Le Lézard

La décision de l'AUCC rend un mauvais service à l'enseignement autochtone


OTTAWA, le 3 avril /CNW Telbec/ - La décision prise par l'Association des universités et collèges du Canada (AUCC) quant au rétablissement de l'entière adhésion de la First Nations University of Canada rend un mauvais service à l'enseignement postsecondaire autochtone, d'après l'Association canadienne des professeures et professeurs d'université (ACPU).

"À notre grande consternation, nous avons appris que l'AUCC avait décidé de ne pas maintenir son propre engagement envers la gouvernance universitaire autonome", a déclaré Greg Allain, président de l'ACPU.

En 2007, l'AUCC a imposé une probation à la First Nations University après deux années de préoccupations et de questionnements soulevés par les membres du corps professoral et de la communauté étudiante de cette université, par d'autres établissements canadiens ainsi que par des représentants du milieu de l'enseignement supérieur. Le fait que le président du bureau des gouverneurs se soit immiscé de manière inadéquate et sans précédent dans la gestion de cette université avait déclenché ces préoccupations.

Par suite des mesures prises par le président du bureau des gouverneurs, le recteur de l'université, deux vice-recteurs, les doyens de trois campus, plus du quart des membres du corps professoral et une grande partie du personnel administratif ont remis leur démission ou ont subi un congédiement pendant cette période.

En réponse aux préoccupations exprimées par le public face aux gestes du président, qui exerçait également les fonctions de vice-chef de la Saskatchewan Federation of Indian Nations, la FSIN a constitué un groupe de travail dont les membres, tous chefs de Premières nations, avaient pour mandat de formuler leurs recommandations quant à la gouvernance adéquate de l'université. En novembre 2005, le groupe de travail a recommandé qu'on apporte des modifications substantielles à la structure et à la gestion du bureau des gouverneurs de l'université. D'après l'ACPU, l'université n'a mis en oeuvre qu'un nombre restreint des recommandations liées à sa gouvernance. De plus, les recommandations instaurées étaient, dans une large mesure, superficielles.

"Il est très décevant de constater que la FSIN a omis d'appliquer les recommandations de son propre groupe de travail en vue de rétablir une gouvernance universitaire adéquate", a souligné James L. Turk, directeur administratif de l'ACPU. "L'AUCC a jugé que la First Nations University ne méritait pas de se conformer aux mêmes normes que les autres universités du Canada, et nous en sommes attristés."

Vu le rétablissement de l'adhésion de la First Nations University à l'AUCC, l'ACPU craint que cet établissement reçoive peu d'encouragements afin de résoudre ses difficultés. Lors de l'assemblée du conseil de l'ACPU tenue en novembre dernier, des délégués d'universités et de collèges répartis dans tout le Canada ont décidé d'organiser une rencontre entre des représentants de l'ACPU ainsi que le recteur et le président du bureau des gouverneurs de la First Nations University, afin de discuter de leurs préoccupations face à la gouvernance, à la liberté d'enseignement et au fait que l'université ait omis d'instaurer la convention collective établie avec les membres de son corps professoral.

L'ACPU n'a obtenu aucune réponse à ses demandes de rencontre.

En mai prochain, le conseil de l'ACPU étudiera la possibilité de réprimander la First Nations University, sanction qui pourrait entraîner de graves conséquences pour cet établissement.

"Nous souhaitons que la First Nations University renoue avec ses anciennes traditions, au temps où elle accordait la priorité à l'autonomie institutionnelle, à la liberté d'enseignement, de même qu'au respect de son corps professoral, de ses employés et de ses communautés", a précisé M. Turk. "Bien qu'il semble plus facile de garder le silence sur les événements de la First Nations University, nous tenons les idéaux des fondateurs et des bâtisseurs de cette université en trop haute estime pour agir de la sorte."

L'Association canadienne des professeures et professeurs d'université constitue le porte-parole national de 57 000 membres du personnel enseignant réparti dans plus de 100 collèges et universités du Canada.

Communiqué envoyé le 3 avril 2008 à 13:25 et diffusé par :