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Des milliards de dollars et des milliers de vies sont en jeu - Pourquoi les solutions éprouvées pour l'AVC ne sont-elles pas appliquées de manière consistante au Canada?



OTTAWA, le 14 juin /CNW/ -- OTTAWA, le 14 juin /CNW Telbec/ - D'après une analyse économique diffusée aujourd'hui par le Réseau canadien contre les accidents cérébrovasculaires (RCCACV) et la Fondation des maladies du coeur du Canada (FMCC), un accès généralisé à des soins coordonnés en matière d'AVC pourrait prévenir plus de 160 000 AVC, empêcher que 60 000 Canadiens souffrent d'invalidités et réaliser des économies nettes de 8 milliards de dollars dans le domaine des soins de santé au cours des 20 prochaines années au Canada.

Malgré des données probantes, les mesures de prévention, les soins de l'AVC et les pratiques de santé, qui pourraient prévenir des décès, réduire les invalidités et épargner des milliards de dollars au système de soins de santé, ne sont pas souvent pratiqués au Canada. Parmi ces éléments avérés, mentionnons la mise sur pied de services spécialisés de l'AVC, l'administration d'anticaillots ainsi qu'un meilleur accès à la réadaptation et une plus grande sensibilisations aux signes avant-coureurs de l'AVC autant chez le grand public que chez les professionnels de la santé.

"Si nous mettions en oeuvre, à l'échelle du pays, les pratiques et les soins éprouvés, le nombre de vies épargnées et les économies réalisées seraient considérables", dit le Dr Mike Sharma, neurologue et porte-parole de la FMC et du RCCACV. "La plupart des propositions visant à améliorer les soins de santé engendrent des coûts trop importants pour que les gens puissent en bénéficier. Produisant des économies nettes de 8 milliards de dollars, notre modèle démontre que les avantages d'un programme exhaustif de soins de l'AVC dépassent de loin le coût de sa mise en oeuvre."

L'analyse économique a été menée par le Dr Sharma et le Caro Research Institute pour la Stratégie canadienne de lutte contre les AVC, une initiative amorcée par le RCCACV en partenariat avec la FMCC dans le but de remodeler le système de soins de santé pour qu'il mette en pratique les résultats probants de la recherche quant à la prévention d'AVC, ainsi les soins et la réadaptation qu'ils nécessitent. La stratégie entend venir en aide aux provinces en leur fournissant des outils dans des domaines tels que les pratiques optimales, la sensibilisation et la recherche coordonnée, pour qu'elles puissent se doter de stratégies provinciales de lutte contre les AVC adaptées à leurs besoins et à leurs ressources. La stratégie vise en bout de ligne à ce que tous les Canadiens et Canadiennes aient accès à des soins coordonnés en matière d'AVC d'ici 2010.

Les données nationales diffusées la semaine dernière par l'Institut canadien d'information sur la santé révèlent qu'aucun progrès sensible n'a été constaté pour ce qui est du taux de survie à un AVC. "Nous pouvons sûrement améliorer les résultats de santé pour les personnes qui ont subi un AVC", dit Dr Robert Côté, neurologue et porte parole de la FMC. "La prévention, les soins spécialisés et la réadaptation ont considérablement amélioré les chances de survie et la qualité de vie des patients atteints de cancer et de maladies du coeur. Nous sommes en mesure de faire de même pour l'AVC."

"Il est vrai que les patients ne reçoivent pas les soins que nous pourrions leur donner", dit le Dr Antoine Hakim, chef de la direction et directeur scientifique du RCCACV. "Les preuves sont accablantes. Si nous appliquions aujourd'hui ce que nous savons être efficace, nous sauverions des vies et réduirions les invalidités causées par les AVC."

Les projections des économies qu'engendreraient les soins coordonnés en matière d'AVC sont fondées en partie sur l'expérience de l'Ontario, où un système coordonné de soins de l'AVC a été adopté en 2000. Les résultats de la stratégie ontarienne sont d'ores et déjà significatifs, à titre d'exemples :

    - 65 % des patients aux prises avec un AVC qui ont reçu leur congé d'un
      service d'urgence après un "mini-AVC" (ICT, ischémie cérébrale
      transitoire) sont suivis dans une clinique de prévention de l'AVC
      subventionnée par la province (là où une telle clinique est
      disponible), alors que ce n'était le cas que pour 9 % en 2000-2001. La
      "prévention secondaire" permet à un plus grand nombre de patients
      d'être moins exposés à un AVC complet.
    - 32 % des patients ayant subi un AVC reçoivent des anticaillots dans les
      centres régionaux spécialisés de l'AVC, par rapport aux 9,9 % recensés
      en 2000-2001. L'administration d'un tel médicament dans les trois
      heures qui suivent l'apparition des symptômes d'un AVC peut réduire
      considérablement les invalidités dont pourrait souffrir le patient.
    - 72 % des résidents de l'Ontario peuvent nommer au moins deux signes
      avant-coureurs de l'AVC - ils n'étaient que 53 % en 2003 - et ce, grâce
      aux campagnes de sensibilisation lancées par la FMC avec des fonds du
      gouvernement de l'Ontario. Mieux reconnaître ces signes permet un accès
      plus rapide aux soins et, par conséquent, de meilleurs résultats de
      santé.


Les autres provinces continuent également sur leur lancée et marquent des progrès dans l'élaboration de leurs stratégies intégrées de l'AVC.

La FMC et le RCCACV travaillent de concert avec les gouvernements, les organismes professionnels et des individus d'un bout à l'autre du pays, dans le cadre de la Stratégie canadienne de lutte contre les AVC, afin que chaque province puisse offrir de meilleurs soins de l'AVC par la mise sur pied de soins coordonnées en matière d'AVC.

Les données qui ont servi à l'analyse économique proviennent du Registre du RCCACV, de l'Enquête canadienne sur la santé cardiovasculaire, de Statistique Canada et de l'Institut de recherche en services de santé.

Les résultats ne tiennent pas entièrement compte des coûts indirects tels que l'impact de l'AVC sur la vie des personnes soignantes, la perte de productivité et les coûts encourus par les familles et les collectivités. Ils ne prennent pas en considération non plus les répercussions significatives qu'ont les mesures de prévention de l'AVC sur l'incidence d'autres problèmes de santé tels que la démence, les maladies du coeur et des reins et le diabète.

Le Dr Sharma puise sa motivation dans son expérience de première ligne. "J'ai vu de mes yeux les résultats extraordinaires que produisent de meilleurs soins de l'AVC", dit-il. "Jamais je n'oublierai le sourire du premier patient qui s'est levé et qui a quitté l'hôpital sur ses deux jambes après ce qui aurait pu être un AVC dévastateur grâce au fait qu'il avait été soigné tôt et avait reçu un traitement approprié. C'est une image que je n'oublierai jamais."

La Fondation des maladies du coeur et le Réseau canadien contre les accidents cérébrovasculaires invitent les décideurs du système de soins de santé au Canada à tous les niveaux à agir et à appuyer les efforts à l'échelle du pays afin d'améliorer la prévention, les soins et la réadaptation de l'AVC.

La Fondation des maladies du coeur du Canada (www.fmcoeur.ca) est l'un des principaux bailleurs de fonds de la recherche sur les maladies du coeur et les accidents vasculaires cérébraux au pays. Sa mission consiste à améliorer la santé des Canadiens et des Canadiennes, en favorisant la recherche, la promotion de la santé et les représentations en faveur de la santé afin de prévenir et de réduire les invalidités et les décès dus aux maladies cardiovasculaires et aux accidents vasculaires cérébraux.

A propos du Réseau canadien contre les accidents cérébrovasculaires (www.canadianstrokenetwork.ca). Le Réseau canadien contre les accidents cérébrovasculaires compte plus de 100 éminents chercheurs de 24 universités canadiennes. Le Réseau, dont le siège est à l'Université d'Ottawa, inclut également des partenaires de l'industrie, du secteur bénévole et des gouvernements fédéral et provinciaux. Le RCCACV fait partie de l'initiative phare du gouvernement fédéral dans le domaine des sciences et de la technologie : le Programme des réseaux de centres d'excellence du Canada. Le Réseau canadien contre les accidents cérébrovasculaires est déterminé à réduire les répercussions physiques, sociales et économiques des AVC sur la vie de chaque Canadien et Canadienne et sur la société dans son ensemble.

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Communiqué envoyé le 14 juin 2006 à 11:00 et diffusé par :