnes atteintes de dépression vivant au Québec (mais n'ayant pas de régime privé d'assurance-maladie) ne reçoivent pas l'aide dont elles ont besoin de la part de l'organisme national sans but lucratif du Canada qui recommande des médicaments pour l'assurance-maladie publique, ou de leur propre province, qui est responsable de la prestation des soins de santé. En fait, lorsqu'il s'agit d'assurer un accès rapide aux médicaments, le Québec obtient une mauvaise note.

« Pour l'individu qui vit avec la dépression, l'accès à toutes les formes de traitement possibles est nécessaire pour assurer un rétablissement et une qualité de vie, et ceci comprend accès aux nouveaux médicaments pour la dépression au sein de notre régime d'assurance médicaments. Le gouvernement du Québec doit grandement améliorer son bilan afin de donner aux Québécois vivant avec la dépression, les meilleures chances de rétablissement », déclare Jean-Rémy Provost, directeur général de Revivre au Québec.  

Les Canadiens atteints de dépression majeure attendent que les gouvernements agissent et offrent une couverture pour les nouveaux médicaments de rechange pour traiter la dépression. Aujourd'hui, pendant la pandémie de la COVID-19, les recherches en matière d'opinion publique révèlent que de plus en plus de Canadiens sont confrontés à des problèmes de santé mentale, comme en témoigne la hausse marquée des appels aux lignes d'écoute téléphonique, aux professionnels de la santé mentale et aux principaux fournisseurs de services. Le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) rapporte qu'un quart (25,5 %) des répondants à un sondage mené du 8 au 12 mai ont indiqué des niveaux d'anxiété modérés à graves et qu'un cinquième (20,4 %) ont indiqué se sentir déprimés à l'occasion ou la plupart du temps au cours de la dernière semaine. Parmi les répondants, 24,5 % des femmes et 16,3 % des hommes ont présenté des niveaux de dépression plus élevés.

De nouveaux médicaments novateurs nous offrent des solutions de rechange efficaces pour traiter une maladie complexe comme la dépression, qui présente 227 combinaisons différentes de symptômes, qui se trouve à être la principale cause d'invalidité dans le monde entier et qui affecte la productivité. « Les 40 % des personnes atteintes de dépression qui ne répondent pas aux traitements habituels ont besoin d'avoir accès à une variété de médicaments », a déclaré le Dr Sidney Kennedy, professeur de psychiatrie à l'Université de Toronto et titulaire de la chaire Arthur Sommer Rotenberg en études sur le suicide et la dépression.

L'accès à de nouveaux médicaments novateurs contre la dépression est crucial, mais une fiche de rendement nationale révolutionnaire émise par la coalition Canadians for Equitable Access to Depression Medications (CEADM) souligne les énormes lacunes en matière d'accès pour des millions de Canadiens. La CEADM a retenu Nanos Research, l'une des principales firmes de recherche et d'opinion publique du Canada, pour produire la fiche de rendement complète.

Dans le cadre de l'élaboration de la fiche de rendement nationale de la CEADM, Nanos Research a effectué une analyse des lacunes de l'éventail et de la portée des médicaments contre la dépression offerts partout au pays. Les provinces et les territoires du Canada, qui sont responsables de la couverture des régimes publics d'assurance-médicaments, obtiennent de faibles résultats dans l'ensemble, certains recevant une note médiocre (note la plus élevée donnée) et d'autres une mauvaise note (note la moins élevée donnée). L'analyse des lacunes a porté sur :

Pour son analyse environnementale de la santé mentale, Nanos Research a également examiné le type de traitement et de services offerts par les provinces et territoire. Bien que le Québec ait dévoilé une stratégie et un plan d'action en matière de santé mentale pour combattre le suicide, la stratégie ne mentionne pas précisément les médicaments dans le cadre de ce travail, à l'exception de la nécessité de réduire l'utilisation des médicaments, en particulier dans le secteur des soins de longue durée. 

Malgré toutes les stratégies fédérales, provinciales et territoriales en matière de santé mentale et les transferts fédéraux relatifs à la santé dans chaque province qui sont affectés spécialement à la santé mentale, aucune stratégie ne mentionne les médicaments, un des éléments essentiels du traitement et des soins. Sur ce point et sur d'autres aspects, les provinces et les territoires du pays échouent.

Au niveau national, le Canada échoue sur deux fronts :

Bien que le temps nécessaire pour recommander un médicament aux régimes publics ait diminué par rapport au temps d'attente moyen de 340 jours, il reste encore des améliorations à apporter. « J'espère que la décision récente de l'ACMTS d'ajouter un nouveau médicament novateur pour le traitement de la dépression majeure est une reconnaissance qu'un traitement unique ne convient pas à tous », a déclaré le Dr Kennedy.

« Comme le soulignent les lignes directrices du CANMAT de 2016 (en anglais seulement), la prise en charge pharmacologique du trouble dépressif majeur dépend toujours de l'adaptation des traitements au patient. Ces traitements doivent comprendre les plus récents médicaments contre la dépression, essentiels pour traiter les personnes atteintes de maladie mentale », ajoute le Dr Kennedy, coauteur des lignes directrices.

La coprésidente de la CEADM, Brianne Moore, qui vit chaque jour avec une dépression majeure, connaît bien les effets de l'incapacité du Canada à fournir l'accès aux médicaments les plus récents par le biais des régimes publics d'assurance-médicaments. « De nombreux antidépresseurs n'ont pas fonctionné pour moi; les symptômes n'ont qu'empiré. Il n'y a que quelques années, on m'a prescrit un nouveau médicament qui a stabilisé ma maladie. Maintenant que je ne suis plus inscrite au régime d'assurance-médicaments de mes parents, je me retrouve face à un dilemme : payer pour un médicament qui fonctionne ou mettre de la nourriture sur la table. »

Étant donné que seul un nombre limité de médicaments pour traiter la dépression sont couverts par les régimes publics d'assurance-médicaments provinciaux, « l'accès inéquitable touche les populations les plus vulnérables de notre société », ajoute Mme Moore. « Une approbation pour un nouveau médicament novateur contre la dépression en 16 ans n'est pas acceptable. Ni le fait que les provinces présentent un front fort en ce qui concerne le soutien à la santé mentale, mais ne proposent pas concrètement des mesures de soutien complètes qui comprennent l'accès aux médicaments les plus récents. »

La CEADM a demandé à Nanos Research de procéder à un examen des provinces et des territoires afin de déterminer les lacunes dans le traitement de la santé mentale et d'évaluer l'importance d'offrir aux Canadiens une couverture par les régimes publics pour les plus récents médicaments contre la dépression. « La plupart des Canadiens que nous avons interrogés (en fait, 8 sur 10) affirment que l'accès égal à ces médicaments novateurs est important et devrait être une priorité des gouvernements fédéraux et provinciaux/territoriaux », affirme Nik Nanos, président de Nanos Research.

SOURCE Canadians for Equitable Access to Depression Medications (CEADM)


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Communiqué envoyé le 29 juin 2020 à 07:00 et diffusé par :