Le Lézard

Avis du Conseil supérieur de l'éducation concernant le collégial - Des v?ux pieux pour la CSQ et ses fédérations


MONTRÉAL, le 3 avril /CNW Telbec/ - "Nous sommes déçus de l'avis du Conseil supérieur de l'éducation (CSE) parce que ce qu'il propose n'est pas suffisant pour assurer la réussite des étudiantes et des étudiants. Nous comprenons mal que d'un côté, il rehausse les exigences de l'obtention du diplôme d'études secondaires et de l'autre, il réduit les exigences d'admission au collégial. Cela relève de la pensée magique de penser pouvoir miser seulement sur un meilleur encadrement pour aider les élèves admis de façon conditionnelle", affirment les représentantes et les représentants du secteur collégial de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

La CSQ et ses trois fédérations du collégial, soit la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ), la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ) et la Fédération du personnel de soutien de l'enseignement supérieur (F.P.S.E.S.) (CSQ), sont en désaccord avec certaines recommandations de l'avis du CSE visant à modifier le projet de Règlement sur le régime des études collégiales (RREC), car elles considèrent qu'elles ne permettront pas la réussite des élèves et parce qu'elles ne correspondent pas au consensus des acteurs consultés.

Les modifications apportées à l'admission conditionnelle

La CSQ et ses fédérations avaient déjà émis de grandes réserves quant à l'admission sous condition d'étudiantes et d'étudiants n'ayant pas obtenu leur diplôme d'études secondaires (DES). En effet, admettre ces derniers alors qu'il leur manque six unités en français ou en mathématiques, tout en leur permettant de suivre des cours du collégial, peut constituer une voie vers l'échec qui est inacceptable. En plus de devoir se concentrer sur leurs cours réguliers, ces étudiants devront composer avec des défis importants de logistique d'horaires et de disponibilité d'offres de cours aux adultes.

Concrètement, en acceptant l'admission conditionnelle, le Conseil accepte qu'un élève puisse être admis au cégep avec son cours de mathématiques de 3e secondaire ou son cours de français de 4e secondaire. Et même si le Conseil propose un meilleur encadrement, la CSQ considère qu'il faut imposer certaines balises afin de s'assurer de la réussite de ces étudiants et que ces derniers, qu'ils soient en région ou dans les centres urbains, puissent jouir des mêmes conditions.

Deux balises essentielles

D'une part, pour la CSQ et ses fédérations, les unités manquantes ne doivent pas être en mathématiques ou en français, qui sont des matières trop importantes à la réussite de tous les cours de niveau collégial.

D'autre part, le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) doit s'assurer que cette mesure demeure exceptionnelle et que l'objectif soit de raccrocher de "bons étudiants" qui auraient connu des accidents de parcours. "Pourquoi ne pas traiter les cas exceptionnels comme des exceptions plutôt que de transformer l'exception en règle ? À cet effet, on pourrait établir des balises nationales pour traiter des cas d'exception en tenant compte, par exemple, de la moyenne de l'étudiant en 4e secondaire", ajoutent les représentants de la CSQ.

L'admission sur une base jugée suffisante

En ce qui a trait à l'admission sur une base jugée suffisante, la CSQ considère que le CSE retient une approche volontariste en proposant la concertation entre les établissements. La Centrale propose plutôt que le contenu d'une formation jugée suffisante soit balisé sur le plan national afin d'éviter une concurrence indue entre les établissements qui pourraient être tentés, dans un contexte de baisse d'effectifs, de revoir à la baisse les critères d'une formation jugée suffisante.

D'autres recommandations positives

La CSQ et ses fédérations sont favorables à ce que le Conseil adhère aux deux modifications proposées à la sanction d'études collégiales, à savoir, le diplôme sans mention de programme d'études et le diplôme de spécialisation d'études techniques (DSET). Elle souscrit également à l'invitation faite à l'ensemble des acteurs, tant du collégial que du secondaire, à se concerter pour favoriser et soutenir le passage entre le secondaire et le collégial. "Nous sommes toutefois convaincus que l'ajout de ressources financières et humaines est nécessaire afin d'encadrer davantage les étudiantes et les étudiants, sans quoi cette volonté d'assurer la réussite pourra difficilement se concrétiser", concluent les représentantes et les représentants syndicaux.

Profil de la CSQ et des fédérations

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) compte 160 000 membres et est la plus importante organisation syndicale en éducation. Elle est composée de ses trois fédérations du collégial, soit la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ) dont le président est Mario Beauchemin, de la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ) dont le président est Bernard Bérubé et de la Fédération du personnel de soutien de l'enseignement supérieur (F.P.S.E.S.) (CSQ), dont la présidente est Marie Racine.

Communiqué envoyé le 3 avril 2008 à 12:32 et diffusé par :