Le Lézard

Et si on faisait de notre cinématographie nationale une priorité



MONTRÉAL, le 12 juillet /CNW/ -- MONTRÉAL, le 12 juillet /CNW Telbec/ - Au cours des dernières semaines, nous avons tout entendu sur la crise du financement qui affecte l'industrie du cinéma québécois. Certains pointent du doigt le système de financement de Téléfilm Canada, d'autres encore croient que les fonctionnaires ont trop de pouvoirs discrétionnaires dans l'octroi de fonds publics et tous suggèrent des solutions qui, sans être dépourvues de fondement, ne tiennent pas compte de la raison première de cette crise.

Cette crise relève d'abord et avant tout d'un manque crucial de fonds pour supporter la maturité du cinéma québécois et cela tant au niveau fédéral que provincial. Et même si le milieu du cinéma québécois a demandé un fonds d'urgence à la ministre du Patrimoine Canadien madame Bev Oda, il ne faut pas croire que cette crise soit temporaire. Au contraire, nous pouvons être assurés de sa permanence si on ne trouve pas de nouveaux fonds pour le financement de notre cinématographie.

Le cinéma québécois rejoint son public depuis quelques années seulement. Les résultats d'audience le démontrent éloquemment. Obtenir 20% de part de marché au Québec est une réussite exceptionnelle compte tenu que nous produisons un nombre limité de films.

Le Québec a connu au cours des dernières années un foisonnement créatif qui répond aux attentes des cinéphiles et du public en général. Ce résultat dépend largement de la mise en place de la politique du gouvernement fédéral énoncé dans son document Du scénario à l'écran qui avait pour objectif d'accroître la qualité, la diversité et l'accessibilité des films. Elle visait à rejoindre le plus vaste public possible. En cela, elle est encore actuelle et pertinente.

Favoriser une diversité de genres et réaliser un large éventail de titres est nécessaire pour populariser une cinématographie nationale qui ne dédaigne ni les succès commerciaux ni les succès critiques.

La mise en ?uvre de la politique fédérale a favorisé une augmentation des budgets de production, ce qui a permis d'améliorer la qualité des ?uvres et a attiré un plus grand nombre de spectateurs. Si la hausse des budgets moyens s'avérait nécessaire, elle doit toutefois permettre le maintien d'une masse critique de films. Le succès s'appuie également sur une présence régulière en salles. On ne bâtit pas une cinématographie nationale et on ne développe pas un auditoire et une habitude de fréquentation avec un volume insuffisant de films.

Alors que les différentes mesures mises en place il y a 5 ans semblent porter fruits et que plusieurs des objectifs ont été atteints, il nous apparaît essentiel de continuer sur cette lancée. Il faut donc à la fois maintenir des budgets de production suffisants et produire une masse critique de films. Revenir à des budgets réduits serait un désastreux retour en arrière et produire moins de films équivaudrait à renoncer à occuper notre marché national et restreindre l'accès de certains de nos films au marché international. Il est donc impératif que notre volume de production soit maintenu et que les fonds nécessaires y soient alloués.

C'est dans ce contexte que toute l'industrie du cinéma devrait travailler pour assurer sa croissance et permettre aux créateurs de développer leurs ?uvres dans la continuité.

Nous avons pris connaissance de la réponse de la ministre du Patrimoine Canadien qui s'est dit impuissante à trouver des fonds supplémentaires pour dénouer l'actuelle crise du financement du cinéma québécois. La situation ne peut donc aller qu'en s'aggravant.

Nous appelons toutes les forces vives du milieu du cinéma québécois à travailler ensemble afin de convaincre le gouvernement fédéral et le gouvernement du Québec de l'urgence d'injecter des sommes additionnelles pour permettre à notre cinématographie de continuer à s'épanouir et à rayonner au Québec et à l'étranger.

(par ordre alphabétique)

Yvan Adam Jennifer Alleyn Paul Ahmarani Louis Bélanger Emmanuel Bilodeau Jacques Bonin Raymond Bouchard Manon Briand Geneviève Brouillette Pascale Buissières Lyne Charlebois Ghyslaine Côté Michel Cusson Marc Daigle Yves Dion Luc Déry Alain Desrochers Pierre Even Pierre Falardeau Roger Frappier François Girard Benoît Guichard Christian Larouche Lyse Lafontaine David La Haye Lucie Laurier René Malo Michel Mosca Kim Nguyen Yves Pelletier Luc Picard Marie-Claude Poulin Lorraine Richard Nicole Robert Sébastien Rose Ken Scott Patrick Senécal Éric Tessier Luc Vandal Claude Veillet.


Communiqué envoyé le 12 juillet 2006 à 07:00 et diffusé par :