Le Lézard

/R E P R I S E/ - Affaire Gallardo/Cagadoc : la CSMB prend la voie de la médiation



MONTRÉAL, le 7 juin /CNW/ -- MONTRÉAL, le 7 juin /CNW Telbec/ - Misant à nouveau sur l'instauration d'un dialogue, la CSMB répond à l'invitation de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec de tenter la voie de la médiation avant de formaliser le traitement de la plainte déposée par le Centre de recherche-action sur les relations raciales - CRARR, au nom de Maria Gallardo, mère du jeune Luc Cagadoc.

Retour sur les faits

La CSMB rappelle une fois de plus que l'intervention menée auprès du jeune Luc Cagadoc, le 12 avril dernier, à l'école primaire Lalande, à l'heure du repas du midi, était strictement éducative. Elle ne visait en rien les pratiques culturelles philippines. Elle était uniquement et précisément liée à la façon dont Luc Cagadoc ingérait son repas, ce jour-là, et d'aucune façon à la méthode et aux ustensiles utilisés. À preuve, l'enfant utilisait, toujours ce jour-là, les mêmes méthodes et ustensiles que celles et ceux utilisés depuis son arrivée à l'école Lalande de Roxboro, il y a trois ans.

"En dépit des propos et intentions largement répétés et imputés, il n'y a jamais eu, dans cette intervention éducative, quelque intention raciste ou discriminatoire qu'il soit", assure la présidente de la CSMB, Diane Lamarche-Venne, qui ajoute que la Commission scolaire "réitère son plein appui à la direction et au personnel de l'école, directement interpellés et blessés par les propos et intentions prêtés."

Pour la CSMB, cette affaire relève avant tout d'un malentendu que seul un dialogue ouvert aurait pu faire dévier vers autre chose qu'un imbroglio à saveurs interculturelle, médiatique et mondiale. Privilégiant dès le départ le dialogue, la Commission scolaire s'est toutefois rapidement butée au refus de la mère de rencontrer les divers intervenants au dossier. À quelques heures d'avis, Mme Gallardo s'est notamment retirée d'une rencontre, en présence d'une représentante de la Direction générale de la CSMB, prévue le 27 avril. Elle n'a de plus pas donné suite à une correspondance l'invitant à fixer une nouvelle rencontre.

Une expertise interculturelle établie

Historiquement, la CSMB fait par ailleurs figure d'une commission scolaire disposant d'une expertise établie en matière de relations interculturelles. Certaines des six commissions scolaires dont le regroupement a conduit à la création de la CSMB vivaient depuis deux décennies et plus au coeur de dynamiques multiculturelles. La mise en place de la CSMB, en 1998, a été suivie par le développement et l'adoption d'une politique d'intégration scolaire des élèves non francophones, d'éducation interculturelle et d'éducation à la citoyenneté, dès 1999, et d'une politique culturelle (abordant la culture dans son sens le plus large, dont le "vivre-ensemble et le respect des différences"), en 2003. Ces gestes institutionnels visaient tant à préserver les acquis du passé qu'à assumer un leadership ancré dans le présent.

À l'heure présente, la CSMB dessert 45 000 élèves provenant de 197 pays d'origine. De plus, 50 p. cent des mères de ses élèves du primaire et du secondaire sont nées hors du Canada (dont 2% aux Philippines). Cette impressionnante mosaïque s'exprime quotidiennement, au sein de 88 établissements. Elle témoigne d'elle-même de l'aptitude des milieux et de la Commission scolaire à favoriser et promouvoir la cohabitation harmonieuse et enrichissante.

Fédération des associations canado-philippines du Québec

La CSMB avait par ailleurs récemment répondu à une invitation de la Fédération des associations canado-philippines du Québec d'établir un dialogue. Trois rencontres ont eu lieu : le 15 mai, le 20 mai et le 7 juin. Au sortir de la rencontre de ce jour, la CSMB annonce qu'elle propose aux représentants de la Fédération de procéder formellement à l'acheminement de leurs recommandations qui seront, sur réception, à ce titre, prises en considération.

Lors des deux premières rencontres, la CSMB a de bonne foi expliqué, à maintes reprises, le geste posé auprès du jeune Luc Cagadoc, de même que son intention éducative. En contrepartie, les demandes formulées par la Fédération des associations canado-philippines du Québec n'ont fait que croître, passant de quatre à neuf. La CSMB estime que ces demandes trouvent essentiellement déjà leur écho dans les politiques et cadres de gestion existants et en application à la Commission scolaire.

Cela dit, la CSMB demeure peinée de la tournure et de l'ampleur qu'a prise l'intervention éducative en cause et assure, tant ses élèves, leurs parents et l'ensemble des citoyens, dont les membres de la communauté philippine, de son plein respect des cultures, pratiques, us et coutumes de chacun.


Communiqué envoyé le 8 juin 2006 à 06:00 et diffusé par :