Le Lézard

Congrès du travail du Canada/Emplois : les syndicats disent à la Banque du Canada, n'appuyez pas sur les freins



OTTAWA, ONTARIO--(CCNMatthews - 9 juin 2006) - La bonne nouvelle dans les données publiées aujourd'hui dans l'Enquête sur la population active de Statistique Canada porte les familles travailleuses à craindre que la Banque du Canada ne fasse d'eux, une fois de plus, une raison de hausser les taux d'intérêt.

"Il est temps que les travailleurs et travailleuses ordinaires partagent la prospérité après près de deux décennies de stagnation de la valeur réelle de la rémunération pour tous sauf la poignée de gens cupides qui se trouve dans le haut de l'échelle du monde des affaires", dit Ken Georgetti, président du Congrès du travail du Canada. "Puisque l'économie semble avoir une bonne performance, il est temps que les familles et le pays investissent et préparent l'avenir. C'est pour cela que nous exhortons la Banque du Canada à ne pas mettre les freins quand l'économie favorise enfin les travailleurs et les travailleuses."

"Les gouvernements devraient profiter de l'occasion que donne cette bonne nouvelle de procéder aux investissements nécessaires dans les compétences afin de maintenir notre qualité de vie, d'accroître la productivité et de conserver notre compétitivité. En mettant l'accent sur le secteur manufacturier. Cela ne se produira pas par magie. Les familles travailleuses s'attendent que le gouvernement fédéral donne le pas à une réponse coordonnée des gouvernements de tous les paliers, du mouvement syndical et des employeurs", précise M. Georgetti.

Données sur le chômage - Selon l'Enquête sur la population active de Statistique Canada, le taux de chômage a baissé à 6,1 % en mai 2006 par rapport à 6,4 % pour le mois précédent. C'est le taux le plus bas depuis décembre 1974. L'emploi a augmenté dans tous les secteurs de l'économie en mai, sauf le secteur manufacturier. Les nouveaux emplois sont principalement des emplois à plein temps. La bonne nouvelle ne change pas le fait que le mois dernier, en chiffres désaisonnalisés, il y avait au Canada 1 073 200 Canadiens et Canadiennes voulant travailler qui n'avaient pas d'emploi.
Analyse de l'économiste principal Andrew Jackson

 - Je prévois que les économistes des milieux financiers sonneront
   l'alarme en indiquant que le taux de chômage est trop bas et
   inciteront la Banque du Canada à hausser les taux d'intérêt de
   façon très marquée avant que les travailleurs et les travailleuses
   ne commencent à demander des salaires plus élevés, ce qui
   constituerait une erreur.

 - La Banque du Canada a reconnu que les salaires n'augmentent pas
   excessivement en général et que la majoration des salaires dans
   des régions et des secteurs précis transmet un message important à
   tous les travailleurs et les travailleuses au sujet des régions et
   des secteurs où trouver de meilleurs emplois.

 - Le fait que la valeur réelle du salaire horaire moyen a augmenté
   de 1,4 % depuis l'année dernière (augmentation de 3,8 % moins
   l'inflation de 2,4 %) cadre avec la forte augmentation de la
   productivité et constitue une bonne nouvelle pour les familles
   travailleuses.

 - Il importe de souligner les avantages qu'un bas taux de chômage
   présente pour les familles travailleuses. Cela a un énorme effet
   sur la pauvreté car des gens passent du chômage et du sous-emploi
   à de meilleurs emplois et cela accroît l'égalité quand les
   salaires augmentent dans les emplois à bas salaire, la plupart
   desquels sont occupés par des jeunes, des femmes et de nouveaux
   immigrants ou immigrantes.

 - Nous devons par ailleurs nous rappeler les risques que nous
   courrons. Notre secteur manufacturier continue d'éliminer des
   emplois à cause de la valeur élevée du dollar, et l'activité
   économique ralentit aux Etats-Unis.

 - Entre temps, les statistiques sont nettement une bonne nouvelle
   pour les travailleurs et les travailleuses du Canada. Un nombre
   record d'emplois (151 000) a été créé le mois dernier et le taux
   de chômage national est passé de 6,4 % à 6,1 %. Ce qui importe
   encore davantage, c'est que les emplois créés ont été
   principalement des emplois à plein temps plutôt que des emplois à
   temps partiel et autonomes. Le taux de chômage des jeunes a
   diminué de façon très marquée, passant de 11,5 % à 11,1 %.

Le Congrès du travail du Canada, voix nationale du mouvement syndical, représente 3 millions de travailleuses et travailleurs canadiens. Le CTC réunit les syndicats nationaux et internationaux du Canada, les fédérations provinciales et territoriales du travail et 135 conseils du travail régionaux.




Communiqué envoyé le 9 juin 2006 à 11:20 et diffusé par :