Le Lézard

Le nouveau gouvernement du Canada accueille des réfugiés de Birmanie



OTTAWA, le 20 juin /CNW/ -- OTTAWA, le 20 juin /CNW Telbec/ - À l'occasion de la Journée internationale du réfugié, l'honorable Monte Solberg, ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration du Canada, et Jahanshah Assadi, représentant du Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), ont le plaisir d'annoncer que le Canada jouera un rôle crucial dans l'effort déployé sur le plan international pour fournir des solutions aux réfugiés birmans (Myanmar) qui vivent dans des camps en Thaïlande depuis plus d'une décennie.

"Le fait d'accueillir ces réfugiés, dont la vie est en suspens depuis longtemps et qui endurent des conditions terribles, s'inscrit dans la tradition humanitaire du Canada", a affirmé le ministre Solberg. "En tant que Canadiens, nous sommes heureux de pouvoir les aider à se rebâtir une vie sécuritaire et à devenir membres de notre société."

On prévoit qu'un groupe de 810 réfugiés, principalement du groupe ethnique karen, se réinstallera au Canada plus tard cette année. Ces        810 personnes sont parmi les quelque 140 000 réfugiés birmans - la plus grande population de réfugiés en Asie du Sud-Est - dont la situation particulièrement précaire a été signalée par l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés.

Le HCR travaille en étroite collaboration avec le Canada et avec d'autres pays afin de réinstaller des groupes de réfugiés considérés comme étant beaucoup plus vulnérables que la population générale des réfugiés. Les groupes ciblés sont ceux qui ont vécu des persécutions terribles, y compris la torture, l'emprisonnement, le travail forcé, la destruction de villages par le feu et les déplacements forcés au sein de leur patrie.

"Nous avons été heureux de voir que le Canada a répondu rapidement à notre revendication de groupe concernant 810 réfugiés karens, et l'efficacité de l'équipe de sélection canadienne, qui a mené des entrevues dans un camp de réfugiés éloigné, nous a impressionnés", a affirmé Jahanshah Assadi, le représentant du HCR au Canada.

CIC travaillera en étroite collaboration avec des groupes de bénévoles canadiens en vue de contribuer à l'établissement et à l'intégration de ces réfugiés.

D'autres pays ont également répondu à l'appel du HCR en offrant de réinstaller des réfugiés birmans. Parmi ces pays, mentionnons les États-Unis, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Finlande, le Danemark, la Norvège, la Suède, le Royaume-Uni et les Pays-Bas.

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                           DOCUMENT D'INFORMATION
                     RÉINSTALLATION DE GROUPE AU CANADA
               Réfugiés karens au camp Mae La Oon, en Thaïland
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    Les réfugiés karens en Thaïlande

    La lumière au bout du tunnel est désormais évidente pour des milliers de
réfugiés de la Birmanie (également appelée Myanmar) parqués depuis des
décennies dans neuf camps en Thaïlande. En vertu d'une entente avec le
gouvernement royal thaï permettant la réinstallation massive de réfugiés
birmans, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a
désigné 13 000 réfugiés qui font partie d'une population d'environ 140 000
dont la réinstallation est prioritaire. Les groupes ciblés sont ceux dont
l'existence est particulièrement précaire et qui ont souffert de persécutions
terribles, y compris la torture, l'emprisonnement, le travail forcé, la
destruction de villages par le feu et des déplacements forcés au sein de leur
patrie.
    Le Canada a accepté 810 réfugiés karens. C'est la première fois depuis la
réinstallation de réfugiés indochinois que le Canada accepte un nombre
important de réfugiés de la Thaïlande. Parmi les autres pays qui ont offert
d'accueillir un grand nombre de réfugiés birmans, mentionnons les États-Unis,
l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Finlande, le Danemark, la Norvège, la
Suède, le Royaume-Uni, et les Pays-Bas.

    Réinstallation de groupe des réfugiés karens

    Les réfugiés que le Canada a accepté de réinstaller sont parmi une
population d'environ 14 000 qui est confinée dans le camp Mae La Oon dans la
province de Mae Hong Son, en Thaïlande. Ces réfugiés appartiennent pour la
plupart au groupe ethnique karen. La majorité d'entre eux se sont enfuis vers
la Thaïlande en 1995 à la suite d'une offensive majeure du gouvernement birman
contre l'Union nationale Karen (UNK). Une petite partie de cette population de
réfugiés est arrivée en Thaïlande dès les années 1960 et a vécu dans des
installations intermittentes jusqu'à ce que des camps soient établis par le
gouvernement thaï à la fin des années 1990.
    Des neuf camps de réfugiés en Thaïlande, le camp Mae La Oon se distingue
défavorablement des autres par son isolement, par le fait qu'il est très
difficile pour les travailleurs de l'aide humanitaire de s'y rendre et par les
conditions de vie déplorables de ses habitants. Le camp est extrêmement
surpeuplé. Les demeures des réfugiés sont construites à flanc de collines
escarpées où il existe un véritable danger de glissement de terrain. Le manque
de latrines et de canalisations d'eau pour une population de 14 000 personnes
donne lieu à une situation où les risques pour la santé publique sont
endémiques et où d'autres problèmes sociaux liés à de telles conditions
atteignent des niveaux alarmants. C'est en raison de l'aggravation de ces
conditions à Mae La Oon que le HCR a fait de la réinstallation de groupe hors
de la Thaïlande une priorité.
    Moins d'un an après avoir été abordés par le HCR, plus de 500 membres de
ce groupe devraient arriver au Canada en août ou en septembre, tandis que les
quelque 300 réfugiés restants arriveront vers la fin de l'année et au début de
2007.
    Ce projet de réinstallation illustre bien le niveau de collaboration qui
existe entre le HCR, Citoyenneté et Immigration Canada et d'autres pays
participants. Le projet illustre également le rôle crucial joué par nos
partenaires nationaux, comme les organismes de service participants et les
groupes de parrainage privé.
    Le premier groupe de 500 réfugiés parrainés par le gouvernement s'établira
dans 10 collectivités situées d'un bout à l'autre du pays, de Vancouver à
Charlottetown. Les 305 autres réfugiés bénéficieront de l'appui de groupes de
parrainage privé. Aussi bien dans des petits villages que dans des grandes
villes, des groupes de parrainage ont répondu favorablement à l'appel en
offrant leur soutien avec enthousiasme.

    Profil et caractéristiques du groupe

    Les 810 réfugiés acceptés par le Canada comprennent :

    - des femmes et leur famille qui sont particulièrement vulnérables parce
      que la mère est chef de famille ou qui ont besoin d'une attention
      spéciale en raison de violence sexuelle ou dirigée contre les femmes,
      d'ostracisme social, de problèmes familiaux ou d'autres circonstances;
    - d'anciens chefs de groupes d'opposition politique qui ont besoin d'une
      protection spéciale compte tenu de leurs activités relativement bien
      connues et du fait que les autorités birmanes savent probablement qui
      ils sont et où ils habitent dans les camps en Thaïlande, ainsi que les
      familles de ces chefs;
    - des personnes qui souffrent d'affections médicales ou psychologiques
      graves, pour qui un traitement approprié n'est pas disponible dans le
      camp et dont la réinstallation leur permettrait d'avoir une bien
      meilleure qualité de vie, ainsi que les familles de ces personnes;
    - des minorités ethniques qui souffrent de discrimination dans le camp.
      C'est notamment le cas de l'ethnie birmane, dont les Karens, et
      particulièrement les chefs du camp et les plus anciens membres de
      l'UNK, se méfient; les Birmans sont souvent soupçonnés d'agir à titre
      d'espions pour le gouvernement de la Birmanie;
    - des personnes qui ont des parents proches au Canada et leur famille.
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Justification de la réinstallation par le HCR

En tant qu'outil de protection internationale, la réinstallation garantit la protection légale et physique des réfugiés. Dans certains cas, la réinstallation peut constituer le seul moyen de préserver les droits de la personne, particulièrement dans le contexte d'une situation de réfugié prolongée, comme celle qui existe à la frontière thaïe-birmane, où des citoyens birmans ont été parqués longtemps dans des camps de réfugiés fermés, et où la mobilité réduite, l'inactivité obligatoire et la dépendance par rapport à l'aide humanitaire forcent les réfugiés à mettre leur vie en suspens pour une période indéfinie.

Pour ces raisons, le HCR juge que les réfugiés du camp Mae La Oon doivent effectivement être réinstallés aux fins de leur protection légale et physique et en raison du manque de possibilités de s'intégrer à l'échelon local en Thaïlande. Puisque ni le rapatriement volontaire ni l'intégration locale ne sont possibles, la réinstallation est la seule solution viable pour cette population en ce moment.

L'historique de la réinstallation de groupe

L'approche de réinstallation de groupe adoptée par le Canada a été mise à l'essai pour la première fois en 2003 avec des réfugiés soudanais et somaliens installés dans des camps au Kenya. Cette approche diffère du traitement habituel au cas par cas puisqu'elle permet au HCR de présenter une seule demande d'asile pour un grand groupe lorsque l'appartenance à ce dernier est claire, et lorsque la vulnérabilité et les besoins en matière de protection sont les mêmes pour tous les membres; il s'agit de groupes qui sont demeurés dans une situation de réfugié prolongée et qui ne peuvent ni retourner chez eux en toute sécurité ni s'intégrer à leur pays d'accueil.

Dans le cadre du processus normal de réinstallation, les agents des visas canadiens doivent mener des entrevues individuelles au cas par cas pour déterminer si les réfugiés répondent effectivement aux critères établis en vertu de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés. Dans le cadre du traitement d'une revendication de groupe, les agents canadiens omettent les entrevues sur le statut et se concentrent plutôt sur les vérifications obligatoires de la crédibilité, de l'identité, de la sécurité et de l'admissibilité médicale.


Communiqué envoyé le 20 juin 2006 à 05:00 et diffusé par :