Le Lézard

Les constructeurs d'habitation américains affirment aux législateurs à Ottawa qu'un pacte bâclé sur le bois d'oeuvre nuirait aux entreprises et aux travailleurs canadiens



WASHINGTON, le 19 juin /CNW/ -- WASHINGTON, le 19 juin /CNW/ - Les constructeurs américains ont fait savoir aujourd'hui aux législateurs canadiens qu'un accord possible concernant l'administration du bois d'oeuvre résineux fausserait le marché en plus de nuire aux entreprises et aux travailleurs canadiens, incitant ainsi les consommateurs américains à explorer de nouveaux produits et à se tourner vers d'autres pays pour l'approvisionnement stable et fiable de ce matériau de construction indispensable.

Témoignant au nom de la U.S. National Association of Home Builders (NAHB) et de ses quelque 8 millions d'employés devant la Chambre des communes à Ottawa, Barry Rutenberg, un constructeur de Gainesville, en Floride, a déclaré que les failles du schéma contractuel entraîneraient un système complexe de taxes et de quotas à la frontière, forçant du même coup les producteurs canadiens de bois d'oeuvre à lutter pour une part réduite du marché américain.

Au cours des sept à neuf prochaines années, c'est-à-dire la durée proposée de l'entente, la NAHB prévoit une diminution annuelle moyenne d'environ 200 000 mises en chantier comparativement à 2005. Ces prévisions concernant les taux de construction sont semblables à celles de 2002 et 2003, époque à laquelle le prix moyen du bois d'oeuvre se situait à 308 $ par milliers de pied-planches malgré des droits compensatoires de 27 pour cent.

En vertu de l'accord, les prix du bois d'oeuvre seraient plus élevés que ceux que l'on retrouverait dans une situation de libre-échange, mais en deçà du seuil de 315 $ fixé par l'entente et à partir duquel s'appliqueraient les droits et les quotas les plus sévères.

"Bref, cela veut dire que le Canada verrait sa part de marché diminuer aux Etats-Unis", mentionne M. Rutenberg. "Les provinces exerçant leurs activités dans le cadre de l'option qui prévoit une combinaison de quotas et de droits compensatoires auraient à faire face à des quotas sur la base d'une part de marché canadienne de 30 pour cent. Depuis 1993, la part de marché du Canada aux Etats-Unis n'est jamais descendue sous la barre des 33,4 pour cent."

Pour ce qui est des provinces oeuvrant en vertu de l'autre option, elles seraient aux prises avec des droits élevés qui affaibliraient leur capacité à faire face à la concurrence, ajoute-t-il.

Etant donné que les quotas seraient rattachés à la consommation américaine totale, qui change constamment et ne peut être mesurée de façon précise, les scieries n'auraient aucun moyen de savoir si elles pourraient se conformer aux contrats d'approvisionnement sans avoir à excéder les quotas.

"On parle ici d'une notion de stabilité tout à fait particulière", affirme M. Rutenberg, en réponse aux tenants du pacte qui voient plutôt en celui-ci une façon de favoriser la stabilité de l'approvisionnement et des prix.

Puisque l'entente proposée n'offre aucune mesure incitative ni moyen pour les entreprises canadiennes de bois d'oeuvre résineux d'échapper aux conditions qui y sont prévues, il est fort peu probable que nous assistions un jour ou l'autre à une transition vers le libre-échange.

En raison des éventuels obstacles qui se dressent à l'horizon relativement aux importations canadiennes et à la volatilité accrue de l'approvisionnement et des prix, M. Rutenberg croit que la NAHB se sent dans l'obligation de faciliter les importations de bois d'oeuvre résineux de l'Europe ainsi que l'utilisation de matériaux de rechange afin de protéger les intérêts des consommateurs et des constructeurs d'habitation américains.

Plutôt que de conclure hâtivement une entente qui pourrait lui être fatale, M. Rutenberg mentionne que la meilleure stratégie à adopter pour le Canada afin de pouvoir échanger librement le bois d'oeuvre et d'obtenir le remboursement de la totalité des droits perçus par les Etats-Unis serait de poursuivre ses démarches judiciaires par le biais de l'Accord de libre-échange nord-américain, de l'Organisation mondiale du commerce et du Tribunal de commerce international des Etats-Unis. Ottawa a d'ailleurs remporté des victoires écrasantes dans plusieurs batailles juridiques jusqu'à présent.

"La fin du litige créerait un précédent considérable en plus de compliquer davantage la tâche de la U.S. Lumber Coalition dans ses requêtes visant à imposer de nouveaux droits compensatoires", affirme M. Rutenberg. "Nous sommes très déçus que le gouvernement canadien soit prêt à sacrifier ces acquis, à compromettre la part du Canada sur le marché américain et à permettre à quelques entreprises américaines d'exercer un droit de veto sur les politiques forestières provinciales."

En appuyant la solide position juridique du Canada, la NAHB travaille avec avidité afin de convaincre les législateurs et les citoyens américains que le commerce du bois d'oeuvre canadien n'est pas fait de façon déloyale et que les barrières imposées aux importations nuisent en fait aux consommateurs américains.

"Plusieurs journaux importants aux Etats-Unis, notamment le Wall Street Journal, le Los Angeles Times, le Detroit Free Press ainsi que le Orlando Sentinel, ont publié des éditoriaux qui abondent dans le même sens, et une centaine de membres du Congrès ont déclaré ouvertement être en faveur de la perspective du consommateur", avance M. Rutenberg. "La présente entente envoie le message que les revendications de la U.S. lumber coalition sont légitimes et que le Canada est fautif. Nous ne croyons pas que ce soit le cas, et nous ne comprenons pas pourquoi le Canada voudrait donner cette impression."

Au sujet de la NAHB : Etablie à Washington, la National Association of Home Builders est une association commerciale qui représente plus de 225 000 membres oeuvrant dans les secteurs de la construction domiciliaire, du remaniement de bâtiments, du logement collectif, de la gestion immobilière, de la sous-traitance, de la conception, du financement à l'habitation, de la fabrication de matériaux de construction et d'autres domaines relativement à la construction résidentielle et commerciale. Connue pour être la " voix de l'industrie du logement ", la NAHB est affiliée à plus de 800 associations publiques et locales consacrées à la construction domiciliaire d'un bout à l'autre du pays. Les membres de la NAHB seront responsables de la construction de près de 80 pour cent des quelque 1,93 million de nouvelles habitations prévues en 2006, faisant ainsi de l'industrie du logement l'un des moteurs économiques les plus importants au pays.

/Site Internet : http://www.nahb.org /


Communiqué envoyé le 19 juin 2006 à 22:13 et diffusé par :