Le Lézard

Le Québec en panne - "UNE NOUVELLE STRATÉGIE ÉCONOMIQUE S'IMPOSE" - François Legault



QUÉBEC, le 13 juin /CNW/ -- QUÉBEC, le 13 juin /CNW Telbec/ - Le député de Rousseau et porte-parole de l'opposition en matière de développement économique et de finances, François Legault, rend publique une lettre dans laquelle il interpelle le gouvernement Charest pour une nouvelle stratégie économique pour le Québec, compte tenu de la situation économique actuelle et des perspectives peu encourageantes qui s'annoncent.

"L'économie du Québec est en panne. Depuis le début de l'année, seulement

3 000 emplois ont été créés. Durant la même période, il s'en est créé

87 000 en Ontario et 220 000 au Canada. Notre performance depuis trois

ans n'est guère plus reluisante. Depuis avril 2003, le Québec n'a créé

que 140 000 emplois, soit seulement 16 % des emplois au Canada, alors que

sa population correspond à 24 % de l'ensemble canadien. Durant la même

période, l'Ontario a créé 332 000 emplois.

Au chapitre de la croissance économique, la situation n'est pas

meilleure. Le produit intérieur brut (PIB) réel du Québec n'a augmenté

que de 2,2 % durant l'année 2005, comparativement à 2,8 % pour l'Ontario

et 2,9 % pour le Canada. Pire encore, les économistes du Mouvement

Desjardins prévoient que la croissance du PIB au Québec passera sous la

barre des 2 % en 2006.

La stratégie du gouvernement Charest : un échec

Le manque de vision de la stratégie économique du gouvernement Charest a

été souligné par de nombreux commentateurs. Par sa passivité, le

gouvernement libéral a carrément négligé le développement économique du

Québec au cours des trois dernières années.

Un soutien mesuré aux entreprises est nécessaire pour leur permettre de

faire face à la concurrence internationale. Le gouvernement Charest a

plutôt choisi de réduire cette aide de plus de 1,3 milliard $ sans

respecter pour autant sa promesse d'éliminer la taxe sur le capital des

entreprises.

Or, même si certains programmes d'aide aux entreprises se devaient d'être

revus, il faut conclure que le désengagement du gouvernement libéral dans

le développement économique du Québec donne de mauvais résultats. De

plus, l'investissement des entreprises, qui constitue un des moteurs

essentiels pour assurer la prospérité économique et la création d'emplois

de qualité, piétine au Québec. Un changement de cap s'impose.

Un changement de cap est nécessaire

Changer de cap ne veut pas dire revenir sur ses pas. Une nouvelle

approche, adaptée aux exigences d'aujourd'hui, doit guider le

gouvernement du Québec. Les avancées technologiques, notre démographie et

la compétition accrue des économies émergentes condamnent les stratégies

à courte vue. Pour assurer son avenir, le Québec doit fournir un effort

sans précédent et investir massivement dans son capital humain et ses

entreprises.

Une stratégie moderne de développement économique doit donc viser deux

éléments clés. D'abord, il faut augmenter de façon importante les

investissements en éducation, de la petite école à l'université, en

passant par la formation professionnelle et technique. Le Québec tout

entier doit s'unir et se mobiliser autour de cet objectif dont dépend son

avenir.

Il faut ensuite inciter les entreprises à accroître leur productivité et

leur compétitivité en investissant davantage dans des équipements

modernes (ex. : machinerie et logiciels) de même que dans la formation de

leurs employés. Le Québec a un énorme rattrapage à faire au chapitre des

investissements des entreprises. En 2005, les investissements privés non

résidentiels ont reculé de 3,3 % au Québec, alors que l'Ontario

connaissait une croissance de 3,5 % et le Canada de 6,6 %. De plus, les

projections des spécialistes pour les prochaines années ne sont guère

encourageantes.

Les effets de la stagnation des investissements au Québec sont déjà

visibles. La création d'emplois traîne de la patte chez nous alors

qu'elle continue à progresser ailleurs. À plus long terme, les

conséquences du laisser-faire libéral en matière de soutien à

l'investissement pourraient s'avérer désastreuses. Plusieurs entreprises,

qui subissent déjà les contrecoups de l'appréciation rapide du dollar

canadien, auront grand-peine à rester compétitives sur le marché

international si elles sont laissées totalement à elles-mêmes.

Investir dans notre avenir

Le manque de vision du gouvernement Charest coûte cher aux Québécois. Un

coup de barre doit être donné. Pour assurer son développement, le Québec

doit investir de façon massive dans sa ressource la plus précieuse, ses

citoyens, en assurant un financement adéquat à son système d'éducation.

Et il doit aussi pouvoir compter sur des investissements soutenus de la

part des entreprises. Pour cela, le gouvernement du Québec doit faire

preuve de vision. Il doit soutenir les entreprises qui investissent au

Québec. La fiscalité des entreprises doit être revue afin de favoriser

les entreprises qui font le pari d'investir au Québec. L'Irlande et les

pays scandinaves, qui ont choisi de miser sur l'éducation et le soutien à

l'investissement, pourraient servir d'exemples à ce titre. Cette nouvelle

stratégie permettrait au Québec de relever les défis démographiques et

économiques auxquels il est confronté. Voilà un grand projet dont toute

la société québécoise bénéficierait.

Nos succès économiques détermineront en grande partie notre capacité

collective de maintenir et d'offrir des programmes et des services

sociaux de qualité. Le développement vigoureux de l'économie permet aux

gouvernements d'offrir une meilleure qualité de vie à leur population.

C'est pourquoi il faut faire le choix d'investir dans notre avenir."

François Legault

Député de Rousseau

Porte-parole de l'opposition officielle en matière de développement

économique et de finances

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Communiqué envoyé le 13 juin 2006 à 14:58 et diffusé par :