Le Lézard

La crise forestière a coûté 2 300 emplois en trois ans dans les rangs de la FTPF - CSN



QUÉBEC, le 12 juin /CNW/ -- QUÉBEC, le 12 juin /CNW Telbec/ - Plus de 2 300 membres de la Fédération des travailleurs et travailleuses du papier et de la forêt (FTPF - CSN) ont perdu leur emploi au cours des trois dernières années.

C'est ce que révèle le rapport du comité exécutif de cette organisation syndicale livré par son président, Sylvain Parent, à l'occasion de l'ouverture de son congrès triennal le lundi 12 juin à Québec.

"D'un point de vue syndical, note Sylvain Parent, les mises à pied massives, témoins de la crise forestière actuelle, ont des effets directs sur la croyance de plusieurs militantes et militants envers notre capacité à améliorer les conditions de travail par la négociation. Sous cet angle, poursuit-il, nous dirions même que les conséquences de la crise forestière sont sans précédent récent."

De plus, l'importance prise par le dossier de la gestion de la forêt, dans la foulée du documentaire de Richard Desjardins et Patrick Monderi, l'Erreur boréale, et la crise qui sévit présentement dans le milieu a mis en lumière la forte dépendance de plusieurs municipalités du Québec envers les retombées économiques générées par les activités forestières.

Ce nouveau contexte influera dorénavant sur la manière de négocier les conventions collectives. "Un contexte beaucoup plus politisé, médiatisé, voire surveillé, dans lequel plusieurs de nos actions prennent tout d'un coup plus d'importance parce qu'elles peuvent avoir un impact appréciable sur les communautés", précise Sylvain Parent.

Après la publication du rapport de M. Guy Coulombe, qui s'est penché sur la gestion de la forêt québécoise, le gouvernement décidait de réduire de    20 pour cent tous les volumes de bois accordés par les contrats d'approvisionnement. Ainsi, il y a moins de bois alloué pour opérer les usines de première transformation et de sciage.

"Les industriels forestiers, selon le rapport du comité exécutif de la FTPF - CSN, désirent, par conséquent, regrouper leurs activités en fermant certaines divisions et en cherchant à obtenir du ministre des Ressources naturelles l'autorisation pour transférer les volumes de bois affectés aux usines fermées vers les usines maintenues en opération.

"Plusieurs situations semblables sont vécues actuellement par les syndicats affiliés à la FTPF - CSN. Il s'agit du Syndicat des travailleurs de Scierie Saguenay, du Syndicat des travailleurs de la scierie de Grand-Remous, du Syndicat des travailleurs de la scierie Val d'Or, du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Tembec, usine de Senneterre, du Syndicat des travailleurs de Scierie Béarn."

Dans toutes ces situations, les syndicats sont appelés à négocier des arrangements et, dans tous les cas, le pouvoir politique est omniprésent, surtout le palier municipal.

Sylvain Parent juge cette présence politique utile et souhaitable mais estime qu'il faut que les syndicats ainsi touchés agissent avec doigté et empathie, tout en défendant les droits de leurs membres.

Le président de la FTPF - CSN déplore cependant l'insuffisance des mesures gouvernementales en place pour aider les travailleurs lors de fermetures ou de licenciements collectifs. "Que dire également, clame Sylvain Parent, de la non utilisation des surplus qui se trouvent actuellement dans les coffres de l'assurance-emploi du Canada?"

Sylvain Parent souhaite, en outre, que le comité mis sur pied par le gouvernement, sur lequel siège la FTPF - CSN, et qui est mandaté pour trouver des solutions pour aider la main-d'?uvre de l'industrie recommandera la mise en place d'un programme pour favoriser les départs à la retraite des travailleuses et travailleurs plus âgés.

Le congrès de la FTPF - CSN se poursuit jusqu'au vendredi 16 juin sous le thème "Une ressource à protéger, des emplois à sauvegarder". Mardi après-midi, une table ronde réunira le professeur de l'université Laval, Luc Bouthillier, titulaire en politique forestière et en évaluation environnementale, Guy Chevrette, président-directeur général du Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ), Marc Beaudoin, directeur du Regroupement des sociétés d'aménagement forestier du Québec (RESAM), et Claude Rioux, ex-coordonnateur de la FTPF - CSN qui a, pendant de nombreuses années, ?uvré avec les travailleurs du domaine et négocié de nombreux contrats de travail dans le secteur du papier et de la forêt.


Communiqué envoyé le 12 juin 2006 à 16:13 et diffusé par :