Le Lézard

Décès d'un jeune travailleur chez Transpavé : la CSST dépose son rapport d'enquête



SAINT-JÉRÔME, QC, le 27 juin /CNW/ -- SAINT-JÉRÔME, QC, le 27 juin /CNW Telbec/ - La Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) dévoile aujourd'hui les conclusions de son enquête au sujet de l'accident mortel qui a entraîné le décès de M. Steve L'Écuyer, un jeune travailleur chez Transpavé. Le 11 octobre 2005, le travailleur est écrasé mortellement par le grappin d'un palettiseur. L'enquête révèle entre autres que le dispositif de protection de la zone dangereuse a été neutralisé et qu'une méthode de travail dangereuse est utilisée pour retirer une rangée de pavés sur une planche positionnée sous le grappin.

Rappel des événements

Le 11 octobre 2005, dans une usine de fabrication de produits de terrassement en béton, un travailleur vient remplacer un opérateur à la palettisation durant la pause de 18 h. Au même moment, des planches, chargées chacune d'un étage de pavés, sont passées tout droit sous le grappin qui les palettise. Les planches se sont tamponnées et une rangée de pavés a glissé d'une planche à l'autre. La planche qui contient une rangée de trop est en partie sous le grappin. Le travailleur se rend sous le grappin pour replacer les pavés sur la planche. Alors que le palettiseur semble être à l'arrêt, le grappin descend pour saisir les pavés et écrase le travailleur.

Constatations de la CSST

L'enquête a permis à la CSST de retenir les causes suivantes pour expliquer l'accident :

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    - après être resté coincé, le levier de détection de planche du convoyeur
      s'abaisse et envoie le signal pour la descente du grappin;
    - le système à faisceau optique de sécurité contrôlant l'accès à la zone
      dangereuse est neutralisé;
    - une méthode de travail dangereuse est utilisée pour retirer une rangée
      de pavés sur une planche positionnée sous le grappin;
    - le travailleur manque de formation sur les dangers auxquels il est
      exposé;
    - la gestion de la santé et de la sécurité est déficiente quant au
      programme d'entretien préventif, aux procédures sécuritaires de
      travail, aux mesures de surveillance et à la formation.

    Exigences de la CSST

    À la suite de cet événement, les inspecteurs de la CSST ont interdit
l'utilisation du palettiseur et ils ont exigé que les mesures suivantes soient
mises en place avant la reprise des travaux :

    - munir le grappin de protecteurs ou de dispositifs de protection
      conformes au Règlement sur la santé et la sécurité du travail ainsi
      qu'aux normes internationales et européennes en matière de sécurité des
      machines;
    - mettre en place des mesures de surveillance et d'entretien;
    - rendre conformes aux normes et aux règles de l'art les installations
      des commandes, des protecteurs et des dispositifs de protection, afin
      d'assurer leur fiabilité et la santé et la sécurité des travailleurs;
    - établir des méthodes et des procédures de travail sécuritaires;
    - former et informer les travailleurs de ces méthodes et de ces
      procédures de travail.
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L'employeur s'est conformé à ces exigences.

Suivi de l'enquête

Pour éviter qu'un tel accident ne se reproduise, la CSST informera les employeurs du secteur des minéraux non métalliques qu'ils doivent veiller à ce que toutes les zones de coincement des équipements de production automatisée soient protégées et s'assurer que les dispositifs de protection sont efficients. Ils doivent également s'assurer que les travaux de déblocage et de maintenance sur ces équipements de production automatisée sont exécutés de façon sécuritaire.

La sécurité des machines et les jeunes : deux priorités à la CSST

Les statistiques sont éloquentes! Chaque année, au Québec, les machines causent près de 13 000 accidents et sont responsables de 20 décès. De tels accidents se produisent dans tous les secteurs d'activité industriels. Afin de réduire le nombre d'accidents causés par les machines, la CSST applique le Plan d'action Sécurité des machines et une politique "tolérance zéro" en ce qui concerne les dangers liés à l'accès à des pièces en mouvement. Il s'agit donc, pour la CSST, d'une priorité d'action en matière de prévention.

Mentionnons que ce travailleur avait moins de 25 ans et la CSST tient à préciser que la santé et la sécurité des jeunes sont une priorité pour elle. Chaque année, près de 24 000 lésions professionnelles sont reconnues chez les jeunes de 24 ans ou moins. Au cours des cinq dernières années, la CSST a déploré le décès de 56 jeunes travailleurs. Toutes proportions gardées, les jeunes sont une fois et demie plus souvent victimes d'accidents du travail que les travailleurs plus âgés! Afin de développer une culture de la prévention en matière de santé et de sécurité du travail, la CSST met de l'avant un Plan d'action Jeunesse.

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Communiqué envoyé le 27 juin 2006 à 10:30 et diffusé par :