Le Lézard
Sujets : Enfance, Femme, Plaidoyer (politique), CPG

La Fédération québécoise des organismes communautaires Famille positionne les parents au coeur de ses recommandations


Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse

MONTRÉAL, le 22 oct. 2019 /CNW Telbec/ - À l'occasion de la première journée d'audience de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse (CSDEPJ), la Fédération québécoise des organismes communautaires Famille (FQOCF) a rappelé l'importance du rôle parental et du travail d'accompagnement des organismes communautaires Famille (OCF), en plus de dévoiler trois recommandations concrètes pour assurer le bien-être des familles.

« Premier et principal éducateur de son enfant, le parent est celui qui l'accompagnera tout au long de sa vie. Sans défendre l'indéfendable, nous croyons fermement qu'il faut investir collectivement dans l'offre de soutien aux parents, et ce, en s'appuyant sur la présomption de leurs compétences. À ce titre, les 280 organismes communautaires Famille, actifs dans l'ensemble des régions du Québec, possèdent une expertise d'accompagnement incontournable », a souligné Marie-Eve Brunet Kitchen, directrice générale de la Fédération québécoise des organismes communautaires Famille.

Oeuvrant auprès des mères, des pères et de leurs enfants, de la grossesse jusqu'au déploiement des ailes de ceux-ci à l'âge adulte, ces organismes de première ligne offrent aux parents un continuum de services, de ressources et d'activités essentiels à leur épanouissement et au plein développement de leurs enfants. Par divers ateliers et conférences, des discussions entre parents, du répit ou des services de halte-garderie, les OCF favorisent l'enrichissement des habilités parentales et le lien parent-enfant, soutiennent les familles dans la recherche de solutions concrètes, en plus de faire découvrir et d'accompagner les parents vers les services publics ou privés. 

Rejoignant des centaines de milliers de familles dans les communautés québécoises chaque année, les OCF travaillent en étroite collaboration et de manière complémentaire avec les organisations du secteur public, dont les CLSC, les milieux scolaires et la Direction de la protection de la jeunesse. Ils incarnent des milieux de vie dynamiques et de proximité où les familles ont le temps d'apprendre à se connaître et à dialoguer, tout en vivant des expériences nouvelles, qu'elles soient culturelles, éducationnelles, culinaires ou familiales.

« Nous aurons toujours besoin des services de la Direction de la protection de la jeunesse pour assurer le bien-être et la sécurité des enfants du Québec. En choisissant la prévention et l'intervention de proximité auprès des parents, il est certain que nous pourrons diminuer les situations de crise. Tous les parents du Québec peuvent vivre des moments de vulnérabilité dans leur parcours. Si nous voulons qu'ils puissent pleinement jouer leur rôle auprès de leurs enfants, il faut aussi les outiller et reconnaître leurs capacités », a ajouté madame Brunet Kitchen.

Trois grandes recommandations

1) Un financement à la hauteur des services offerts : Alors que la situation financière des OCF est aujourd'hui très précaire et que les services qu'ils offrent aux familles sont à risque, la FQOCF et ses membres réclament un réinvestissement important pour consolider leur offre de services et de ressources aux familles.

Afin de bien desservir les familles du Québec, d'accompagner les pères et les mères dans les différentes étapes de leur vie familiale et d'assurer le développement du plein potentiel des enfants, la FQOCF appelle le gouvernement à adopter un nouveau seuil plancher de financement pour véritablement soutenir les OCF et les familles qu'ils accompagnent.

2) Une complémentarité communautaire et institutionnelle autour des familles : « À la suite d'une première naissance ou d'une adoption, les parents du Québec sont généralement très réceptifs et même avides de découvrir les ressources et les services de leur quartier. Il s'agit d'un moment propice pour qu'ils puissent créer un lien de confiance avec leur milieu. Si le besoin se présente, ce lien significatif établi en amont avec les parents facilite le recours aux ressources disponibles dans leur communauté », a mentionné Claudine Leroux, administratrice de la FQOCF et directrice d'une Maison des familles.

Ainsi, la FQOCF propose au gouvernement d'offrir en cadeau, aux nouvelles familles, un lien significatif avec un intervenant de proximité d'un OCF, par le biais d'une visite lors de la première année de naissance, et ce, en complicité avec les centres de périnatalité du Québec et les CLSC. Il s'agit de plus de 100 000 familles qui seraient rejointes par année lors de ce premier contact. En plus de créer un pont avec les parents et de tisser un filet de prévention et de protection autour des familles, cette visite permettrait aux mères et aux pères, si des inquiétudes parentales ou des besoins se font sentir lors des diverses étapes de leur vie familiale, de communiquer avec un intervenant pivot qu'ils connaissent et qui, par son rôle de passeur, pourrait les orienter vers le bon endroit ou service.

3) Un plus grand accès aux services pour les familles : Actuellement, dans de nombreuses villes et villages du Québec, plusieurs familles sont très peu desservies par les ressources communautaires et institutionnelles. La FQOCF invite les ministères de la Famille, de l'Éducation, de l'Immigration ainsi que de la Santé et des Services sociaux à améliorer l'accessibilité des services aux familles. Pour ce faire, la FQOCF propose que ces ministères se dotent d'un plan d'action commun assurant l'implantation et le développement des ressources et des services dans les communautés où l'offre est limitée ou inexistante. Ces ministères pourraient conjointement identifier l'offre gouvernementale de services dédiés aux pères, aux mères et aux enfants et ainsi développer des stratégies pour que toutes les familles puissent être soutenues.

« Par le biais de ces trois recommandations, nous souhaitons briser les silos entre les milieux communautaires et institutionnels ainsi que redonner le pouvoir d'agir aux parents. Plus aucune famille ne doit être laissée pour compte », a ajouté madame Leroux.

Un témoignage poignant
En soutien à la FQOCF, Sara Labrie, une mère fréquentant l'organisme La Relance Jeunes et Familles à Montréal, a reconnu l'importance des OCF dans son rôle parental : « La Relance a eu une approche différente des autres services sociaux. Les intervenants de l'organisme ne m'ont jamais fait sentir que j'étais nulle comme parent. Ils m'ont respectée et ont reconnu la valeur de mon vécu. Ils m'ont aidée, encouragée, outillée et fait découvrir différentes façons d'intervenir avec mes enfants. Fréquenter un organisme communautaire Famille m'a permis de créer des moments heureux avec mes trois enfants », a raconté madame Labrie.

À propos de la FQOCF
Depuis 1961, la FQOCF représente, soutient et vise à accroître le rayonnement et le développement professionnel de plus de 240 organismes membres, en plus de promouvoir leur savoir-faire unique en matière d'accompagnement des parents et des enfants. Forte de son leadership rassembleur, la FQOCF agit à l'échelle nationale à titre d'experte-conseil sur les enjeux liés aux familles et aux parents, auprès des décideurs et des influenceurs.

SOURCE Fédération québécoise des organismes communautaires Famille (FQOCF)



Communiqué envoyé le 22 octobre 2019 à 14:01 et diffusé par :