Le Lézard

Un deuxième Jean Charest ! - Victime d'une grave erreur judiciaire, Michel Dumont changera de nom pour celui de Jean Charest



MONTRÉAL, le 29 juin /CNW/ -- 
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       L'objectif de sa démarche : répondre à l'absurde par l'absurde
       pour dénoncer la situation insensée des victimes d'erreurs
       judiciaires qui sont à la merci du gouvernement Charest, un
       gouvernement qui nie aux victimes leur droit à une indemnisation.
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MONTRÉAL, le 29 juin /CNW Telbec/ - Condamné injustement pour un crime qu'il n'a pas commis et pour lequel il a purgé trois ans de prison, Michel Dumont, président d'Injustice Québec, un organisme de soutien aux victimes d'erreurs judiciaires, a annoncé aujourd'hui qu'il déposera aujourd'hui une demande officielle de changement de nom auprès du directeur général de l'État civil à 16h00 au bureau situé au 2050, Bleury (édifice Le Devoir). Il pose ce geste sans précédent pour se libérer du fardeau qu'il traîne depuis plus de cinq ans, soit depuis qu'il a été acquitté unanimement par trois juges de la Cour d'appel du Québec de toutes les accusations en rapport avec une affaire de viol commis en 1990 à Boisbriand. Cinq années difficiles pour cet électricien, sa femme et leurs cinq enfants, qui subissent les conséquences de ce dérapage de la justice.

Par sa demande de changement de nom, Michel Dumont fait état de son combat pour rétablir sa bonne réputation. Une réputation noircie à la suite d'une enquête bâclée et du travail minable de la Couronne, menant à son incarcération ainsi qu'à la perte de la garde de ses enfants. Tout cela en dépit de l'existence d'un affidavit signé par la victime qui l'innocentait, un affidavit qui s'est mystérieusement égaré! Il révèle aussi la honte vécue par ses enfants, un cauchemar qu'ils devront tous nécessairement revivre lors du procès au civil auquel le gouvernement Charest le pousse. Il invoque aussi le manque d'empathie évident de Jean Charest à qui il a écrit pour lui demander d'agir, ce qu'il refuse de faire en refilant le dossier aux ministres successifs de la Justice, dont le dernier est Yvon Marcoux. "J'ai hésité longtemps à choisir ce nom car Jean Charest est loin d'être un chef populaire au Québec... mais à l'absurde, je réponds par l'absurde! J'anticipe d'utiliser ce nouveau nom "notoire" lors des prochaines élections pour dénoncer les péripéties qu'on impose aux victimes d'erreurs judiciaires pour se faire dédommager des torts subis... J'ai envisagé de prendre le nom de Paul Gobeil, un nom bien chanceux, qui a réussi à faire voter une loi spéciale à l'Assemblée nationale pour faire pousser des condos dans le parc national d'Orford! Et pendant ce temps-là, les victimes d'erreurs judiciaires attendent depuis des années une véritable loi pour qu'on les indemnise. Dans mon cas, cela fait cinq ans que j'attends... M. Charest refuse toujours d'intervenir tandis que le ministère de la Justice maintient la fiction juridique en prétextant qu'il existe un programme d'indemnisation pour les victimes d'erreurs judiciaires."

Ce programme, lancé en 1988, n'est rien d'autre que quelques lignes directrices. D'ailleurs ce semblant de programme n'a mené qu'à l'indemnisation d'un seul Québécois, Réjean Pépin, qui a dû patienter 15 ans avant qu'on s'occupe de lui, et seulement à la suite de l'intervention directe du Protecteur du citoyen. En 1997, ce dernier, appelé à enquêter sur le cas de M.  Pépin, avait recommandé la création d'un programme québécois d'indemnisation des victimes d'erreurs judiciaires. Son raisonnement était le suivant : nous devons, collectivement, assumer les risques de dérapages de la justice. Mais cette portion du rapport a été reléguée aux oubliettes. Et Michel Dumont d'ajouter : "J'accuse Jean Charest d'aveuglement volontaire en forçant les victimes à poursuivre au civil pour recevoir une indemnisation qui leur est due. J'accuse Jean Charest de manquer d'humanité en refusant la création d'une loi spéciale permettant l'indemnisation des victimes d'erreurs judiciaires. J'accuse Jean Charest et son ministre de la Justice de laxisme entraînant des délais d'audition interminables. La justice est bien loin d'être une priorité pour ce gouvernement, à moins que ce soit pour un "spin" lors d'une campagne électorale. J'ai ainsi l'intention de suivre de près la caravane de Jean Charest cet automne s'il y a des élections."

Michel Dumont propose à cet effet un slogan pour la prochaine campagne du PLQ "On est capable du meilleur et du pire, mais dans le pire, on est les meilleurs."


Communiqué envoyé le 29 juin 2006 à 07:48 et diffusé par :