Le Lézard

Les producteurs d'?ufs préoccupés par le projet du document sur les modalités concernant l'agriculture - Les ministres canadiens incités à mettre l'accent sur les "produits sensibles"



OTTAWA, le 22 juin /CNW/ -- OTTAWA, le 22 juin /CNW Telbec/ - Le projet du document sur les modalités publié aujourd'hui et visant à établir un accord sur l'agriculture de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) est décevant et ne reflète pas la position du Canada concernant le commerce. Voilà le message que les producteurs d'?ufs du pays transmettront aux ministres fédéral et provinciaux de l'Agriculture et du Commerce à Genève la semaine prochaine.

"Le Canada ne doit pas appuyer ce document puisque l'on ne tient pas compte de la position commerciale canadienne, déclare Laurent Souligny, président de l'Office canadien de commercialisation des ?ufs. Nos ministres nous ont réitérés à maintes reprises qu'ils allaient monter au créneau pour défendre les intérêts de tous les producteurs agricoles, y compris ceux relevant de la gestion de l'offre. Nous sommes confiants que notre gouvernement s'en tiendra à sa position et continuera de chercher des façons de réduire l'écart entre les pays membres de l'OMC."

Ce qui est en cause est la nouvelle définition de la catégorie des "produits sensibles", qui a été établie pour les pays en vue de désigner des produits particuliers exclus de la formule générale de réduction des tarifs. Contrairement au Canada, l'Union européenne et les États-Unis ont la souplesse voulue pour réduire les tarifs qui s'appliquent à leurs produits sensibles et peuvent compenser les pertes liées à la réglementation des importations par des subventions financées par les contribuables versées directement aux producteurs. Inversement, les producteurs d'?ufs du Canada dérivent leurs revenus directement du marché et n'ont pas la souplesse dont jouissent les autres membres de l'OMC.

"Nous, les producteurs, maintenons fermement notre décision de n'accepter aucune réduction des tarifs hors contingents sur les oeufs et les produits à base d'oeufs qui entrent sur le marché des oeufs canadien et nous faisons front commun pour réclamer aucune augmentation quant à l'accès minimum aux marchés, affirme M. Souligny. Réduire les tarifs hors contingents minera de façon importante notre industrie sans apporter d'augmentations significatives des débouchés extérieurs pour les secteurs non soumis à la gestion de l'offre. Tous les pays ont leurs propres produits sensibles de même que différentes approches pour appuyer leurs producteurs. Au Canada, la gestion de l'offre nous permet de gagner notre vie du marché, et l'enjeu est le suivant : nos producteurs, et les Canadiens en général, désirent que la gestion de l'offre soit maintenue."

"Le gouvernement a reconnu que notre industrie est parmi les secteurs exemplaires de l'agriculture canadienne, ajoute M. Souligny. Nous sommes en contact permanent avec le gouvernement et avec les ministères du Commerce et de l'Agriculture, et ce que nous avons entendu et continuons d'entendre est qu'ils appuient inconditionnellement la gestion de l'offre."

M. Souligny fera partie des producteurs qui iront rencontrer les responsables du gouvernement aux réunions ministérielles de l'OMC qui auront lieu la semaine prochaine à Genève, et où les négociateurs tenteront d'obtenir des résultats favorables pour la gestion de l'offre et pour l'ensemble du secteur agricole du Canada.

Selon un récent sondage mené par Léger Marketing, les Canadiens conviennent massivement que le gouvernement fédéral doit appuyer l'approche de gestion de l'offre dans les secteurs de la volaille et des oeufs : 98 p. 100 affirment qu'ils désirent avoir accès à un approvisionnement stable d'aliments produits au Canada. Le même sondage révèle que 83 % conviennent que la gestion de l'offre est une meilleure approche que les subventions financées par les contribuables pour assurer un revenu stable aux producteurs.


Communiqué envoyé le 22 juin 2006 à 20:09 et diffusé par :