Le Lézard

Décès d'un opérateur de plate-forme élévatrice sur un chantier de Varennes: la CSST dépose son rapport d'enquête



LONGUEUIL, QC, le 11 juillet /CNW/ -- LONGUEUIL, QC, le 11 juillet /CNW Telbec/ - La Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) dévoile aujourd'hui les conclusions de son enquête sur l'accident qui a coûté la vie à M. Stéphane Le Bouthillier, menuisier travaillant pour Constructions BSL. Le 8 décembre 2005, sur le chantier de construction de l'usine de fabrication d'éthanol à Varennes, M. Le Bouthillier décoffre le toit d'un silo à 26 mètres de hauteur, à partir de la nacelle d'une plate-forme élévatrice automotrice à bras articulé. Alors qu'il déplace la plate-forme élévatrice autour du silo, celle-ci se renverse entraînant la chute du travailleur au sol. La défaillance d'interrupteurs de position du système de commandes de la plate-forme élévatrice et la conception inadéquate de ce système pour assurer la stabilité de l'appareil en cas de défaillance sont mises en cause dans l'accident.

Rappel des événements

Constructions BSL est une entreprise de construction de Vanier. Elle a le mandat de construire deux silos en béton sur le chantier de l'usine de fabrication d'éthanol à Varennes. Pour effectuer ce travail, Constructions BSL loue une plate-forme élévatrice appartenant à la compagnie Accès location d'équipements de Sainte-Julie.

Le jour de l'accident, M. Le Bouthillier enlève les contreplaqués servant de coffrage pour la couronne du toit d'un silo et les place dans la nacelle de la plate-forme élévatrice où il prend place. Afin de poursuivre le décoffrage, il déplace, le long du silo, la plate-forme élévatrice dont le mât est déployé. C'est alors que la plate-forme se renverse sur le côté du contrepoids. Dans sa chute, la nacelle heurte la structure d'acier d'un bâtiment en construction. Sous l'impact, le travailleur est projeté hors de la nacelle et il tombe au sol. Le décès est constaté sur place.

Constatations de la CSST

L'enquête a permis à la CSST de retenir deux causes pour expliquer l'accident :

    <<
    - la défaillance de deux interrupteurs de position du système de
      commandes de la plate-forme élévatrice fait en sorte que l'appareil se
      trouve hors de ses limites de stabilité, ce qui provoque son
      renversement;

    - la conception du système de commandes de la plate-forme élévatrice est
      inadéquate pour assurer la stabilité en cas de défaillance des
      interrupteurs de position.
    >>


La CSST considère que Accès location d'équipements a agi de manière à compromettre sérieusement la sécurité des travailleurs. En conséquence, un constat d'infraction a été délivré à cette entreprise qui est passible d'une amende de 5 000 $ à 20 000 $.

Exigences de la CSST

À la suite de l'accident, la CSST a ordonné l'arrêt des travaux de décoffrage et a apposé un scellé sur la plate-forme élévatrice. La reprise des travaux a été autorisée quelques jours plus tard après le dépôt par l'employeur d'une méthode de travail appropriée prévoyant l'utilisation d'un appareil de levage sécuritaire.

Suivi de l'enquête

Pour éviter qu'un tel accident ne se reproduise, la CSST informera les entreprises de location et les fournisseurs d'équipements de même que les gestionnaires de chantier des conclusions de l'enquête. Elle les sensibilisera au fait qu'une plate-forme élévatrice automotrice à bras articulé doit être pourvue d'un système de commandes d'un niveau de sécurité approprié au risque de renversement de l'appareil.

La Commission informera également le comité technique sur les plates-formes élévatrices CSA B-354 de l'Association canadienne de normalisation des circonstances du renversement de la plate-forme élévatrice. Elle soulignera l'importance de spécifier, dans la norme de conception de ces appareils, le niveau de sécurité approprié des systèmes de commandes de manière à prévenir leur renversement en cas de défaillance.

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Communiqué envoyé le 11 juillet 2006 à 07:30 et diffusé par :