Le Lézard

Lallemand utilise des briseurs de grève



MONTRÉAL, le 8 juin /CNW/ -- MONTRÉAL, le 8 juin /CNW Telbec/ - La Commission des relations de travail a reconnu, le 1er juin, que le producteur de levure Lallemand a fait appel à deux travailleurs de remplacement pour effectuer le travail des salarié-es que l'entreprise a jetés sur le pavé.

Cette décision confirme les craintes du syndicat représentant les employé-es, qui croit que Lallemand utilise d'autres briseurs de grève. Le syndicat continue de colliger des preuves à cet effet, qu'il communiquera aux inspecteurs en temps opportun. Le recours à des briseurs de grève est strictement défendu par le Code du travail. Les pratiques illégales de Lallemand risquent de prolonger indûment un conflit de travail douloureux pour les 61 travailleurs et travailleuses en lock-out et leurs familles.

"Depuis le début de cette négociation, Lallemand se moque de ses employé- es. La compagnie se moque également de la population en alimentant le marché québécois avec la production de ses usines américaines. Voilà qu'on a maintenant la preuve qu'elle se moque de nos lois aussi ! Ça n'a pas de bon sens. Tout ça, pourquoi ? Pour briser le syndicat, pour pouvoir à sa guise mettre des honnêtes gens à pied, sous-traiter les emplois, diminuer les conditions de travail, dénonce le président du Conseil central du Montréal métropolitain, Arthur Sandborn. Mais toute la CSN est derrière les travailleuses et les travailleurs de Lallemand. Les man?uvres d'intimidation ne marcheront pas. La seule issue, c'est celle de la négociation", prévient-t- il.

Un règlement négocié toujours possible

En présence d'un conciliateur, le syndicat a posé des gestes significatifs pour permettre un rapprochement entre les parties. "La balle est dans le camp de l'employeur. Nous attendons toujours un geste équivalent de sa part", estime le président du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de Lallemand-CSN, Jean-Sébastien Raymond.

Par ailleurs, il déplore le manque de respect de Jean Chagnon à l'égard de ses employé-es. "Nous avons mis l'épaule à la roue, lorsque l'entreprise traversait une passe difficile. Nous avons toujours fait preuve d'ouverture pour trouver un terrain d'entente. Mais aujourd'hui, il choisit de lever le nez sur nous, il sort l'artillerie lourde pour briser notre solidarité, pour nous imposer des reculs inacceptables. C'est vraiment dommage qu'on en soit là, mais, en même temps, je tiens à lui dire que nous nous tenons encore solidement et fièrement ensemble. Le moral est très bon. Nous allons rentrer au travail avec une entente satisfaisante et la tête haute. Nous ne laisserons pas tomber les plus vulnérables d'entre nous", clame-t-il.

En lock-out depuis le 14 février 2006, le Syndicat des travailleuses et des travailleurs de Lallemand, affilié à la CSN, fait face à des demandes de concessions majeures sans contre-partie. L'employeur veut confier à un sous-traitant une partie des tâches, modifier à volonté les horaires de travail et réduire les congés de maladie.

La Confédération des syndicats nationaux compte 300 000 membres oeuvrant dans tous les secteurs d'activité.


Communiqué envoyé le 8 juin 2006 à 11:51 et diffusé par :