Le Lézard

Fermeture possible des centres d'appels de la Sûreté du Québec - Le SFPQ demande à la Sûreté du Québec de dévoiler les conclusions de son étude de faisabilité



QUÉBEC, le 5 juillet /CNW/ -- QUÉBEC, le 5 juillet /CNW Telbec/ - Plus d'un an et demi après avoir pris connaissance et dénoncé le projet de la Sûreté du Québec de réduire de onze à deux le nombre de ses centres d'appels, le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) et les quelque 440 préposés aux télécommunications qu'il représente sont toujours dans l'attente d'une décision des autorités de la SQ. Cette dernière refuse d'ailleurs de dévoiler les conclusions de l'étude de faisabilité qui a été réalisée sur ce projet. À cet effet, le Syndicat espère que ses démarches en vertu de la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels permettront à la population d'en savoir plus sur les intentions véritables du gouvernement quant à l'avenir de ces centres d'appels.

Aux yeux du SFPQ, la voie envisagée par la SQ est très inquiétante puisqu'elle risque d'entraîner une détérioration des services offerts à la population en général et plus particulièrement à la population des régions. "Il ne suffit pas d'installer un ordinateur véhiculaire à l'intérieur des auto-patrouilles de la Sûreté du Québec pour que, comme par magie, l'on puisse se passer de l'intervention des préposés aux télécommunications", affirme le président général par intérim du SFPQ, Gaétan Girard. Ce dernier rappelle que le travail de ces préposés est un rouage essentiel de l'intervention policière et qu'aucun ordinateur ne pourra jamais les remplacer complètement. Ce sont les préposés aux télécommunications qui reçoivent les appels des citoyennes et des citoyens; ce sont eux qui dirigent les policiers sur les lieux d'un événement et qui font les recherches préalables (antécédents judiciaires, présence d'armes à feu dans la résidence, appels récents en provenance du même endroit, etc.), tout cela pendant que le policier se rend sur les lieux.

Selon Gaétan Girard, si la SQ ne veut pas mettre en péril la sécurité de la population, il est impératif qu'elle joue de prudence et qu'elle ne lie pas l'implantation d'une nouvelle technologie à la réduction de ses effectifs ou à la diminution du nombre de ses centres d'appels, dans le seul but de générer les précieuses économies souhaitées par le gouvernement. "Des expériences similaires dans certaines municipalités n'ont pas démontré que l'instauration de technologies semblables permet de dégager les économies souhaitées et encore moins de réduire le nombre de préposés aux télécommunications. Avant de se départir de son personnel et mettre ainsi en péril la qualité des services, la SQ devrait y penser à deux fois", a poursuivi le président général par intérim du SFPQ.

Par ailleurs, le SFPQ est d'avis qu'il serait dommageable pour la qualité des services offerts, de dépouiller les régions du Québec de leurs centres d'appels. Les préposés aux télécommunications qui oeuvrent en région possèdent une grande connaissance de leur territoire et de sa géographie. Ils connaissent bien les différents intervenants du milieu; ils savent où sont situés les postes de pompiers, les CLSC, les écoles, etc. Ils connaissent même les régionalismes utilisés par la population, ce qui dans certains cas, peut s'avérer très important en situation de crise lorsque la communication devient parfois plus difficile. "Il nous apparaît évident qu'un préposé aux télécommunications en poste à Montréal ou ailleurs ne peut intervenir aussi efficacement dans le cadre d'une situation d'urgence qui se passe à Sherbrooke, qu'un préposé de la région qui connaît l'équipe policière et les particularités propres à cette ville. Fermer les centres d'appels en région, c'est une façon de déshumaniser les services publics et de priver les régions de précieux emplois, et ce, au moment même où le gouvernement parle de régionalisation", a conclu Gaétan Girard.


Communiqué envoyé le 5 juillet 2006 à 14:01 et diffusé par :