Le Lézard

Déclaration du Chef national de l'Assemblée des Premières Nations : Le premier ministre critique injustement et inexactement l'imputabilité des Premières Nations



OTTAWA, le 23 juin /CNW/ -- OTTAWA, le 23 juin /CNW Telbec/ - Le Chef national de l'Assemblée des Premières Nations a déclaré aujourd'hui ce qui suit :

"Les commentaires du premier ministre Harper pendant l'émission Mike Duffy Live, au cours de laquelle il a maladroitement amalgamé l'imputabilité des Premières Nations et les droits des femmes des Premières Nations, sont à tout le moins fallacieuses, sinon malveillantes.

Il semble que les stratèges conservateurs tentent délibérément de miner la légitimité des gouvernements de Première Nation en laissant faussement entendre que nous ne sommes pas de véritables gouvernements et que nous manquons à notre obligation de rendre compte à nos citoyens. Rien n'est plus éloigné de la vérité. Que les Conservateurs l'admettent ou non, les Premières Nations sont le véritable peuple fondateur de ce pays et elles disposent toujours de leurs propres gouvernements et de leurs droits reconnus par la loi, qui sont garantis et protégés par le droit international, leurs traités et la constitution du Canada.

Les Premières Nations se sont engagées à faire preuve d'imputabilité. Au cours des deux dernières années, nous avons travaillé avec le bureau du Conseil privé, le bureau de la vérificatrice générale et de hauts fonctionnaires d'autres ministères fédéraux en vue d'élaborer des initiatives des Premières Nations axées sur l'imputabilité, et notamment discuté de la possibilité de nommer un vérificateur général et un ombudsman des Premières Nations pour mieux nous acquitter de notre obligation de rendre compte à nos propres citoyens. La plupart des Canadiens, tout comme la vérificatrice générale, conviennent que le problème se situe au niveau des relations que le gouvernement fédéral a instaurées en ce domaine, et non au niveau des dirigeants des Premières Nations.

Nous ne croyons pas en des solutions qui nous sont imposées et qui ne tiennent pas compte de la diversité des Premières Nations dans ce pays. Notre opposition à la législation sur la gouvernance des Premières Nations et à l'inclusion des Premières Nations dans la législation actuelle sur l'imputabilité est fondée sur ce principe. Les Canadiens savent que moins d'argent est dépensé en moyenne par habitant pour les Premières Nations que pour le reste de la population canadienne. De plus, soulever de nouveau la question d'un budget de neuf milliards de dollars masque le fait que cet argent est en grande partie absorbé par l'administration ministérielle plutôt qu'utilisé pour des programmes destinés aux Premières Nations et autres Autochtones.

Nous croyons aussi que les dispositions concernant les biens immobiliers matrimoniaux doivent être révisées. À ce sujet, nous nous sommes réjouis de la nomination de Wendy Grant-John au poste de représentante spéciale ministérielle, plus tôt cette semaine. Nous précisons toutefois que tout véritable changement ne pourra être apporté qu'à la suite de consultations à grande échelle avec les Premières Nations. Les problèmes que nous éprouvons actuellement en ce qui concerne les biens immobiliers matrimoniaux découlent des vices de forme que contient une législation fédérale élaborée unilatéralement, comme la Loi sur les Indiens.

Il est peu judicieux d'assimiler des questions touchant les femmes des Premières Nations, comme les biens immobiliers matrimoniaux, à l'imputabilité, ou de déclarer que les partis de l'opposition font "front commun" contre l'imputabilité en n'appuyant pas le projet de loi C-2 dans son intégralité. Le fait est que les députés, en grande majorité, rejettent l'imposition d'un fardeau supplémentaire aux Premières Nations et souhaitent que des mesures concrètes soient prises pour améliorer les conditions de vie de leurs citoyens en éradiquant la pauvreté.

Au lieu de faire en sorte de dresser un mur entre le Canada et les Premières Nations en calomniant leur imputabilité, j'invite le premier ministre du Canada à travailler avec elles en vue de bâtir un Canada meilleur, dans lequel tous les Canadiens se reconnaîtront, y compris les citoyens des Premières Nations."

L'Assemblée des Premières Nations est l'organisation nationale qui représente les citoyens des Premières Nations au Canada.


Communiqué envoyé le 23 juin 2006 à 15:18 et diffusé par :