Le Lézard

À cinq jours du 1er juillet : le FRAPRU estime que plus de 200 ménages pourraient se retrouver sans logis



MONTRÉAL, le 26 juin /CNW/ -- MONTRÉAL, le 26 juin /CNW Telbec/ - À cinq jours de la date fatidique du 1er juillet, le Front d'action populaire en réaménagement urbain estime que plus de 200 familles, couples sans enfants et personnes seules sont déjà sans logis ou le seront dans les prochains jours, en raison de la pénurie de logements à bas loyer qui continue à frapper le Québec.

Selon le FRAPRU, ce chiffre comprend principalement des ménages qui sont suivis par les organismes en charge de l'Opération 1er juillet dans les villes de Montréal, Québec Sherbrooke et Gatineau. À Montréal, 113 ménages sont présentement recensés au Centre multiservices mis en place par la municipalité. À la Croix-Rouge de Québec, ce nombre est de 23. À l'Association des locataires de Sherbrooke, il est de 22. À Gatineau, les ?uvres Isidore Ostiguy comptait 12 ménages présentement à la rue et 6 à risque de l'être pour le 1er juillet. Le FRAPRU précise qu'il faut ajouter à ces chiffres officiels l'ensemble des ménages qui, tout en ayant signalé qu'ils ne s'étaient pas trouvé de logement pour le 1er juillet, ne font pas encore l'objet d'un suivi en bonne et due forme. L'estimation de 200 ménages est donc conservatrice d'autant plus que les numéros d'urgence sont encore très peu connus et que de tels numéros n'existent même pas dans la plupart des municipalités.

Le FRAPRU recommande à tous les ménages qui ne se sont pas encore trouvé de logement pour le 1er juillet de téléphoner au 514-868-4002 s'ils vivent à Montréal, au 418-523-6885 s'ils sont de Québec, au 819-823-9135 s'ils sont de Sherbrooke ou au 819-778-1325 s'ils sont de Gatineau. Dans les autres municipalités, les sans-logis devraient contacter leur office municipal d'habitation et le bureau de leur député.

Même s'il se réjouit que le nombre de ménages potentiellement sans-logis continue de diminuer année après année, l'organisme estime que la situation du logement est encore loin d'être normale et que les sans-logis de 2006 ont droit au même niveau d'aide que ceux des années précédentes. Il s'adresse donc au gouvernement du Québec pour lui demander plus précisément de s'assurer qu'un nombre suffisant de suppléments au loyer d'urgence sera disponible et que ceux-ci seront octroyés sans aucune forme de discrimination. Il rappelle que le supplément au loyer d'urgence est une aide financière permettant à des ménages à très faible revenu de louer des logements qui seraient autrement trop chers pour leurs moyens. En 2005, un supplément au loyer d'urgence représentait une aide moyenne de 397 $ par mois au Québec (456 $ par mois à Montréal).

Pour le moment, le gouvernement a confirmé qu'il n'ajoutera pas de nouveaux suppléments au loyer aux 4100 qu'il continue de financer pour les ménages qui ont été sans logis dans les dernières années. Les seuls suppléments qui seront rendus disponibles seront ceux qui auront été abandonnés ou perdus par des locataires. On estime leur nombre à environ 250, ce qui pourrait être suffisant. Le problème, c'est que le gouvernement a imposé aux offices municipaux d'habitation des critères très stricts qui en empêchera l'utilisation pour la plupart des sans-logis. Ainsi, l'aide sera réservée aux familles avec enfants, ce qui exclut l'ensemble des personnes seules et des couples sans enfants. De plus, les familles elles-mêmes n'auront pas droit à l'aide financière si elles "n'ont pas renouvelé leur bail sur une base volontaire" ou encore si elles ont été "évincées pour non paiement sans qu'il y ait eu une détérioration rapide de la situation financière".

Le FRAPRU estime que ces critères que le gouvernement semble vouloir garder secrets sont discriminatoires et vont à l'encontre d'un avis émis en 2003 par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec. Le FRAPRU met donc la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, au défi de rendre publics ces critères et de les soumettre à la Commission pour s'assurer qu'ils respectent la Charte québécoise des droits et libertés. Il lui demande surtout de respecter la parole qu'elle a donnée, il y a quelques semaines, quand elle a affirmé que "personne ne se retrouvera à la rue aux lendemains du 1er juillet". Selon le FRAPRU, le respect de cet engagement passe par l'abandon des critères actuels et, si nécessaire, par l'augmentation du nombre de suppléments au loyer.


Communiqué envoyé le 26 juin 2006 à 11:04 et diffusé par :