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Association canadienne du cancer colorectal - Traiter le cancer colorectal -Un dilemme moral et légal



OTTAWA, le 15 mai /CNW/ -- OTTAWA, le 15 mai /CNW Telbec/ - Le Canada fait face à un dilemme moral et potentiellement légal quant au traitement des patients souffrant du cancer colorectal. Des patients à l'échelle du pays atteints d'un cancer colorectal métastasé se voient privés du médicament qui aide à prolonger l'existence "Avastin" (bevacizumab) qui fait partie des soins de base pour le traitement de cette maladie.

Bien que quelques provinces, soit la Colombie Britannique, le Québec (certains hôpitaux) et le Nouveau-Brunswick (certains hôpitaux) ont offert gratuitement ce traitement à leurs patients, dans d'autres provinces, dont le Manitoba, ce médicament n'est simplement pas disponible ou dans le cas de la Saskatchewan seulement disponible aux patients prêts à en assumer le coût (approximativement 36 000 $ pour un traitement d'une durée de six mois) en recevant l'infusion dans un hôpital du système de santé public, ou dans le cas de l'Ontario en clinique privée.

"Ce qui se passe au Canada est honteux. Ce traitement longtemps attendu, finalement approuvé au Canada, n'est guère accessible aux patients qui en ont désespéramment besoin. De plus, ces mêmes patients qui se trouvent dans une position des plus vulnérables sont rançonnés pour recevoir un traitement qui est la norme de soins quant au traitement de cette maladie" dit M. Barry D.Stein, président de l'Association canadienne du cancer colorectal.

"Quelle est la raison d'être de notre système d'assurance maladie si nous ne pouvons garantir le fondement de la Loi canadienne sur la santé - soit que les meilleurs soins possibles soient offerts universellement à travers le Canada et non refusés pour des raisons financières, économiques, sociales ou géographiques?" demande M. Stein. Cependant, c'est exactement ce que proposent certaines provinces, dont l'Ontario. Il ne s'agit point d'une thérapie expérimentale ou exceptionnelle, mais plutôt d'un traitement commun dans les centres de traitement du cancer à travers les États-Unis et dans d'autres pays. Il est clair que ce traitement devrait être inscrit aux formulaires provinciaux et devrait être couvert par l'assurance maladie. Les patients ne devraient pas payer pour un traitement qui représente la norme de soins auxquels ils ont droit.

Le problème ne s'arrête pas là. Un autre médicament, Erbitux (cetuximab) utilisé dans le traitement du cancer colorectal métastatique qui a été approuvé en même temps qu'Avastin n'a pas encore été lancé au Canada à cause de ces problèmes et l'incapacité de se mettre d'accord sur un prix avec le Conseil d'examen du prix des médicaments brevetés. Comme on s'attend à ce que le coût de cette thérapie soit encore plus élevé que celui d'Avastin, les patients continueront vraisemblablement à être privés de ce médicament.

De plus, l'Ontario et l'Alberta n'assument point les coûts pour un des traitements de première ligne, soit Oxaliplatin (eloxatin). Les patients sont forcés à dépendre sur les programmes de soins de compassion mis sur pied par les fabricants afin de venir en assistance aux patients en payant eux-mêmes la balance. "Lorsque les provinces ne remboursent pas les coûts de ces traitements et que les patients doivent payer pour y avoir accès (s'ils en ont les moyens) ceci crée non seulement un système à deux paliers mais prive en réalité les patients de l'opportunité de prolonger leur vie ou même de trouver une cure", dit M. Stein.

Il ne s'agit pas d'une problématique unique aux patients souffrant du cancer colorectal mais une qui touche en fait l'ensemble des patients souffrant d'un cancer. Lorsque des thérapies nouvelles et originales sont introduites qui deviennent la norme de soins, celles-ci doivent être disponibles à tous les patients. La tendance observée quant à plusieurs de ces nouvelles thérapies est qu'elles sont rarement utilisées pour un seul type de cancer mais deviennent plutôt, pendant que les essais cliniques avancent, d'excellentes options de traitement pour d'autres cancers.

"Pourquoi approuver les derniers médicaments et produits biologiques à Ottawa lorsque que les provinces refusent ensuite de les inscrire à leurs formulaires pour une simple raison de coût, privant ainsi l'accès à ces traitements aux patients. Il est inacceptable que les canadiens en général ne reçoivent pas les normes de soins requises pour combattre la deuxième cause de décès par cancer au Canada.

Si nous désirons obtenir un système de santé à jour quant au traitement du cancer au Canada nous ne pouvons nous permettre d'accepter cette réalité. Non seulement aurons-nous un accès inéquitable à notre système de santé, mais les patients seront privés de leurs médicaments à cause de restrictions de coûts ou de l'absence d'introduction de nouvelles thérapies originales pour ces mêmes raisons", dit Stein.

"Au Canada, nous savons depuis longue date que dans une grande mesure il est possible de prévenir le cancer colorectal, cependant aucune province a, jusqu'à date, mis en place un programme de dépistage qui au minimum réduirait le nombre de cas nécessitant un traitement. Les provinces se plaignent qu'elles ne peuvent assumer les coûts des traitements de cas qui auraient pu, en certaine partie, être prévenus."

Le 15 mai 2006, les patients de la Saskatchewan manifesteront devant l'assemblée législative de la Saskatchewan à Régina. L'ACCC appelle le gouvernement de la Saskatchewan à appuyer ces patients et à assurer le remboursement d'Avastin pour les patients souffrant du cancer colorectal afin de ne pas nuire indûment aux vies de ces patients nécessitant l'accès à ce médicament qui aide à prolonger l'existence. De plus, l'ACCC appelle aussi les provinces à initier immédiatement des programmes de dépistage au sein de leurs provinces sans de plus de délais.

L'ACCC animera une session d'information pour tous les membres de la Chambre des Communes et du Sénat au restaurant parlementaire de 7:30 à 9:30, le 16 mai 2006. Les représentants des médias sont invités à assister à cette session. L'inscription des médias est requise. Veuillez confirmer votre présence au (613) 237-3575 ou ccac_accc@national.ca.

NOTES À L'INTENTION DES RÉDACTEURS:

À propos du cancer colorectal

Le cancer colorectal - cancer du côlon ou du rectum - constitue la deuxième cause de décès par cancer chez les deux sexes. Il est associé à un taux de mortalité plus élevé que les cancers du sein et de la prostate. Parmi tous les cancers, seul celui du poumon le devance au chapitre du nombre de décès qu'il provoque.

Bien qu'il soit possible de prévenir le cancer colorectal, on estime, pour cette année, à 20 000 le nombre de nouveaux cas diagnostiqués et à 8 500, le nombre de décès causés par cette maladie. Chaque année au Canada, un nombre à peu près égal d'hommes et de femmes apprennent qu'ils en sont atteints.

À chaque semaine, en moyenne au Canada, 385 cas de cancer colorectal seront diagnostiqués et 163 personnes décéderont de cette maladie. Il est attendu qu'un homme sur 14 et une femme sur 16 seront atteints du cancer colorectal dans leur vie. Un homme sur 28 et une femme sur 31 décéderont du cancer colorectal.

Au sujet de l'ACCC

L'ACCC est une organisation sans but lucratif dont la mission consiste à sensibiliser les Canadiens au cancer colorectal, à les renseigner sur cette maladie, à soutenir ceux et celles qui en sont atteints ainsi que leur famille et à plaider en faveur d'une politique nationale de dépistage et d'un accès aux traitements. Pour de plus amples renseignements, visitez notre site Web (www.ccac-accc.ca) ou appelez-nous au 1-877-50COLON.

Veuillez visiter le site web de l'ACCC pour de plus amples renseignements au sujet du cancer colorectal: www.ccac-accc.ca.

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Communiqué envoyé le 15 mai 2006 à 15:03 et diffusé par :