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La pauvreté des enfants au Québec a des impacts évidents sur leur santé : 41 % plus d'hospitalisation chez les enfants pauvres



MONTREAL, le 7 juin /CNW/ -- MONTREAL, le 7 juin /CNW Telbec/ - Le Centre de recherche Léa-Roback sur les inégalités sociales de santé, conjointement avec l'Observatoire montréalais des inégalités sociales et de la santé, a tenu aujourd'hui un colloque intitulé ENFANTS, PAUVRETE ET SANTE à la Direction de santé publique de Montréal.

Des chercheurs conférenciers au colloque ont présenté des résultats de recherche frappants. Les chiffres montrent que les conséquences de la pauvreté sur la santé des enfants sont très importantes : les enfants de moins de cinq ans qui vivent dans la pauvreté depuis leur naissance courent 41 % plus de risques d'être hospitalisés, 47 % plus de risques de souffrir d'asthme, 42 % plus de risques d'avoir de l'embonpoint, 23 % plus de risques d'avoir un trouble d'hyperactivité ou d'inattention et 112 % plus de risques d'avoir des caries, entre autres problèmes de santé. Le facteur pauvreté agit au-delà de certains autres facteurs. Par exemple, la pauvreté augmente la fréquence des naissances avec un petit poids et naître avec un petit poids accroît, une fois adulte, les risques de maladies cardio-vasculaires, peu importe les habitudes de vie et peu importe le statut socio-économique atteint à l'âge adulte. L'impact de la pauvreté dépasse aussi le facteur de la scolarité de la mère, c'est-à-dire que même quand la mère a une formation universitaire, si elle est pauvre, son enfant a plus de risques d'être malade que les autres enfants.

Ces conséquences claires de la pauvreté sur la santé constituent une réalité sociale à laquelle il faudrait s'attaquer : au Québec, beaucoup d'enfants sont pauvres à la naissance : 25 %, selon l'Etude longitudinale du développement des enfants du Québec. En fait, les enfants seraient le groupe d'âge où l'on retrouve le plus de pauvreté, en particulier chez les jeunes enfants.

"La pauvreté est vécue par l'enfant comme par les parents. Le stress vécu par l'enfant se reflète par un taux de cortisol élevé, qui affecte son système immunitaire, son fonctionnement physiologique, son cerveau et ses capacités de développement", selon le docteur Louise Séguin, chercheure au Centre de recherche Léa-Roback et professeur de médecine sociale et préventive à l'Université de Montréal. Elle explique : "le stress engendré par la pauvreté pourrait être un élément médiateur entre la pauvreté et la santé".

Devant ce problème social et de santé criant, comment agir pour prévenir ? "La pauvreté des enfants peut être réduite par des politiques fiscales et des transferts sociaux orientés vers les familles avec enfants. La réussite des pays scandinaves est, à cet égard, exemplaire : la pauvreté infantile y est de 2 à 5 % seulement, après impôt et transferts. En France, ce même pourcentage est de 7 %", affirme le Dr Séguin (pour des tableaux comparatifs de la pauvreté et des transfert sociaux dans divers pays, voir les tableaux à l'adresse http://www.omiss.ca).

Madame Ginette Paquet, également conférencière au Colloque Enfants, pauvreté et santé, abonde dans le même sens : les transferts sociaux font une différence notable. D'autres mesures peuvent atténuer les inégalités sociales de santé entre les enfants, selon les résultats présentés : favoriser la fréquentation d'une garderie, l'allaitement maternel et le soutien émotif ou instrumental des grands-parents, notamment. Enfin, Madame Paquet a rappelé que selon le bilan du Centre de recherche Innocenti de l'UNICEF de 2005 sur la pauvreté des enfants dans les pays riches, "le fait de protéger les enfants des principaux écueils de la pauvreté durant leurs années de croissance et de formation est le signe d'une société civilisée et permet d'affronter certains des problèmes flagrants qui affectent la qualité de vie dans le pays économiquement développés". Il reste à savoir comment le Québec souhaite à son tour être une société civilisée et atténuer les inégalités sociales chez ses enfants.

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Communiqué envoyé le 7 juin 2006 à 16:43 et diffusé par :