Le Lézard

Centre de la petite enfance L'ensoleillé de Sherbrooke - Le SIPEE, affilié à la FIPEQ-CSQ, réclame la mise en tutelle



SHERBROOKE, le 8 juin /CNW/ -- SHERBROOKE, le 8 juin /CNW Telbec/ - Le Syndicat des intervenantes en petite enfance de l'Estrie (SIPEE), affilié à la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ) et à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) demande à la ministre de la Famille, des Aînés et de la Condition féminine, Mme Carole Théberge, d'ordonner la mise en tutelle du Centre de la petite enfance L'ensoleillé de Sherbrooke.

Accompagnée de la présidente de la FIPEQ, Mme Sylvie Tonnelier et de la vice-présidente de la CSQ, Mme Louise Chabot, la présidente du SIPEE, Mme Nancy Drouin, a dévoilé ce matin en conférence de presse une lettre qui a été envoyée à la ministre Mme Carole Théberge, le 6 juin, réclamant la désignation d'un administrateur provisoire au Centre de la petite enfance L'ensoleillé de Sherbrooke.

La présidente du SIPEE soutient que la mise en tutelle du CPE L'ensoleillé est devenue nécessaire et urgente étant donné que depuis plusieurs années, "il existe au sein de l'administration du CPE L'ensoleillé une attitude de laisser-aller et une absence totale de rigueur dans les décisions du Conseil d'administration".

Une situation financière qui se dégrade

Mme Nancy Drouin affirme que la situation financière de ce CPE ne fait que s'aggraver dangereusement, année après année, alors que les administrateurs et gestionnaires actuels semblent incapables de redresser la situation.

"Depuis maintenant quatre années financières, le CPE L'ensoleillé présente des états financiers annuels déficitaires en progression et aucune action réelle ne fut apportée afin de corriger la situation. Pire encore, le déficit 2003-2004 a progressé de 500 % par rapport à celui de 2002-2003, en 2004-2005 de 250 % sur celui de 2003-2004 tandis que le déficit d'opération 2005-2006 a progressé d'un peu moins de 150 % par rapport à l'année précédente. Aujourd'hui, après quatre années d'opération, le déficit a progressé de 1800 % pour totaliser un déficit accumulé de l'ordre de    258,098 $", explique la présidente du SIPEE.

Des comportements malheureux du Conseil d'administration

Mme Drouin précise que les avances de fonds, consenties par le ministère au cours des quatre dernières années pour maintenir un certain équilibre fort précaire, n'ont pas suffi pour redresser la situation au CPE L'ensoleillé. D'autres actions auraient dû être posées pour aider le conseil d'administration dans sa gestion.

"Alors que nous étions en droit de nous attendre à des prévisions budgétaires ciblant le déficit accumulé et à une approche rigoureuse dans l'administration des postes budgétaires ayant des dépenses excédentaires aux prévisions de dépenses, nous avons plutôt assisté, en mars dernier, à un renouvellement de convention collective sans signaux sérieux à l'égard de l'impasse financière dans laquelle était plongé le CPE L'ensoleillé", rappelle Mme Drouin.

La présidente du SIPEE insiste pour mentionner que le CPE L'ensoleillé est une corporation financée à même les fonds publics et, par conséquent, le Conseil d'administration a l'obligation de rendre compte de sa gestion. "Les comportements malheureux du Conseil d'administration, l'absence de transparence de ce dernier et les stratégies utilisées par le gestionnaire principal ont laissé beaucoup d'amertume parmi les salariées que nous représentons", affirme catégoriquement Mme Drouin.

Le syndicat prêt à participer au redressement

Pour sa part, la présidente de la FIPEQ, Mme Sylvie Tonnelier, soutient que la partie syndicale est prête à participer au redressement du CPE L'ensoleillé. Le SIPEE a d'ailleurs élaboré un plan de redressement qui s'inspire des expériences vécues dans plusieurs autres CPE qui vivent également des difficultés financières. "Nous voulons travailler dans le sens de rétablir l'équilibre budgétaire du CPE L'ensoleillé et à bâtir ensemble un avenir viable inspiré par des principes de compétence et de rigueur, et cela, dans un climat de confiance, de respect et de transparence", précise Mme Tonnelier.

Toutefois, il y a une condition incontournable à la mobilisation des salariées. "Nous croyons fermement qu'il est essentiel, voire incontournable, que tout plan de redressement soit dirigé et appliqué par une administration provisoire afin de garantir l'atteinte des résultats face à la sollicitation et la participation des membres que nous représentons", rapporte la présidente de la FIPEQ.

Les points à tenir compte

De son côté, la vice-présidente de la CSQ, Mme Louise Chabot, précise qu'il est fondamentale, malgré les difficultés financières que rencontre le CPE L'ensoleillé, que tout plan de redressement prenne en compte la qualité des services que doit assurer cette installation, notamment auprès des enfants qui présentent des besoins particuliers ou qui vivent dans des contextes de précarité socio-économique.

"Le défi budgétaire que rencontre le CPE L'ensoleillé consiste donc à tenter de combler l'écart entre les besoins de la communauté et les services disponibles en tenant compte des règles de financement du ministère de la Famille, des Aînés et de la Condition féminine (MFACF). Cet objectif, qui est déjà considérable en soi, est encore plus difficilement atteignable à cause de l'état désastreux des finances laissé par le Conseil d'administration", croit Mme Chabot.

Profil de la FIPEQ-CSQ

La Centrale des syndicats du Québec représente environ 180 000 membres, dont plus de 1000 intervenantes en milieu familial et près de 1400 travailleuses (éducatrices, cuisinières, secrétaires-comptables) réparties dans 53 CPE. Celles-ci sont regroupées au sein de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ).


Communiqué envoyé le 8 juin 2006 à 11:00 et diffusé par :