Le Lézard
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Nouvelles stratégies pour améliorer la sécurité des patients: La campagne nationale rejoint d'autres établissements de santé


WINNEPEG, le 2 avril /CNW/ - Quatre nouvelles stratégies visant à améliorer la sécurité des patients seront lancées aujourd'hui lors d'une Conférence nationale, à Winnipeg, dans le cadre de la phase 2 de la campagne Soins de santé plus sécuritaires maintenant! et de la campagne québécoise, Ensemble, améliorons la prestation sécuritaire des soins de santé! La campagne SSPSM a été lancée en avril 2005 avec six stratégies ayant pour but de réduire le nombre de décès et des conséquences des évènements indésirables chez les patients dans les établissements de soins de courte durée. Deux des quatre nouvelles stratégies s'adressent directement aux établissements de soins de longue durée. De plus, deux projets pilotes seront entrepris relativement à la réduction des événements liés au bilan comparatif des médicaments dans les secteurs de soins de santé à domicile et les soins de santé pédiatriques.

"Un des buts principaux de la campagne est d'élaborer et de mettre en oeuvre des initiatives fondées sur des données probantes dans toutes les organisations de soins de santé au Canada", affirme M. Philip Hassen, président du Comité national de pilotage de la campagne Soins de santé plus sécuritaires maintenant! et directeur de l'Institut canadien pour la sécurité des patients (ICSP), le secrétariat de la campagne. "Un comité consultatif, composé d'experts reconnus en matière de qualité des soins de santé et de sécurité des patients, a été consulté sur des domaines cibles de la sécurité des patients. Les suggestions du comité ont orienté la phase 2 de la campagne."

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    Les quatre nouvelles stratégies d'intervention sont les suivantes :

    -   Prévention des chutes dans les établissements de soins de longue
        durée - réduire le nombre de chutes et de blessures qui leur sont
        associées chez les résidents en soins de longue durée

    -   Mise en oeuvre du bilan comparatif des médicaments dans les
        établissements de soins de longue durée (afin de prévenir les
        événements iatrogènes médicamenteux et d'autres préjudices)

    -   Lutte contre les organismes résistant aux antibiotiques (ORA), en
        particulier le staphylococcus aureus résistant à la méthicilline
        (SARM), par la mise en oeuvre d'une série de lignes directrices
        fondées sur des données probantes

    -   Prévention de la thrombo-embolie veineuse (TEV), par la mise en
        oeuvre de lignes directrices fondées sur des données probantes pour
        s'assurer que les patients qui subissent une chirurgie générale ou
        une chirurgie de remplacement de la hanche reçoivent une
        thromboprophylaxie afin de prévenir une thrombose veineuse profonde
        (TVP) et une embolie pulmonaire (EP)

    Deux projets pilotes seront entrepris et les leçons apprises serviront à
établir des pratiques exemplaires et des façons d'aborder l'amélioration de la
qualité pour des soins de santé plus sécuritaires dans les domaines suivants :

    -   Prévention des événements iatrogènes médicamenteux par la mise en
        oeuvre du bilan comparatif des médicaments dans les soins à domicile.
        Des défis particuliers se posent quand vient le temps de procéder au
        bilan comparatif des médicaments dans des établissements de soins
        communautaires. Ce projet établira les processus et les systèmes
        éprouvés qui facilitent le bilan comparatif des médicaments dans les
        soins à domicile. Les infirmières de l'Ordre de Victoria du Canada
        (VON Canada) et ISPM Canada dirigeront conjointement cette étude.

    -   Prévention des événements iatrogènes médicamenteux reliés aux
        médicaments à risque élevé en pédiatrie. Les membres de l'Association
        canadienne des centres de santé pédiatriques (ACCSP) et ISPM Canada,
        en partenariat avec l'Institut canadien pour la sécurité des patients
        (ICSP), le Conseil canadien d'agrément des services de santé (CCASS)
        et le groupe d'étude REISS (recherche, échange et impact pour le
        système de santé) travailleront ensemble à l'élaboration d'un plan
        d'action national pour résoudre la question des médicaments à risque
        élevé dans le continuum des soins pédiatriques.
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Des équipes s'inscrivent présentement à la phase 2 de la campagne SSPSM et de la campagne québécoise: Ensemble améliorons la prestation sécuritaire des soins de santé!. Des trousses En avant! présentent des outils, la méthode d'implantation de de mesure qui les aideront à mettre en oeuvre les nouvelles stratégies d'intervention. Les processus et les mesures des nouvelles stratégies sont conformes aux normes requises par le Conseil canadien d'agrément des services de santé (CCASS) pour les organisations de soins de santé.

"La sécurité des patients est l'affaire de tous, et les professionnels de la santé à travers le Canada s'engagent à fournir une meilleure qualité de soins à leurs patients", ajoute Philip Hassen. "Nous remercions les responsables des stratégies de leur engagement et de leur leadership dans l'élaboration des nouvelles stratégies. En travaillant ensemble, nous pouvons réduire le nombre de décès et de blessures associés à des événements indésirables évitables."

Maître d'?uvre du bilan comparatif des médicaments, ISMP Canada élargira le processus élaboré avec les équipes de soins de courte durée. "Le bilan comparatif des médicaments est un processus efficace pour réduire les événements iatrogènes médicamenteux et les préjudices associés à la perte d'information sur les médicaments, lorsque des patients, des clients ou des résidents sont transférés d'un établissement de santé à un autre", affirme Marg Colquhoun, chef de projet chez ISMP Canada. "Le bilan comparatif des médicaments porte sur la réduction des divergences entre le profil de médicaments du patient et les nouvelles prescriptions, les événements iatrogènes médicamenteux potentiels, la duplication du travail et la confusion dans l'ensemble du système de santé. C'est un processus crucial qui aide à assurer la sécurité des médicaments pour les patients."

La prévention des chutes dans les établissements de soins de longue durée sera mise en oeuvre à l'aide d'une méthodologie de collaboration. Elle sera dirigée par l'Association des infirmières et infirmiers autorisés de l'Ontario (AIIAO) et coparrainée par le Western Leadership Group. "Cette approche d'équipe axée sur l'amélioration de la qualité, pour la mise en oeuvre des lignes directrices de pratiques exemplaires de l'AIIAO en matière de prévention des chutes, peut améliorer la sécurité dans les établissements qui fournissent des soins de longue durée", dit la Dre Irmajean Bajnok, directrice des affaires internationales et des programmes de lignes directrices sur les pratiques exemplaires à l'AIIAO. "Les blessures associées aux chutes compromettent la santé et la qualité de vie des personnes âgées. Collectivement, nous pouvons utiliser les connaissances, les compétences et l'expérience pour élaborer une stratégie relative aux chutes afin de réduire le nombre de chutes et de blessures qui leur sont attribuables."

Le Dr Michael Gardam, de l'University Health Network, à Toronto (Ontario), a été un consultant de premier ordre lors de l'élaboration de la stratégie de lutte contre le SARM. "Nous savons comment contrôler le SARM. C'est une chose de savoir comment faire quelque chose, mais il est beaucoup plus difficile de mettre en pratique cette connaissance et d'apporter des changements", dit le Dr Gardam. "La lutte contre la propagation des bactéries est l'affaire de tous, du personnel, des patients et des visiteurs. Il faut un changement d'attitude et de culture pour lutter efficacement contre le SARM."

Le Dr William Geerts, un expert international en maladies thromboemboliques, et le Sunnybrook Health Sciences Centre, à Toronto, un chef de fil national en sécurité des patients, dirigeront la stratégie de prévention de la thrombo-embolie veineuse (TEV). "Il a été démontré de manière non équivoque que la thromboprophylaxie est efficace dans la prévention de la thrombose veineuse profonde, de l'embolie pulmonaire une complication pour le patient, qui contribuent à prolonger les séjours dans les hôpitaux et à accroître les coûts de notre système de santé. Nous devons éliminer les lacunes dans la prestation de cette stratégie clé de sécurité des patients", ajoute le Dr Geerts.

Les quatre nouvelles stratégies s'ajouteront aux six premières stratégies de la campagne SSPSM lancée en 2005. Les équipes de soins de courte durée peuvent encore s'inscrire à ces stratégies, les mettre en oeuvre de façon intégrale et produire des rapports/résultats de mesure :

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    -   EIR - Déployer des équipes d'intervention rapide : prévenir les décès
        chez les patients dont la santé se détériore progressivement en
        dehors du service des soins intensifs grâce à l'intervention
        d'équipes spécialement formées de professionnels de la santé
        (stratégie dirigée par la Collaboration canadienne des soins
        intensifs)

    -   IAM - Soins améliorés en cas d'infarctus aigu du myocarde : mettre en
        oeuvre des protocoles reconnus pour réduire les complications et les
        décès chez les patients hospitalisés en cas d'infarctus aigu du
        myocarde (stratégie dirigée par Theresa Fillatre, chef du synapse de
        l'Atlantique de la campagne SSPSM)

    -   BCM - Bilan comparatif des médicaments : prévenir les événements
        iatrogènes médicamenteux et les autres préjudices potentiels en
        créant un meilleur schéma thérapeutique possible (MSTP) pour les
        patients dans les établissements de soins de courte durée et en
        l'utilisant lors des admissions, des transferts et des congés
        (stratégie dirigée par ISMP Canada)

    -   CIC - Prévention des infections reliées aux cathéters
        intravasculaires centraux (CIC) : mettre en oeuvre un ensemble
        d'interventions interdépendantes fondées sur l'expérience clinique
        pour réduire les infections reliées aux CIC (stratégie dirigée par la
        Collaboration canadienne des soins intensifs)

    -   ISO - Prévention des infections du site opératoire : mettre en oeuvre
        un ensemble de protocoles ("ensemble ISO") afin de réduire la
        fréquence des infections du site opératoire et des décès (stratégie
        dirigée par Marlies van Dijk, chef du synapse de l'Ouest de la
        campagne SSPSM)

    -   PVA - Prévention de la pneumonie sous ventilation assistée : mettre
        en oeuvre un ensemble d'interventions appelé "ensemble PVA" afin de
        prévenir les infections et les décès (stratégie dirigée par la
        Collaboration canadienne des soins intensifs)
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À propos de la campagne Soins de santé plus sécuritaires maintenant!

La campagne Soins de santé plus sécuritaires maintenant! est la plus grande initiative d'amélioration de la qualité des soins de santé entreprise au Canada afin de réduire le nombre de décès et de conséquences sur les patients dans les hôpitaux associés et les autres établissements rejoints par les campagnes à des événements indésirables évitables. Plus de 830 équipes, représentant plus de 220 hôpitaux, régies régionales de la santé et autres organisations de soins de santé mettent présentement en oeuvre une ou plusieurs des six premières stratégies ciblées. La campagne québécoise, Ensemble, améliorons la prestation sécuritaire des soins de santé!, lancée en avril 2006, compte 30 établissements de santé et 46 équipes dans la province. Ces équipes font partie intégrante de la campagne québécoise, Ensemble, améliorons la prestation sécuritaire des soins de santé!.

Pour en savoir plus sur la campagne Soins de santé plus sécuritaires maintenant!, visitez notre site Web à l'adresse www.soinsplussecuritairesmaintenant.ca ou sur la campagne québécoise www.chumontreal.qc.ca

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Phase 2 de la campagne Soins de santé plus sécuritaires maintenant!

La campagne Soins de santé plus sécuritaires maintenant! (SSPSM) est une initiative canadienne visant à réduire le nombre de décès et de blessures dans les hôpitaux associés à des événements indésirables évitables. Plus de 830 équipes, représentant plus de 220 hôpitaux régies régionales de la santé et autres organisations de soins de santé et 46 autres organisations participant à la campagne québécoise Ensemble améliorons la prestation sécuritaire des soins de santé !, mettent présentement en oeuvre une ou plusieurs des stratégies ciblées de pratiques exemplaires afin d'améliorer la sécurité des patients. Des résultats provisoires indiquent que la mise en oeuvre des six stratégies d'intervention en matière de soins de santé, les piliers de la campagne, peuvent réduire le nombre de mauvaises conséquences et de décès associés aux événements indésirables évitables. Les six premières stratégies, axées sur les soins de courte durée, se poursuivront. Lors du lancement de la phase 2 des campagnes, quatre nouvelles stratégies s'ajouteront. Deux d'entre elles s'adressent directement aux soins de longue durée.

Lutte contre les organismes résistant aux antibiotiques (ORA), en

particulier le SARM

Le staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM) est un micro-organisme qui a acquis une résistance à la méthicilline. Le SARM est présentement l'organisme résistant aux antibiotiques (ORA) le plus important au Canada au plan clinique.

Le SARM est robuste. La bactérie peut vivre jusqu'à six semaines sur des surfaces présentes dans l'environnement et se transmet facilement par contacts cutanés et au toucher d'objets partagés. En mettant en oeuvre des stratégies d'intervention fondées sur des données probantes, les professionnels de soins de santé peuvent réduire la transmission du SARM et des infections.

Chaque année, environ 200 000 Canadiens contractent des infections nosocomiales et 8 000 d'entre eux en décèdent. Il coûte plus cher de traiter les infections au SARM que de les prévenir. On estime que le traitement et l'isolement des patients ayant contracté le SARM ont coûté 82 millions de dollars en 2004 et qu'ils pourraient coûter 129 millions de dollars en 2010. En moyenne, le coût total par patient infecté au SARM est de 12 216 $ en raison d'une hospitalisation prolongée, de mesures de contrôle spéciales, de traitements coûteux et d'une surveillance étendue.

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    Les cinq principales composantes de pratiques de prévention des infections
fondées sur des données probantes, à la base de la réduction de la
transmission du SARM, sont les suivantes :

    1.  un programme efficace d'hygiène des mains;

    2.  un nettoyage et une décontamination systématiques du milieu et de
        l'équipement;

    3.  des précautions lors des contacts avec les patients ayant contracté
        le SARM (cela requiert que les travailleurs de la santé portent des
        gants, des chemises d'hôpital et, dans certains cas, des masques,
        dans les chambres ou près des lits des patients infectés);

    4.  la surveillance du SARM lors de l'admission et à d'autres moments
        durant l'hospitalisation;

    5.  la surveillance du SARM et la présentation régulière de rapports sur
        les taux d'infection au SARM aux travailleurs de première ligne et
        aux dirigeants d'hôpitaux.
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Le Conseil canadien d'agrément des services de santé (CCASS) exige maintenant que les organisations de soins de santé lui fournissent leurs taux de SARM dans le cadre du processus d'agrément. Cette stratégie des campagnes fournit le cadre d'une approche efficace de lutte contre le SARM et des outils pour mesurer son efficacité.

Le Dr Michael Gardam, de l'University Health Network, à Toronto (Ontario), a été un consultant de premier ordre lors de l'élaboration de la stratégie de lutte contre le SARM. Parmi les intervenants nationaux qui ont appuyé la stratégie, mentionnons ceux-ci : l'Association pour la prévention des infections à l'hôpital et dans la communauté - Canada (CHICA-Canada), le Comité canadien sur la résistance aux antibiotiques (CCRA) et l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC).

Prévention de la thrombo-embolie veineuse

La thrombo-embolie veineuse (TEV) inclut la thrombose veineuse profonde (TVP) et l'embolie pulmonaire (EP). La TVP survient quand un thrombus se forme dans une veine de la jambe, causant de la douleur à la jambe et un ?dème ou une enflure. Un thrombus (caillot sanguin) dans une veine de la jambe peut se développer, se détacher et circuler dans le sang jusqu'aux poumons. Il peut en résulter un essoufflement ou une douleur thoracique et, dans certains cas, la mort. Les thrombus qui se rendent aux poumons causent l'embolie pulmonaire.

Les patients qui ont une TEV risquent également de connaître des événements thromboemboliques récurrents (de 10 à 30 %) au cours des cinq années suivantes. Sur une période de dix ans, entre 30 et 50 % des patients ayant une TVP contracteront une maladie post-phlébitique, accompagnée d'?dèmes chroniques aux jambes, de malaises et d'ulcères possibles aux jambes.

La TEV est une des complications les plus courantes et les plus évitables durant une hospitalisation. En l'absence d'une thromboprophylaxie appropriée, le taux de TEV nosocomiale est de 10 à 40 % après une chirurgie générale et de 40 à 60 % après une chirurgie de remplacement de la hanche.

Des centaines d'essais randomisés ont démontré de manière non équivoque que la thromboprophylaxie est efficace dans la prévention de la thrombose veineuse profonde, de l'embolie pulmonaire et de l'embolie pulmonaire fatale. Elle est aussi sécuritaire et non dispendieuse. Plus de 25 lignes directrices en matière de pratiques cliniques basées sur des données probantes ont été publiées et sont facilement disponibles.

Compte tenu de toutes ces données probantes, les hôpitaux canadiens adhèrent-ils aux lignes directrices?

Lors d'une enquête nationale, 86 % des hôpitaux canadiens ont indiqué qu'ils fournissent automatiquement une thromboprophylaxie aux patients ayant subi une chirurgie de la hanche. Toutefois, seulement 33 % des hôpitaux canadiens ont déclaré qu'ils fournissent automatiquement une thromboprophylaxie aux patients ayant subi une chirurgie générale majeure. La thrombo-embolie veineuse postopératoire a été associée à une hospitalisation prolongée de cinq jours et à la multiplication par deux des coûts des séjours à l'hôpital. Le taux de létalité après 30 jours est de 5 % dans le cas de la thrombose veineuse profonde (TVP) et de 33 % dans le cas de l'embolie pulmonaire (EP).

Grâce à cette stratégie, des équipes hospitalières participeront à des initiatives d'amélioration de la qualité afin d'accroître l'utilisation d'une thromboprophylaxie chez les patients adultes (âgés de 18 ans et plus) qui subissent une chirurgie générale importante (abdominale ouverte) ou une chirurgie de remplacement de la hanche. En outre, l'adhésion à une thromboprophylaxie fondée sur des données probantes sera mesurée au fil du temps. Les équipes participantes choisiront les patients admissibles à une thromboprophylaxie appropriée parmi ceux qui ont subi une chirurgie générale ou une chirurgie de remplacement de la hanche. Cette thromboprophylaxie débutera 24 heures après une chirurgie et se poursuivra jusqu'au congé de l'hôpital, ou pendant au moins 10 jours dans le cas des patients ayant subi une chirurgie de remplacement de la hanche.

L'American College of Chest Physicians (ACCP) commandite ce qui est considéré comme les lignes directrices les plus complètes et les plus utilisées dans la prévention de la thrombo-embolie veineuse. Les lignes directrices de l'ACCP, fondées sur des données probantes, sont examinées tous les trois ans par des pairs. Elles sont devenues la norme de référence internationale en matière de thromboprophylaxie. Le processus de révision de ces lignes directrices a été dirigé par le Dr William Geerts, de l'University of Toronto, au cours des dix dernières années. Elles serviront à l'élaboration d'une "thromboprophylaxie appropriée" dans le cadre de cette nouvelle stratégie, dont la direction a été confiée au Dr Geerts, un spécialiste de la TEV reconnu mondialement, et au Sunnybrook Health Sciences Centre, à Toronto (Ontario).

Réduction des chutes et prévention des préjudices attribuables aux chutes

dans les soins de longue durée

Les chutes et les blessures qui leur sont attribuables représentent des problèmes cruciaux relativement à la sécurité des soins de santé. Près de la moitié des personnes âgées qui résident dans les établissements ou des unités de soins de longue durée (ESLD) font une chute chaque année. Environ 40 % des admissions dans les ESLD, comme les établissements de soins prolongés, sont directement dues à une chute. Une personne sur trois qui fait une chute se blesse gravement. Les personnes qui font une chute ont un risque élevé de faire d'autres chutes et de se blesser à nouveau.

Cette stratégie s'articule autour d'un projet de séries de collaboration qui fournit une perspective unique sur les efforts d'amélioration de la qualité. Chaque ESLD est invité à inscrire une équipe d'amélioration composée de cinq à sept personnes qui mettra en oeuvre, au cours des 12 prochains mois, des interventions de changement fondées sur des données probantes. Toutes les équipes recevront un soutien par le truchement de séances d'apprentissage, de téléconférences animées régulières et du réseau qu'elles formeront, auquel des experts nationaux en matière de prévention des chutes participeront. Une approche efficace visant à changer les pratiques sera utilisée. Axée sur le cycle d'amélioration de la qualité PEÉA (planifier, exécuter, étudier et agir), cette approche inclura trois séances d'apprentissage entrecoupées de deux périodes d'exploration.

Les équipes inscrites au Collectif national en matière de prévention des chutes dans les établissements de soins de longue durée ("Collectif national") s'intéresseront à quatre principaux champs d'intervention, surtout auprès des personnes âgées : la sensibilisation aux risques; la prévention des chutes; la réduction des chutes; et la réduction des blessures. Le but est de réduire de 40 % les chutes et les blessures qui leur sont associées dans les établissements inscrits.

Cette stratégie nationale est dirigée par l'Association des infirmières et infirmiers autorisés de l'Ontario (AIIAO) et coparrainée par le Western Leadership Group. Elle repose sur une approche d'équipe nécessitant l'engagement complet des profesionnels de soins de santé réglementés et non réglementés, comme des infirmières, des préposés aux bénéficiaires, des physiothérapeutes, des médecins, des ergothérapeutes, des pharmaciens et les ministres responsables des initiatives provinciales en matière de prévention des chutes. Le Collectif national s'aligne également sur les pratiques organisationnelles requises (POR) pour la sécurité des patients par le Conseil canadien d'agrément des services de santé (CCASS) quant à la prévention des chutes et à la réduction des blessures qui leur sont associées.

Mise en oeuvre du bilan comparatif des médicaments dans les soins de

longue durée

Le bilan comparatif des médicaments (BCM) est un processus efficace pour réduire les événements iatrogènes médicamenteux (EIM) et les préjudices associés à la perte d'information sur les médicaments, lorsque des patients, des clients ou des résidents sont transférés d'un établissement de santé (hospitalier, à domicile ou communautaire) à un autre. Une des stratégies d'intervention lancées lors de la phase 1 de la campagne SSPSM était axée sur le BCM dans les établissements de soins de courte durée. Des ressources, des processus, des outils et des infrastructures ont été élaborés afin d'étendre l'utilisation du BCM aux établissements de soins continus ou de soins de longue durée.

Le processus de bilan comparatif des médicaments établit et résout les divergences dans les régimes posologiques lors des transitions de soins. Le but ultime du BCM est de prévenir les événements iatrogènes médicamenteux en éliminant toutes les divergences intentionnelles non documentées et les divergences non intentionnelles.

Le besoin d'un BCM dans les soins de longue durée a été démontré en 2006 lors d'un examen du transfert d'informations entre un hôpital de soins de courte durée et un établissement de soins de longue durée. On a constaté que 22 % des transferts se faisaient sans qu'il y ait un résumé officiel d'information, que des résumés lisibles étaient disponibles dans 56 % des transferts, que des diagnostics secondaires étaient absents dans 30 % des transferts et que les allergies étaient documentées dans seulement 51 % des cas. En outre, il appert que la clarification des renseignements était difficile parce que l'identification des médecins traitants à l'hôpital était lisible seulement dans 41 % des transferts et que leur numéro de téléphone n'était mentionné que dans 33 % des cas. L'étude a conclu que des erreurs importantes et des omissions se sont produites fréquemment lors des transferts en raison d'une gestion inappropriée, ce qui a résulté en une perte d'efficacité et une reprise du travail.

Le meilleur schéma thérapeutique possible (MSTP) constitue la base du bilan comparatif des médicaments dans les soins de courte durée et les soins de longue durée. Le MSTP documente tous les médicaments pris par un patient ou un résident, même s'ils sont différents de ceux présentement prescrits. À tous les moments critiques, chaque fois qu'un patient ou un résident est transféré d'un établissement/service de santé à un autre, le MSTP doit être comparé à ses ordonnances.

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    Le bilan comparatif des médicaments dans les soins de longue durée
implique un processus officiel :

    1.  À l'admission, obtenir une liste complète et précise des médicaments
        pris par chaque patient à domicile ou avant son admission, y compris
        le nom des médicaments, leur dosage, leur fréquence et leur voie
        d'administration (MSTP).

    2.  À l'aide du MSTP, émettre des ordonnances à l'admission ou comparer
        la liste des médicaments pris par le résident aux ordonnances émises
        à l'admission, établir les divergences et les porter à l'attention du
        médecin prescripteur aux fins de leur résolution.

    3. Documenter et communiquer tout changement aux fournisseurs de soins
       concernés, au résident ou aux membres de sa famille autant que
       possible.
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En raison de son expérience du bilan comparatif des médicaments dans les soins de courte durée, l'Institut pour l'utilisation sécuritaire des médicaments du Canada (ISPM Canada) est le maître d'?uvre de cette stratégie. Durant les 18 premiers mois de la campagne SSPSM, les équipes du BCM dans les soins de courte durée ont obtenu du succès, en réduisant les divergences non intentionnelles de presque 50 %, comme l'indiquent les données soumises après 13 mois. Il s'agit aussi d'une stratégie qui s'aligne sur les exigences du Conseil canadien d'agrément des services de santé.

Phase I de la campagne SSPSM - les six premières stratégies

La phase 1 de la campagne a établi qu'une meilleure qualité des soins et que de meilleurs résultats pour les patients peuvent être atteints. Les efforts visant à mettre en oeuvre les six premières stratégies de la phase 1 et à mesurer leurs résultats se poursuivront. Voici ces six stratégies et les résultats obtenus en mars 2007.

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    -   EIR - Déployer des équipes d'intervention rapide - prévenir les décès
        chez les patients dont la santé se détériore progressivement en
        dehors du service des soins intensifs grâce à l'intervention
        d'équipes spécialement formées de professionnels de la santé.

        Les équipes d'intervention rapide (EIR) fournissent une expertise
        cruciale au personnel qui ne travaille pas dans les unités de soins
        intensifs (USI). Les mesures pour cette stratégie sont les
        suivantes : les codes par 1 000 sorties d'hôpital; le pourcentage de
        codes à l'extérieur de l'USI; et le recours à l'équipe d'intervention
        rapide. Les premiers résultats indiquent qu'il est difficile de
        déployer des EIR, puisqu'il faut recruter, mobiliser et financer des
        spécialistes en la matière, en plus de renforcer les connaissances et
        le soutien dans l'ensemble de l'organisation.

    -   IAM - Soins améliorés en cas d'infarctus aigu du myocarde : mettre en
        oeuvre des protocoles reconnus pour réduire les complications et les
        décès chez les patients hospitalisés en cas d'infarctus aigu du
        myocarde (IAM).

        Le Canada est un chef de file dans l'établissement et la diffusion de
        normes de soins en cardiologie qui réduisent les préjudices ou les
        événements indésirables. Près de 75 % de tous les hôpitaux
        participants administraient de l'acide acétylsalicylique à
        l'admission et prescrivaient de l'acide acétylsalicylique, des béta-
        bloquants et des inhibiteurs de l'enzyme de conversion de
        l'angiotensine (IECA) lors des congés à 90 % de leurs patients ayant
        subi un IAM. Cela montre à quel point ces indicateurs sont bien
        implantés dans les équipes de cardiologie au pays. Seulement 7,3 %
        équipes administraient des agents thrombolytiques dans les 30 minutes
        suivant l'admission chez 90 % de leurs patients à la phase
        préliminaire, alors que plus de 42 % des équipes ont atteint le but
        après avoir mis en oeuvre la stratégie des campagnes. Le pourcentage
        d'équipes qui donnent des conseils sur l'abandon du tabagisme à tous
        les patients admissibles est passé de 40 % à près de 85 % durant la
        phase 1.

    -   BCM - Bilan comparatif des médicaments : prévenir les complications
        et les décès résultant d'événements iatrogènes médicamenteux en
        dressant une liste complète des médicaments pris par les patients
        lors de leur admission à l'hôpital et en comparant les divergences
        entre cette liste et les ordonnances.

        Durant la phase 1 de la campagne SSPSM, le taux de divergences
        intentionnelles non documentées est passé de 1,0 à 0,68 par patient.
        Le taux de divergences non intentionnelles a subi une réduction
        soutenue au fil du temps, passant de 1,2 par patient (ligne de base)
        à près de 0,6 par patient suite à l'implantation de cette stratégie.

    -   CIC - Prévention des infections reliées aux cathéters
        intravasculaires centraux (CIC)- mettre en oeuvre un ensemble
        d'interventions interdépendantes fondées sur l'expérience clinique
        pour réduire les infections reliées aux CIC.

        Les infections reliées aux CIC représentent 90 % de toutes les
        infections associées aux cathéters, et le taux de mortalité à la
        suite de bactériémies reliées à un cathéter est d'environ 20 %. Les
        mesures pour cette stratégie sont les suivantes : le taux de
        bactériémies primaires reliées aux cathéters intravasculaires
        centraux par 1 000 jours-cathéters (objectif : réduction de 50 %); la
        conformité à l'ensemble cathéter central d'insertion; et la
        conformité à l'ensemble cathéter central d'entretien. Durant la phase
        1 de la campagne SSPSM, le taux national moyen d'infection avec des
        bactériémies primaires reliées aux CIC par 1 000 jours-cathéters
        (ligne de base de 5) a été réduit de 0,3 à 0,8. Au total, 75 % des
        équipes ont atteint l'objectif national d'un taux de bactériémies
        primaires reliées aux cathéters intravasculaires centraux inférieur à
        1,9 par 1 000 jours-cathéters.

    -   ISO - Prévention des infections du site opératoire : mettre en oeuvre
        un ensemble de protocoles ("ensemble ISO") afin de réduire la
        fréquence des infections du site opératoire et des décès.

        Les complications chirurgicales, y compris les infections du site
        opératoire, sont les événements indésirables les plus fréquents,
        comme l'a souligné l'étude The Canadian Adverse Events Study: the
        incidence of adverse events in hospital patients in Canada, parue en
        2004. Les données de base recueillies ont indiqué que 32,7 % des
        équipes ont déclaré avoir administré des antibiotiques
        prophylactiques dans les 60 minutes suivant une incision chirurgicale
        chez au moins 75 % de leurs patients qui ont subi une intervention
        chirurgicale. Cependant, 75 % des équipes qui ont mis en oeuvre cette
        stratégie d'intervention ont administré des antibiotiques
        prophylactiques dans les 60 minutes suivant une incision chirurgicale
        chez au moins 75 % de leurs patients qui ont subi une intervention
        chirurgicale. À la suite de la mise en oeuvre de cette stratégie,
        chez au moins 75 % des patients ayant subi une intervention
        chirurgicale, le taux d'interruption de l'administration des
        antibiotiques prophylactiques dans les 24 heures suivant une
        chirurgie a augmenté, passant d'un taux de base de 36,9 % à un taux
        de 64,6 %.

    -   PVA - Prévention de la pneumonie sous ventilation assistée : mettre
        en oeuvre un ensemble d'interventions appelé "ensemble PVA" afin de
        prévenir les infections et les décès.

        La pneumonie sous ventilation assistée est la principale cause de
        décès associés aux infections nosocomiales et augmente
        considérablement les risques de mortalité chez les patients ventilés.
        Les deux mesures utilisées dans cette stratégie sont celles-ci : le
        taux de PVA à l'unité des soins intensifs par 1 000 jours-
        ventilateur; et la conformité aux quatre éléments de l'ensemble PVA
        fondés sur des données probantes. La majorité des équipes ont mis en
        oeuvre les quatre éléments de l'ensemble PVA. La moitié des équipes
        ont déclaré avoir atteint l'objectif national de 7,0 PVA par 1 000
        jours-ventilateur. Au cours de la phase 1 des campagnes, la moyenne
        nationale du taux de PVA par 1 000 jours-ventilateur a été
        réduite, passant d'un taux de départ de 20 à 5 après implantation de
        la stratégie .
    >>


Au sujet des campagnes Des soins plus sécuritaires maintenant et celle du

Québec - Ensemble, améliorons la prestation sécuritaire des soins de

santé!

En 2004, l'étude The Canadian Adverse Events Study (Baker, Norton et al.) a conclu qu'un patient sur 13 qui a bénéficié de soins de santé dans un hôpital au Canada a subi un événement indésirable. On estime qu'entre 9 000 et 24 000 patients meurent chaque année par suite d'un événement indésirable évitable. La campagne Soins de santé plus sécuritaires maintenant! a été lancée en 2005 pour s'assurer que des pratiques fondées sur des données probantes et connues pour améliorer les résultats chez les patients sont mises en oeuvre de manière cohérente. La campagne québécoise, Ensemble, améliorons la prestation sécuritaire des soins de santé, lancée au Québec en 2006, collabore avec la campagne SSPSM. Les deux campagnes s'inspirent largement de la campagne 100,000 Lives de l'Institute for Healthcare Improvement, aux États-Unis (www.ihi.org).

Diverses organisations se sont engagées à soutenir les deux campagnes, comme l'Institut pour l'utilisation sécuritaire des médicaments du Canada (ISPM Canada), l'Association canadienne des centres de santé pédiatriques (ACCSP), la Collaboration canadienne des soins intensifs et l'Institut canadien pour la sécurité des patients (ICSP), qui assure le secrétariat de la campagne SSPSM. Plus de 70 organisations appuient la campagne en tant que partenaires, notamment l'Association médicale canadienne, l'Association des infirmières et infirmiers du Canada, l'Institut canadien d'information sur la santé, le Conseil canadien d'agrément des services de santé, ainsi que d'autres organisations de professionnels de la santé, des organismes de réglementation, des ministres provinciaux de la santé et des régies de la santé. Pour obtenir la liste complète de nos partenaires, veuillez consulter notre site Web à l'adresse www.soinsplussecuritairesmaintenant.ca et pour connaître les partenaires spécifiques à la campagne québécoise consultez le www.chumontreal.qc.ca

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Communiqué envoyé le 2 avril 2008 à 13:20 et diffusé par :