Le Lézard

Le taux d'obtention du diplôme d'études secondaires - Il nous reste des pas de géant à faire d'ici 2010



MONTRÉAL, le 12 mai /CNW/ -- MONTRÉAL, le 12 mai /CNW Telbec/ - "Si nous n'enregistrons pas de recul significatif cette année, nous devons tout de même admettre que la tendance à la hausse souhaitée prend plutôt la forme d'une stagnation. La remontée du taux de diplomation l'année dernière était plus qu'encourageante après avoir connu plusieurs années de recul entre 1996 et 2003", souligne Réjean Parent, président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), réagissant à la publication des données concernant les résultats aux épreuves uniques (les examens nationaux) du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS).

Le taux de diplomation chez les jeunes et les adultes avant 20 ans demeure stable par rapport à l'an dernier, passant de 70,8 % en 2003-2004 à 70,5 % cette année. Nous sommes toujours loin de l'objectif des États généraux sur l'éducation de 1996 et réitéré par le ministère de l'Éducation dans son Plan stratégique pour 2005-2008, de faire réussir 85 % des jeunes adultes de moins de 20 ans, et ce, avant 2010. "Un travail colossal nous attend et des énergies immenses devront être déployées, car faut-il rappeler que lorsque cet objectif a été fixé en 1996, le taux d'obtention du diplôme d'études secondaires se situait à 73,7 %. Ce qui veut dire que nous n'avons pas encore réussi, dix ans plus tard, à rattraper le recul enregistré dans les dernières années", de dire Réjean Parent.

Quand on sélectionne les élèves à l'entrée, on s'assure de meilleurs

résultats !

La CSQ n'est pas surprise de constater qu'encore, cette année, le privé s'en tire mieux que le public au chapitre de la réussite aux épreuves    uniques : des écarts importants qui varient entre 8,3 % à 18,5 %, selon les régions du Québec, sont enregistrés entre les deux réseaux. "Cela tient de l'évidence quand on sélectionne les élèves à l'entrée, on s'assure de meilleurs résultats. Plus encore, les écoles privées, subventionnées à 60 % du coût d'un élève qui fréquente le réseau public, attirent généralement des élèves favorisés économiquement. Ces données indiquent clairement que l'équité n'est pas au rendez-vous dans notre système scolaire", s'indigne M. Parent. Par ailleurs, la Centrale constate que ce sont en bonne partie les écoles qui accueillent les enfants vivant dans la pauvreté qui peinent à obtenir des résultats satisfaisants. "Je suis convaincu que c'est en donnant plus à ceux qui en ont moins que nous réussirons le défi de la réussite du plus grand nombre."

Un coup de barre particulier pour les enfants défavorisés

Pour ce faire, il faut absolument que ce gouvernement considère comme une priorité sociale toutes les mesures qui pourront faciliter la vie aux familles les plus démunies et un dépistage précoce des difficultés d'apprentissage chez les enfants vivant dans la pauvreté. Il doit favoriser et mettre en place de véritables mesures de soutien pour les élèves du primaire qui accumulent du retard dans leurs apprentissages, des solutions véritables pour les élèves du secondaire qui ne se sentent plus capables de poursuivre leurs études jusqu'à l'obtention de leur diplôme, des ressources, des moyens et des outils pour le personnel scolaire qui a la mission de faire réussir le plus grand nombre d'élèves. "C'est le prix à payer pour que la réussite soit accessible à toutes et à tous", souligne M. Parent.

Des interventions s'imposent pour assurer une meilleure réussite des

garçons

L'écart entre les garçons et les filles dans l'obtention du diplôme d'études secondaires demeure aussi important malgré une très légère amélioration à ce chapitre. Les filles obtiennent un premier diplôme avant 20 ans dans une proportion de 78,4 % alors que ce taux chute à 63 % chez les garçons. Cette question préoccupe nombre des intervenantes et des intervenants du milieu de l'éducation depuis déjà plusieurs années. "Des interventions s'imposent pour assurer une meilleure réussite des garçons. C'est d'ailleurs une préoccupation que l'on retrouve désormais dans une majorité des plans de réussite. Toutefois, les mesures mises de l'avant (non-mixité, activités sportives, mesures exclusives pour les garçons) ne vont malheureusement pas dans la bonne direction : elles renforcent plus les stéréotypes masculins que la réussite des garçons".

"Le faible taux de diplomation demeure éminemment préoccupant, nous demandons au ministre de l'Éducation, de réunir les conditions nécessaires pour améliorer la situation et favoriser la réussite du plus grand nombre", de conclure Réjean Parent.

Profil de la CSQ

La Centrale des syndicats du Québec représente environ 180 000 membres, dont plus de 125 000 dans le secteur public, la grande majorité travaillant dans le domaine de l'éducation. Elle est présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.


Communiqué envoyé le 12 mai 2006 à 16:59 et diffusé par :