Le Lézard

Les Métallos insistent auprès des députés pour que l'offre de Xstrata Plc visant Falconbridge Ltée soit scrutée à fond



OTTAWA, le 21 juin /CNW/ -- OTTAWA, le 21 juin /CNW Telbec/ - Des dirigeants du Syndicat des Métallos, des travailleurs d'Inco et de Falconbridge de quatre provinces, de même que des employés d'une usine d'aluminium affiliée à Xstrata à Ravenswood, en Virginie occidentale, tiendront une conférence de presse jeudi pour expliquer la campagne menée cette semaine sur la colline du Parlement en vue de s'assurer que l'offre publique d'achat hostile de Xstrata Plc visant Falconbridge Ltée soit examinée de fond en comble.

Après les déclarations faites à partir de 10 h 30, dans la pièce S-130 de l'édifice du Centre (salle Charles Lynch), le directeur national des Métallos, Ken Neumann, et le directeur québécois, Michel Arsenault, répondront aux questions en anglais et en français. De plus, des employés de l'usine de Ravenswood décriront leur longue lutte contre la société mère de Xstrata, la suisse Glencore International.

Mise en contexte

Toute la semaine, des lobbyistes ont rencontré des députés de tous les partis sur la colline du Parlement afin de leur démontrer que, de toutes les propositions présentées à Inco et à Falconbridge, celle de Xstrata est la pire.

Xstrata est détenue à 40 % par Glencore International, négociant de produits de base figurant parmi les sociétés fermées les plus importantes et les plus opaques au monde. Le peu d'informations disponibles au sujet de Glencore en dresse un portrait plutôt sombre. La société a été fondée par le financier fugitif Marc Rich. Rich a notoirement été accusé de traiter avec l'Iran lors de la crise des otages et avec l'Afrique du Sud sous le régime de l'apartheid, ainsi qu'avec la Libye et Cuba pendant les périodes d'embargo commercial décrétées par les Etats-Unis.

Glencore est désormais exploitée par un groupe d'anciens lieutenants de Rich, dont Willy Strothotte, président du conseil de Glencore et administrateur de Xstrata. L'Agence centrale de renseignement des Etats-Unis (CIA) a tenu des propos accablants au sujet de Glencore et du scandale du programme "pétrole contre nourriture". Dans son rapport, la CIA allègue que Glencore a versé 3,2 millions de dollars en frais supplémentaires illégaux à l'Irak pour son pétrole. Xstrata est sérieusement ternie par la réputation de Glencore.

Glencore et Xstrata étaient actionnaires majoritaires de Metaleurop SA qui, par le truchement de sa filiale Metaleurop-Nord, exploitait une fonderie de plomb polluante en France. Après sa fermeture, Metaleurop-Nord a été vertement critiquée par le président français Jacques Chirac pour avoir violé les droits des travailleurs et pour les dégâts causés à l'environnement.

Le Syndicat des Métallos n'est pas la seule organisation syndicale à avoir des appréhensions par rapport à Xstrata. En Australie, le syndicat des travailleurs en construction, forestiers, des mines et de l'énergie (CFMEU) font les frais, depuis plusieurs années, de la guerre industrielle que l'employeur livre aux mineurs australiens, notamment en les poussant à faire la grève et en réduisant considérablement les effectifs.

Le Syndicat des Métallos représente plus de 7 500 travailleurs des installations d'Inco et de Falconbridge partout au Canada, ainsi que des milliers de retraités. Ces unités sont implantées dans des municipalités du Québec, du Nouveau-Brunswick, de l'Ontario et du Manitoba.

Ensemble, ces sections locales des Métallos forment le conseil des Métallos Inco-Falconbridge. En décembre 2005, le conseil avait appuyé l'acquisition amicale proposée de Falconbridge par Inco Ltée et s'était fermement opposé à l'offre publique d'achat hostile de Xstrata. Cette opposition prend appui sur :

    - le piètre dossier de Xstrata en matière de relations de travail et
      communautaires, ainsi qu'à l'égard de l'environnement;
    - la supériorité de la fusion Inco-Falconbridge en ce qui a trait au
      pouvoir de négociation des employés des mines;
    - la supériorité de la fusion Inco-Falconbridge pour la sécurité d'emploi
      et de retraite des employés dans les municipalités concernées partout
      au Canada;
    - les avantages qu'offre le fait de conserver le contrôle de ressources
      naturelles canadiennes au Canada.



Communiqué envoyé le 21 juin 2006 à 15:26 et diffusé par :