Le Lézard
Classé dans : L'environnement

Table ronde au congrès de la FTPF-CSN - L'inertie gouvernementale menace l'industrie forestière



QUEBEC, le 13 juin /CNW/ -- QUEBEC, le 13 juin /CNW Telbec/ - Devant l'inertie gouvernementale, Guy Chevrette, président-directeur général du Conseil de l'industrie forestière du Québec, souhaite la tenue d'un sommet réunissant tous les acteurs de l'industrie pour développer les consensus nécessaires qui assureront l'avenir de la forêt, de son exploitation et de la transformation de la ressource.

"Nous devons mettre ensemble tous les acteurs : autochtones, écologistes, universitaires, régions, industrie, syndicats. En sortiront deux, trois consensus, si possible, mais on confrontera nos points de vue, on dira ce qu'on a à se dire. Le gouvernement n'est pas en mesure d'organiser ça. Il faut trouver un forum pour le faire. Dans la seule région de Montréal, par exemple, 29 000 emplois dépendent de la forêt."

M. Chevrette participait, mardi après-midi, à une table ronde organisée dans le cadre du congrès de la Fédération des travailleuses et des travailleurs du papier et de la forêt, FTPF-CSN, à laquelle participaient également M. Marc Beaudoin, directeur du Regroupement des sociétés d'aménagement forestier du Québec (RESAM), et Claude Rioux, économiste et ex-directeur des services de la FTPF-CSN.

Pour Guy Chevrette, les régions dépérissent avec les difficultés de l'industrie quoiqu'il soutienne que les solutions ne peuvent être appliquées mur à mur mais en fonction des particularités de chacune. Il insiste également sur la négociation nécessaire avec les communautés autochtones, sur le reboisement nécessaire et la mise en place de programmes à l'intention des travailleurs âgés.

"Si rien n'est fait au plus tôt, lance Guy Chevrette, il y aura restructuration et consolidation et si cette responsabilité revient à la seule industrie ça se fera selon les lois du marchés avec des fusions et des fermetures, des pertes d'emplois. N'oublions pas que 250 villages du Québec vivent de la forêt, dont 150 exclusivement de la forêt. Si le gouvernement ne peut faire preuve de souplesse, n'est pas en mesure de parler avec tous les acteurs pour que ce soit fait convenablement, ça va faire mal."

M. Marc Beaudoin du RESAM estime que le travail en milieu forestier n'est pas valorisé et l'incertitude qui règne n'assure pas de relève, les étudiants en technique et génie forestier diminuant d'une année à l'autre. "On constate une rareté des bois en quantité et en qualité. Les régions ne peuvent plus se fier à l'industrie de la transformation comme c'est le cas maintenant. Mais l'aménagement de la forêt à d'autres fins, comme le tourisme, ça ne commande pas les mêmes emplois, ni les mêmes salaires."

L'économiste Claude Rioux suggère de considérer la situation présente par un autre bout de la lorgnette. "Le Canada produit pour l'exportation, dont l'essentiel va aux Etats-Unis. On maintient notre production face à une demande plus faible. Quand on met au point de nouveaux produits dans une usine, on fait concurrence à d'autres produits déjà fabriqués ici. Le gouvernement devrait jouer un rôle, mais aucune initiative ne vient de ce côté. Nous avons des tarifs d'électricité avantageux, mais là on veut favoriser l'exportation. L'électricité, ce n'est pas pour exporter mais pour notre secteur industriel, pour protéger nos régions, nos villages. Il manque un organisme en mesure d'équilibrer les droits des uns et des autres. Si le gouvernement ne peut assumer ce rôle, qu'il trouve une institution pour le faire."

Le congrès de la FTPF-CSN se poursuit jusqu'à vendredi à Québec, sous le thème "Une ressource à protéger, des emplois à sauvegarder". Demain, mercredi, Robert Beauregard, professeur au département des sciences du bois et de la forêt à l'Université Laval abordera la question du repositionnement de l'industrie des produits forestiers.

Ces communiqués peuvent vous intéresser aussi

20 jan 2018
La fébrilité est palpable. Les équipes mettent la touche finale aux derniers préparatifs. De nombreux bénévoles se trouvent sur les blocs de départ. Même les prévisions météo sont au rendez-vous : avalanche de contenants consignés, vent de solidarité...

19 jan 2018
Le gouvernement a autorisé Rio Tinto à mettre en oeuvre le Programme de stabilisation des berges du lac Saint-Jean 2018-2027, à la suite d'une recommandation favorable de la ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre...

19 jan 2018
L'Association des véhicules électriques du Québec (AVEQ) en appelle au Premier Ministre, Monsieur Philippe Couillard, pour faire marche arrière et abandonner le projet de son ministre Pierre Moreau sur le développement des voitures à l'hydrogène au...

19 jan 2018
La Nation haïda et le gouvernement du Canada ont décidé de relever le niveau de protection de la zone de protection marine de SGaan Kinghlas - mont sous-marin Bowie en fermant toutes les pêches qui entrent en contact avec le fond. Cette fermeture a...

19 jan 2018
L'Agence canadienne d'évaluation environnementale (l'Agence) doit décider si une évaluation environnementale fédérale est requise pour le projet de forage exploratoire dans le bassin Orphan de Terre-Neuve, situé à 350 kilomètres à l'est de...

19 jan 2018
La fébrilité est palpable. Les équipes mettent la touche finale aux derniers préparatifs. De nombreux bénévoles se trouvent sur les blocs de départ. Même les prévisions météo sont au rendez-vous : avalanche de contenants consignés, vent de solidarité...




Communiqué envoyé le 13 juin 2006 à 17:40 et diffusé par :