Le Lézard

Le comité des plaintes et de l'éthique de l'information rend dix décisions



MONTRÉAL, le 12 mai /CNW/ -- MONTRÉAL, le 12 mai /CNW Telbec/ - Lors de sa dernière réunion, le comité des plaintes et de l'éthique de l'information (CPEI) du Conseil de presse du Québec a rendu dix décisions. Deux plaintes ont été retenues, une a été retenue partiellement et sept ont été rejetées. Ces décisions sont susceptibles d'être portées en appel dans les 30 jours de leur réception par les parties.

D2005-05-091 Jack Shultz c. The Gazette

M. Jack Shultz reprochait à The Gazette, d'avoir modifié le texte de sa lettre parue dans la rubrique "Letters", le 29 avril 2005. Il accusait le journal d'en avoir changé le sens et ainsi publié un message qui n'était pas véritablement le sien. Il déplorait aussi le long processus qu'il a dû subir pour finalement voir sa toute première lettre publiée intégralement. Le mis-en-cause de son côté a reconnu son erreur et s'en est excusé. Il a publié la lettre de M. Shultz avec une note d'excuse de la rédaction et affirme avoir sensibilisé les personnes travaillant à cette section afin de prévenir ce genre d'erreur pour l'avenir.

Le Conseil a retenu la plainte de M. Jack Shultz à l'encontre du quotidien The Gazette, tout en notant la bonne volonté de la direction de remédier à ce type de modification dans les lettres des lecteurs qu'elle choisit de publier.

D2005-07-001 Le levant c. Mohamad Al-Zaeym,

conseiller à la rédaction et le Journal Founoun

Les fondateurs de l'association d'artistes Le Levant reprochaient à l'hebdomadaire de langue arabe Founoun, ainsi qu'à son conseiller à la rédaction, M. Mohamad Al-Zaeym, d'avoir camouflé une expression injurieuse dans un article qui annonçait la tenue d'une exposition collective pour marquer le 10e anniversaire de l'association. Dans leur commentaire, les mis-en-cause précisaient que les deux mots que les plaignants avaient interprétés comme une injure ne faisaient que rappeler le nom des deux fondateurs de l'association.

Le Conseil a tenu à souligner que les plaintes portant sur des textes ou reportages dans une langue autre que le français et l'anglais peuvent être difficiles à trancher vu la complexité à bien comprendre la portée réelle de certaines expressions.

Après analyse, le Conseil constate que, si on compare le communiqué de presse annonçant la tenue de l'événement avec l'article qui fut publié, l'expression assortie de deux points d'exclamation à laquelle les plaignants accordaient la signification "descendant d'un con", aurait bien été ajoutée au texte d'origine. De plus, les mis-en-cause n'ont pas proposé au Conseil leur propre traduction de ladite expression, ce qui aurait pu leur permettre de lever les soupçons sur sa signification.

Enfin, le président du journal, a précisé dans son commentaire qu'une lettre d'excuses avait été transmise aux plaignants. Sur celle-ci, on peut lire que le journal "veiller(a) à ce que de tels propos ne se reproduisent plus" ce qui constitue un aveu.

À la lumière de cet aveu et bien que le Conseil ne soit pas en mesure de saisir complètement la portée de l'offense faite aux plaignants vu la difficulté à traduire clairement l'expression, il a retenu la plainte contre l'hebdomadaire Founoun ainsi que son conseiller à la rédaction, M. Mohamad Al-Zaeym, pour un manquement à l'éthique dans l'utilisation de propos injurieux.

D2005-09-013 François Bruneau c. Claude Charron, animateur

et l'émission "Le TVA 17 heures" et le Groupe TVA

M. François Bruneau portait plainte contre la chronique de M. Claude Charron du 28 septembre 2005, intitulée "Mon opinion" et s'inscrivant dans le cadre de l'émission "Le TVA 17 heures". De l'avis du plaignant, l'animateur aurait utilisé sa chronique afin de discréditer le Dr Pierre Mailloux ainsi que les personnes qui adhèrent à ses opinions en omettant de rappeler les propos de ce dernier, en émettant des opinions n'étant basées sur aucun fait ainsi qu'en lui prêtant des intentions erronées.

Le plaignant déplorait que M. Charron n'ait pas pris soin de rappeler les propos mentionnés par le Dr Mailloux, lors de l'émission "Tout le monde en parle", contre lesquels il prend position dans sa chronique. Il ajoutait que les vagues allusions qui y étaient faites n'étaient pas suffisantes pour que le public puisse se faire sa propre opinion sur le sujet.

Le Conseil estime que, compte tenu du fait que l'émission "Le TVA 17 heures", au terme de laquelle intervenait l'opinion de M. Charron, présentait deux reportages sur les déclarations du Dr Mailloux, les mis-en-cause se sont acquittés de leurs responsabilités en matière de mise en contexte.

Par ailleurs, la jurisprudence du Conseil précise que les insinuations, surtout quand elles risquent de porter préjudice à une personne, devraient être évitées. À cet égard, le plaignant reprochait à M. Charron d'avoir véhiculé plusieurs sous-entendus dans sa chronique, laissant entendre que le Dr Mailloux aurait suggéré que les personnes de race noire étaient responsables des difficultés socio-économiques qu'elles rencontrent et qu'il cautionnerait les pratiques nazies, sexistes et homophobes.

L'analyse a démontré que M. Charron a tenté de mettre en perspective certaines conséquences qui pouvaient se dégager des propos tenus par le Dr Mailloux. Toutefois, la paternité de ces opinions ne lui est pas attribuée puisqu'il est clair qu'il s'agit de celles du chroniqueur. Par conséquent, il ne pouvait s'agir d'insinuations à son encontre.

M. Bruneau reprochait en dernier lieu au chroniqueur d'avoir tenté de discréditer le Dr Mailloux, ainsi que les personnes qui accordent de la crédibilité à sa thèse, en les qualifiant de "simples d'esprit". Le Conseil a estimé que le qualificatif "simples d'esprit" qu'a utilisé l'animateur est le reflet de son opinion et que celle-ci s'exprimait à l'intérieur des limites journalistiques de la chronique.

Le Conseil de presse a rejeté la plainte de M. François Bruneau contre le chroniqueur M. Claude Charron et le Groupe TVA.

D2005-10-015 Cabinet du maire et du comité exécutif de la Ville

de Montréal c. Linda Gyulai, journaliste et The Gazette

Le directeur de l'administration et des communications de la Ville de Montréal, portait plainte au nom de la Ville contre la journaliste Linda Gyulai et le quotidien The Gazette qui, dans une série de reportages publiés les 1er, 2 et 3 octobre 2005 portant sur l'attribution de contrats et sur les contributions aux partis politiques municipaux, auraient manqué à l'éthique journalistique et auraient ainsi induit le public en erreur.

Le plaignant formulait des griefs pour quatre motifs : omission d'informations pertinentes ou importantes, inexactitude de l'information, liens fallacieux entre les individus visés par les articles et enfin, sensationnalisme.

Le Conseil a rappelé que le choix des informations et la manière de les traiter relèvent de la liberté rédactionnelle des médias et des journalistes. En vertu de ce principe, Mme Gyulai pouvait décider de ce qui apparaîtrait dans ses articles. Ainsi, les griefs pour omission d'informations n'ont pas été retenus.

Pour ce qui est des informations inexactes, il a également été conclu qu'il n'y avait pas matière à retenir le grief même si, selon le Conseil, la journaliste aurait pu faire preuve davantage de prudence devant la réponse obtenue du bureau de Me Robert Cassius de Linval quant à l'implication de ce dernier dans la campagne électorale de 2001.

En regard des liens fallacieux ou rapprochements tendancieux qui auraient été véhiculés par un tableau, par l'amorce d'un texte et par les articles visés par la plainte, le Conseil a estimé que le traitement journalistique de Mme Gyulai a été effectué à l'intérieur des normes déontologiques et de la latitude reconnue aux professionnels de l'information.

Ces normes déontologiques précisent, en outre, que les manchettes et les titres doivent respecter le sens, l'esprit et le contenu des textes auxquels ils renvoient. Les responsables doivent alors éviter le sensationnalisme et veiller à ce que les manchettes et les titres ne servent pas de véhicules aux préjugés et aux partis pris. Or, le quatrième ensemble de griefs portait sur des reproches pour sensationnalisme. Après examen, le Conseil a conclu que les titres et sous-titres utilisés lui apparaissaient à la limite des principes professionnels acceptables. Il a donc invité The Gazette à la prudence afin d'éviter une disproportion entre les titres et sous-titres, et le contenu des articles auxquels ils se rapportent.

Au-delà des réserves exprimées, le Conseil de presse a rejeté la plainte contre la journaliste Linda Gyulai et le quotidien The Gazette.

D2005-10-018 Carole-Marie Allard c. Stéphane St-Amour, journaliste

et Le Courrier Laval

Mme Carole-Marie Allard portait plainte contre le journal régional Courrier Laval et le journaliste Stéphane St-Amour à la suite du traitement journalistique dont elle a été l'objet dans l'édition du 5 juin 2005. La plaignante qualifie le comportement du Courrier Laval et de son journaliste de "jaunisme" et dit souhaiter que l'on respecte sa vie privée.

La plaignante reproche d'abord aux mis-en-cause l'utilisation du mot "controverse" associé à son nom et à sa photographie publiée à la une de l'édition du Courrier Laval le 5 juin 2005.

À ce sujet, le Conseil rappelle que le choix des titres et des photos relève de la responsabilité de l'éditeur. Après examen des explications des parties, le Conseil a considéré que l'utilisation du mot "controverse" n'était pas exagéré dans les circonstances puisque les mis-en-cause ont démontré à quels événements antérieurs ils faisaient référence lorsqu'ils ont utilisé le titre "Allard encore dans la controverse".

La plaignante reprochait également aux mis-en-cause leur manque de vérification des informations entourant une plainte formulée auprès du directeur d'Élections Canada durant la campagne électorale de 2004. Le Conseil n'a pas retenu le grief sur le sujet, estimant qu'en vertu de la liberté journalistique qui leur est reconnue, les mis-en-cause pouvaient choisir les informations qu'ils jugeaient préférables de communiquer, même si aux yeux du Conseil une mention du rejet de cette plainte aurait été tout à fait à propos, dans les circonstances.

Enfin, en ce qui concerne le respect de la vie privée de la plaignante, le Conseil a estimé que le traitement journalistique n'avait pas été exagéré et que les mis-en-cause n'avaient pas commis de manquement à cet égard. Même si après un séjour en politique la plaignante est retournée à la vie privée, l'évocation de liens et d'événements reliés à cette période publique de sa vie a été faite dans le respect des règles déontologiques.

Ainsi, au-delà de l'observation sur le suivi de l'information, le Conseil de presse a rejeté la plainte de Mme Allard contre le journaliste et rédacteur en chef Stéphane St-Amour et le journal régional Courrier Laval.

D2005-11-019 Stéphane Roch c. Louis Gagné, journaliste et

Le Journal de Montréal

Dans son édition du 20 février 2005, le Journal de Montréal publiait un article intitulé "Un bambin survit à la man?uvre désespérée de sa mère, route 117". De l'avis du plaignant, le journaliste a tiré des conclusions trop rapides en affirmant que l'accident auquel a succombé sa conjointe était un suicide.

Le guide des Droits et responsabilités de la presse recommande que, lors de drames humains, les médias et les journalistes fassent preuve d'une grande prudence, de discernement et de circonspection dans la manière dont ils rapportent les faits. Compte tenu de ce principe, le Conseil de presse estime que le Journal de Montréal aurait dû présenter l'affirmation contenue dans le titre et l'amorce au moyen du conditionnel, comme il l'a fait dans le reste de l'article.

Dans le traitement des événements impliquant des drames humains, les médias et les journalismes doivent éviter tout sensationnalisme et prendre garde de ne pas accorder aux événements un caractère démesuré, sinon amplifié, par rapport à leur degré d'intérêt public.

Après analyse, le Conseil a constaté que le titre et l'amorce de l'article étaient sensationnalistes puisqu'ils induisent le public en erreur en lui laissant croire que le suicide est la cause de l'accident, et non une hypothèse expliquant le décès de la conjointe du plaignant.

Le Conseil de presse a donc retenu la plainte de M. Roch et blâmé le Journal de Montréal ainsi que son journaliste M. Louis Gagné sur la base des griefs concernant l'information inexacte et le sensationnalisme.

D2005-11-020 Germain-D. Girard c. Jean-Simon Gagné, chroniqueur

et Le Soleil

M. Germain-D. Girard portait plainte contre une chronique de M. Jean-Simon Gagné intitulée "Le Québec acide" parue le 26 octobre 2005 dans le quotidien Le Soleil. Le plaignant reproche au chroniqueur sa virulence, le caractère ad hominem de son écrit ainsi que son argumentation contrefaite.

La chronique est un genre journalistique qui laisse à son auteur une grande latitude dans le traitement d'un sujet d'information. Elle permet au journaliste d'adopter un ton polémiste pour prendre parti et exprimer ses critiques, dans le style qui leur est propre, même par le biais de l'humour et de la satire. Après analyse, le Conseil considère que le chroniqueur pouvait librement prendre parti dans sa chronique et offrir une lecture personnelle des faits aux lecteurs du journal. De plus, les commentaires de M. Gagné s'inscrivent dans la latitude accordée au genre du journalisme d'opinion.

Le plaignant reprochait également à l'article de M. Gagné d'être ad hominem en ce sens que la critique portait presque exclusivement sur l'ancien premier ministre du Québec, M. Lucien Bouchard et ce, bien qu'il ne soit qu'un des douze signataires du manifeste dont il était question. À cet effet, le Conseil conclut que l'interpellation publique d'un personnage ayant posé un geste public est conforme à la déontologie journalistique.

Le Conseil de presse a donc rejeté la plainte de M. Girard contre le chroniqueur M. Jean-Simon Gagné et le quotidien Le Soleil.

D2005-11-021 Denis Lapointe c. Pierre-André Normandin,

journaliste et Le Soleil

M. Denis Lapointe reprochait au quotidien Le Soleil, ainsi qu'à son journaliste M. Pierre-André Normandin, d'avoir manqué d'objectivité en favorisant le point de vue des partisans de la refusion avec la Ville de Québec dans un article paru le 5 novembre 2005, à la veille des élections municipales, et intitulé "Réintégration... après reconstitution".

Le plaignant fondait sa plainte sur deux constats : selon lui, le journaliste n'aurait présenté que les points négatifs de la conférence de presse de la députée de La Peltrie et seuls les commentaires des candidats refusionnistes sur cette intervention auraient été recueillis.

En ce qui a trait à la nouvelle et au reportage, les médias et les professionnels de l'information doivent s'en tenir à rapporter les faits et les situer dans leur contexte sans les commenter. Quel que soit l'angle de traitement retenu pour une nouvelle ou un reportage, les médias et les journalistes doivent transmettre une information qui reflète l'ensemble d'une situation et le faire avec honnêteté, exactitude et impartialité.

Après analyse, le Conseil constate que la conférence de presse tenue par la députée de La Peltrie portait sur l'information qu'elle estimait n'avoir pas été livrée aux citoyens s'apprêtant à appuyer les candidats refusionnistes aux élections municipales, ce qui correspond à ce que rapporte Pierre-André Normandin dans son article. Concernant l'omission de certains éléments abordés par la députée dans cette conférence, le Conseil précise que le journaliste était libre de choisir les aspects de celle-ci qu'il désirait traiter dans son article, sans que cela ne représente un manquement à la déontologie journalistique.

Par ailleurs, dans les cas où une nouvelle, ou un reportage, traite de situations ou de questions controversées, comme de conflits entre des parties, la déontologie du Conseil précise que les journalistes doivent veiller à ce qu'un traitement équilibré soit accordé aux éléments et aux parties en opposition. À cet égard, le Conseil a considéré que le journaliste a recueilli les propos des refusionnistes en réaction aux affirmations de la députée et ce, sans faire montre de parti pris.

Le Conseil a rejeté la plainte de M. Lapointe contre le journaliste M. Pierre-André Normandin et le quotidien Le Soleil.

D2005-11-022 Fédération des coopératives d'habitation intermunicipales

du Montréal métropolitain - FÉCHIMM c. RDI, l'émission

"La part des choses"

La FÉCHIMM reprochait à RDI d'avoir exclu M. Richard Bergeron, candidat à la mairie de Montréal et chef du parti Projet Montréal, du face-à-face qu'elle a organisé sur ses ondes le 27 octobre 2005 dans le cadre de l'émission "La part des choses" et qui opposait MM. Pierre Bourque et Gérald Tremblay. À son avis, les critères présentés par RDI pour justifier cette exclusion sont en contradiction avec l'importance qui a été accordée au débat, qui a de plus bénéficié d'une diffusion pancanadienne.

À cet égard, la jurisprudence du Conseil rappelle que les médias organisateurs de débats sont en droit de ne pas placer tous les candidats sur un pied d'égalité et ce, d'autant plus qu'une formation politique peut être jugée marginale par rapport aux autres. Toutefois, elle rappelle également que les médias ont le devoir de veiller à ce que le principe d'équilibre soit respecté dans la couverture des candidats à une élection, afin de ne pas fausser le processus démocratique.

En outre, le Conseil a considéré que les médias, dans leur couverture des campagnes électorales de tous les ordres de gouvernement, doivent s'ajuster au contexte précis au moment de chaque période électorale pour déterminer leur couverture et la participation des chefs de partis aux débats qu'ils organisent.

Ainsi, le Conseil ne pouvait blâmer RDI pour ne pas avoir convié M. Bergeron au face-à-face diffusé le 27 octobre 2005, puisque que MM. Bourque et Tremblay représentaient bien les deux principaux candidats de la campagne municipale montréalaise. Cependant, le Conseil a jugé qu'il aurait été pertinent que la SRC veille à ce que les critères qui ont amené à la sélection des seuls candidats Bourque et Tremblay soient révélés au public antérieurement au débat afin que les téléspectateurs ne croient pas à une décision arbitraire de la part de RDI.

De plus, le Conseil a constaté que, conscient de la pression populaire consécutive à l'annonce de son choix de ne convier que deux des quatre candidats à la mairie de Montréal, l'émission "La part des choses" a tout de même accordé une entrevue au chef du parti Projet Montréal, à la suite du débat.

Par ailleurs, l'information livrée par les médias fait nécessairement l'objet de choix. Ces choix doivent être faits dans un esprit d'équité et de justice. Ils ne se mesurent pas seulement de façon quantitative, sur la base d'une seule émission, pas plus qu'au temps d'antenne. Le Conseil a constaté que la campagne du parti Projet Montréal a été couverte par RDI, même si ce fût dans des proportions moindres de celle des autres partis. Vu les principes exposés précédemment, cette couverture et les choix effectués par RDI étaient conformes aux règles d'éthiques du Conseil.

Le Conseil de presse a rejeté la plainte de la FÉCHIMM à l'encontre du Réseau de l'information de Radio-Canada.

D2005-10-024 Centre jeunesse de Montréal - Institut universitaire c.

Sylvie Fournier, journaliste, Alain Gravel, animateur, Pier Gagné,

réalisateur, Sylvain Schreiber, réalisateur-coordonnateur et la Société

Radio-Canada, l'émission "Enjeux"

Les plaignants reprochent à l'équipe de l'émission "Enjeux" diffusée le 16 novembre 2004 sur les ondes de Radio-Canada et intitulée "La bataille des grands-parents contre la DPJ" d'avoir présenté un reportage dont la forme, le montage, le choix et le traitement des informations ont été agencés dans le but de soutenir la thèse de l'erreur et de l'acharnement de la DPJ envers des grands-parents et ce, au détriment d'un positionnement journalistique neutre et objectif.

Plus spécifiquement, les plaignants reprochent à l'équipe d'"Enjeux" de ne pas avoir respecté les exigences journalistiques en matière d'exactitude, en véhiculant des informations erronées au préjudice de la Direction de la protection de le jeunesse (DPJ), en privilégiant les témoignages favorables au point de vue des grands-parents, en omettant de citer d'importants passages de jugements et de mentionner certaines données concernant la fillette, qui est pourtant l'enjeu du reportage, semant ainsi le doute sur la capacité de la DPJ à protéger cette dernière.

Si l'analyse a permis au Conseil de conclure que l'équipe du reportage n'a commis aucun manquement à la déontologie sur le plan de la véracité des informations transmises au public, elle permet toutefois de révéler que l'équipe n'a offert une visibilité qu'au point de vue des grands-parents et présenté uniquement des extraits de jugements favorables à leur position.

Le Conseil a toutefois considéré que l'émission a procédé à une généralisation à partir d'un cas d'espèce. Il a déploré que l'équipe rédactionnelle ait manqué à ses responsabilités en relayant, tout au long du reportage, les critiques de témoins, liés aux grands-parents, et mettant en doute la capacité de la DPJ à protéger les intérêts de la fillette. Bien que la DPJ ait refusé de participer au reportage, cela ne dispensait pas l'équipe rédactionnelle de présenter un avis neutre vis-à-vis celle-ci.

En dernier lieu, les plaignants déploraient que l'équipe du magazine "Enjeux" ait choisi de publier la lettre de la DPJ, mentionnant son refus formel et dans l'intérêt de la fillette d'accorder une entrevue, trop tardivement dans le reportage, ce qui aurait nui à une bonne compréhension de ses intentions par les téléspectateurs. Le Conseil n'a pu contester le choix de l'approche chronologique faite par l'équipe rédactionnelle et dans laquelle fut insérée la missive de la DPJ.

Au vu de tout ce qui précède, le Conseil a retenu partiellement la plainte de MM. Jean-Pierre Duplantie et Jean-Marc Potvin à l'encontre de la Société Radio-Canada et de l'équipe de l'émission "Enjeux" pour manque d'équilibre. Le grief pour manque d'exactitude a été rejeté.

Le texte intégral des décisions ainsi qu'un résumé des arguments des parties en cause peuvent être consultés au www.conseildepresse.qc.ca.


Communiqué envoyé le 12 mai 2006 à 10:42 et diffusé par :