Le Lézard
Classé dans : L'environnement
Sujets : Prix et Récompenses, Enjeux environnementaux

Suivre la propagation de contaminants chimiques dans le Nord canadien : le Dr Derek Muir reçoit le Prix de la famille Weston pour les réalisations de toute une vie en recherches nordiques par la Fondation W. Garfield Weston


OTTAWA, le 12 déc. 2018 /CNW/ - Le chercheur nordique canadien Dr Derek Muir a reçu aujourd'hui le Prix de la famille Weston pour l'ensemble des réalisations dans la recherche nordique. Expert reconnu mondialement, le Dr Muir a dédié plus de trente ans de sa vie à découvrir, mesurer et évaluer les contaminants en Arctique. Son travail révolutionnaire comporte des études sur les animaux nordiques et d'importantes sources d'eau où des contaminants persistent, ce qui a permis de faire évoluer des politiques nationales ou internationales en gestion de produits chimiques.

Au cours des années 80, le travail révolutionnaire du Dr Muir a grandement contribué à notre compréhension du déplacement des agents polluants en provenance des zones industrialisées - qui voyagent des milliers de kilomètres vers le nord pour aller se déposer en Arctique. Ses recherches plus poussées au cours des décennies qui ont suivi ont permis de faire la lumière au sujet des facteurs qui alimentent ce phénomène. Tempêtes, réchauffement des températures et courants océaniques permettent à ces produits toxiques de « nager, voler et sautiller » jusque dans la région arctique - parfois en quelques jours à peine. Lorsque les agents polluants sont déposés au sol, dans les lacs, les rivières et les océans, ils passent ensuite dans la chaîne alimentaire des ours polaires, baleines, phoques et de multiples espèces de poissons, pour ultimement affecter la santé de la faune et des humains. Ces découvertes ont aidé à modifier les politiques internationales au sujet de l'utilisation, de l'exportation et de l'élimination de produits chimiques par les industries, ainsi que la réglementation par les gouvernements à l'international pour réduire l'effet de contamination.

Le Dr Muir a reçu le Prix de 100 000 $ lors de la réunion scientifique annuelle ArcticNet 2018, à Ottawa. Cet honneur prestigieux, géré par l'Association universitaire canadienne d'études nordiques (AUCEN), reconnaît les contributions importantes qui ont permis de façonner la perception et la compréhension du Nord. Le Prix comprend une somme en argent de 50 000 $, en plus de fonds additionnels pour un programme de bourse en recherche afin d'aider au travail actuel du Dr Muir.

« Le Dr Muir a joué un rôle important en approfondissant nos connaissances au niveau des enjeux des contaminants chimiques, ce qui a permis de renforcer la règlementation qui protège l'environnement et fait prendre conscience des risques humains associés à leur exposition », affirme Geordie Dalglish, directeur de la Fondation W. Garfield Weston et président de son Comité du nord. « C'est un grand honneur que de le récompenser en lui remettant le Prix de la famille Weston pour l'ensemble de ses réalisations dans la recherche nordique et ainsi reconnaître les contributions importantes qu'il a faites. »

« C'est un honneur pour moi d'être reconnu par la Fondation W. Garfield Weston », déclare le Dr Derek Muir. « Le Nord canadien a captivé mon imagination dès ma première visite, pour un emploi d'été, et le fait de pouvoir le visiter régulièrement et l'étudier de très près sur une longue période fut un immense privilège. Cette distinction est vraiment gratifiante, mais permet surtout de ramener l'attention à l'impact de l'activité humaine sur le Nord ».

Au Canada, sa recherche nordique d'avant-garde a contribué à la mise en place de nouvelles lois et réglementations sur le contrôle des produits chimiques toxiques, dans le cadre de la loi canadienne sur la protection de l'environnement, ce qui a permis d'éliminer ou de réduire drastiquement la production et l'émission de certains nouveaux produits chimiques industriels. À l'international, la recherche du Dr Muir a permis à la Commission économique pour l'Europe des Nations unies de développer des protocoles dans le but de gérer la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance, en plus de contribuer au développement de la convention de Stockholm, un traité international visant à éliminer ou restreindre l'utilisation de polluants organiques persistants (POP). Au cours des 25 dernières années, il a codirigé quatre analyses au sujet des POP, sous le Programme international de surveillance et d'évaluation de l'Arctique - l'un des groupes de travail du Conseil de l'Arctique. Cette initiative fournit des données et conseils fiables permettant de soutenir les efforts de développement durable et de protection environnementale de l'Arctique par les gouvernements.

L'Arctique, ainsi que les peuples qui y vivent, ont profité directement de la recherche du Dr Muir. Son travail a permis de recueillir des données afin d'analyser les risques reliés aux POP et au mercure. Le Gouvernement du Nunavut a émis un avis aux femmes en âge de procréer leur indiquant de limiter leur consommation de foie de phoque annelé, afin de les protéger contre une exposition à des niveaux élevés de mercure. Les niveaux de POP ont diminué de façon marquée dans l'environnement et la faune au fil des ans grâce à la réglementation nationale et aux initiatives internationales ayant été mises en place en se fondant sur sa recherche.

Ce qui place le Dr Muir dans une classe à part ne se limite pas à la qualité de sa recherche. Il sert d'exemple au sein de la communauté scientifique en collaborant de façon régulière avec des chercheurs de disciplines variées, leur permettant de mieux comprendre l'impact des produits chimiques dans le Nord canadien, en plus d'impliquer les membres des communautés nordiques. De plus, ses heures de mentorat et de soutien aux étudiants de cycle supérieur et aux chercheurs en études postdoctorales ont créé une nouvelle vague de scientifiques nordiques, assurant ainsi la pérennité de la recherche.

« Le Dr Muir est un scientifique nordique hautement estimé. Il a collaboré largement collaboré avec ses collègues académiques, ainsi qu'avec les communautés nordiques, afin de grandement améliorer notre compréhension du Nord canadien et l'impact de l'industrie sur son environnement », reconnait le Dr Gary Wilson, président d'AUCEN. « Il a produit un immense volume de recherche qui a modifié de façon positive la réglementation pour protéger le Nord canadien. Il a également été un mentor auprès de la jeune génération de scientifiques, s'assurant que l'Arctique demeurera une priorité en recherche pour les années à venir ».

Le Dr Muir dirige un programme international à Environnement et Changement climatique Canada, en plus d'occuper des postes de professeur adjoint dans plusieurs institutions canadiennes, dont l'Université de Guelph, l'Université de Toronto ainsi que l'Université de Toronto Scarborough.

Le Prix de la famille Weston est géré par l'Association universitaire canadienne d'études nordiques (AUCEN). Les lauréats des années précédentes incluent notamment Dr Serge Payette (2011), Dr Louis Fortier (2012), Dr John Smol (2013), Dr Charles Krebs (2014), Dr Ian Stirling (2015), Dr John England (2016) et le Dr Michel Allard (2017).

Fondation W. Garfield Weston
Depuis trois générations, la Fondation W. Garfield Weston a poursuivi sa mission visant à améliorer la qualité de vie des Canadiens. Elle octroie la grande partie de ses fonds à des organisations qui réalisent des projets novateurs en recherche médicale, en environnement et en éducation. À la veille de son 60e anniversaire, elle continue de collaborer avec une vaste gamme d'oeuvres caritatives canadiennes afin de faire avance la recherche internationale, d'explorer de nouvelles idées ainsi que de créer des effets bénéfiques tangibles pour les communautés avec qui elle s'implique.

Le Comité du nord de la Fondation permet à d'éminents chercheurs canadiens de poursuivre leurs recherches scientifiques dans le Nord canadien. Depuis 2007, la Fondation a versé plus de 30 millions de dollars à cet effet. Plus de 320 bourses d'études ont été attribuées à des étudiants de cycle supérieur ainsi qu'à des stagiaires postdoctoraux provenant de 27 universités différentes.

AUCEN
L'Association universitaire canadienne d'études nordiques (AUCEN), par son mandat et ses programmes, fait la promotion avec succès de l'avancement des études nordiques. Fondé en 1978, l'AUCEN est un organisme de bienfaisance enregistré dont le siège social se trouve à Ottawa, avec des représentants bénévoles dans les établissements membres à travers le pays. L'AUCEN administre plus de 18 différents prix totalisant 1,3 million de dollars pour la recherche de premier, deuxième et troisième cycles qui se concentre sur le contexte nordique. L'attribution de ces Prix est rendue possible grâce aux contributions de la Fondation W. Garfield Weston et de Savoir polaire, entre autres.

SOURCE The W. Garfield Weston Foundation


Ces communiqués peuvent vous intéresser aussi

à 06:39
GCL System Integration (GCL SI) et Powin Energy (Powin) ont annoncé aujourd'hui une coentreprise, baptisée « G-Powin Energy Solution », nom de marque qui affirme leur ambition de développer leurs activités de stockage d'énergie dans la région...

à 06:00
La neige et le froid ont fait une entrée remarquée au Québec et au Canada dans les dernières semaines. Est-ce un présage de l'hiver qui nous attend ? Selon l'Aperçu de l'hiver de MétéoMédia, qui brosse le portrait de décembre, janvier et février,...

à 05:30
Les Producteurs de grains du Québec (PGQ) font le point sur les effets de l'hiver hâtif sur la récolte de 2019. Globalement, 74 % des superficies de maïs restent encore à récolter, sur un sol enneigé et avec des tiges fragilisées et cassées. Près de...

à 00:01
Le Rocky Mountain Institute (RMI) a lancé aujourd'hui un nouveau rapport, Seven Challenges for Energy Transformation (Sept défis pour la transformation énergétique) dans le cadre de trois événements...

17 nov 2019
La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) a remis le Prix de la noirceur au Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), pour le licenciement du lanceur d'alerte Louis Robert en janvier...

17 nov 2019
Les Producteurs de grains du Québec (PGQ) font le point sur les effets de l'hiver hâtif sur la récolte de 2019. Globalement, 74 % des superficies de maïs restent encore à récolter, sur un sol enneigé et avec des tiges fragilisées et cassées. Près de...



Communiqué envoyé le 12 décembre 2018 à 10:00 et diffusé par :