Le Lézard

Le projet de loi sur la place du privé dans le système de santé ouvre une brèche



MONTRÉAL, le 8 juin /CNW/ -- MONTRÉAL, le 8 juin /CNW Telbec/ - À la veille de la fin du sursis accordé par la Cour suprême dans l'affaire Chaoulli, la CSN constate que le ministre de la Santé et des services sociaux, Philippe Couillard, a l'intention de faire adopter un projet de loi qui sera, ni plus ni moins, la copie conforme de son livre blanc intitulé : Garantir l'accès : un défi d'équité, d'efficience et de qualité.

Devant la commission parlementaire qui a étudié ce livre blanc, la CSN s'est opposée à la levée de l'interdiction de l'assurance-maladie privée duplicative parce que cette décision ne répond pas aux problèmes d'accès qui ne se limitent pas qu'à trois chirurgies (hanche, genou, cataractes). La Confédération de syndicats nationaux estimait alors qu'il fallait trouver d'autres solutions satisfaisantes, quitte à recourir à la clause dérogatoire en attendant la mise en place de ces solutions.

"Nous constatons que le ministre a décidé d'aller de l'avant même si le remède ne guérit pas le malade", de déplorer la vice-présidente de la CSN, Denise Boucher. "Nous avions pourtant proposé toute une série de pistes de solutions comme la révision du mode de rémunération à l'acte des médecins, une meilleure gestion des listes d'attente par établissement et par région, une utilisation optimale des équipements et plateaux techniques des hôpitaux et des ressources médicales ainsi que la levée des quotas de pratique des médecins lorsqu'ils réduisent le nombre de traitements disponibles pour des personnes en attente."

"Le seul engagement que prend le ministre semble celui d'être transparent en soumettant au débat public tout élargissement de la place du privée à l'intérieur du système public. C'est loin d'être suffisant pour nous rassurer", de poursuivre Madame Boucher.

Pour des cliniques spécialisées affiliées publiques

Le ministre semble également avoir fait son lit et opte pour des cliniques spécialisées affiliées privées. La CSN s'oppose à une présence accrue du privé dans les soins spécialisés. "En dépit d'une profession de foi en faveur d'un système public fort, le ministre ouvre une brèche et fait le choix d'un système dans lequel le secteur privé aura sa place aux frais de l'État. Pourquoi favoriser la création de cliniques privées affiliées plutôt que de miser sur les établissements et les centres ambulatoires publics ?".

"Le réseau public a pourtant démontré qu'il est capable de réduire l'attente en cardiologie tertiaire et en radio oncologie. La région de Montréal a augmenté l'offre publique pour les remplacements de hanche et de genou et pour les cataractes. Il faut persévérer dans cette voie", estime la vice-présidente de la CSN.

"Nous jugerons du projet de loi, plus en détail, lorsqu'il sera déposé la semaine prochaine, mais d'ores et déjà, nous pouvons affirmer que le ministre n'a pas écouté toutes les suggestions qui lui ont été faites lors de la commission parlementaire qui s'est terminée hier."

Le réseau a besoin d'argent

Pour la CSN, l'injection d'argent neuf dans le système public de santé et de services sociaux est une condition essentielle afin que celui-ci puisse répondre adéquatement aux problèmes d'accès soulevés par le jugement Chaoulli. "À cet égard, les négociations qui sont entreprises pour régler le déséquilibre fiscal entre Ottawa et les provinces sont capitales. Le règlement devra faire une place importante au financement des soins de santé et de services sociaux.

La Confédération des syndicats nationaux compte plus de 300 000 membres. Fondée en 1921, la CSN représente des travailleuses et des travailleurs de tous les types de milieux de travail, tant dans le secteur privé que dans le secteur public.


Communiqué envoyé le 8 juin 2006 à 15:10 et diffusé par :