Le Lézard

Traité no. 9 de 1906 : Une commémoration dénoncée par le Chef de la Nation Abitibiwinni



PIKOGAN, QC, le 7 juin /CNW/ -- PIKOGAN, QC, le 7 juin /CNW Telbec/ - C'est aujourd'hui qu'a lieu dans la municipalité de Gallichan une cérémonie commémorative relativement à la signature du Traité no.9 de 1906 entre le gouvernement fédéral et les Premières Nations du lac Abitibi de l'Ontario et du Québec. Le Chef de la Nation Abitibiwinni Harry McDougall y voit pour sa part, une occasion pour dénoncer un traité qui a aliéné son peuple de son "droit inhérent à l'autodétermination."

"Peut-on véritablement croire qu'après seulement quelques heures de discussions entre une poignée de personnes qui ne parlaient même pas la même langue, avec comme interprète un commis de comptoir (de traite) dont personne ne peut certifier s'il maîtrisait bien les langues parlées(...) tout un peuple avait compris qu'en apposant un "X" sur un bout de papier il en était fini de notre façon de vivre de nos coutumes, et ce, pour l'éternité", de dénoncer vigoureusement le Chef McDougall, s'appuyant sur une étude anthropologique exhaustive réalisée par l'anthropologue Jacques Frenette Ph.D.

C'est principalement sur le non respect des coutumes et traditions des Premières Nations du lac Abitibi de l'Ontario et plus spécifiquement du Québec, qui amène le Chef Harry McDougall à s'interroger sur les véritables intentions du gouvernement fédéral de l'époque.

"(...) on fait signer ce document et on réalise par la suite que peut- être que les personnes qui ont signé n'ont aucune autorité. Le lendemain après la signature, on s'arrange pour que les signataires soient nommés représentants officiels par la communauté", précise le chef de la Nation Abitibiwinni. Harry McDougall est d'avis que le gouvernement fédéral n'a pas agi de bonne foi lors des négociations entourant la signature du Traité no. 9, qui existe depuis 100 ans.

Le Chef Abitibiwinni demande au gouvernement fédéral que les injustices commises par la Couronne fédérale lors de la signature de l'entente du 22 juin 1908 soient réparées. Egalement, les Nations Abitibiwinni et Wahgoshig revendiquent conjointement des territoires et des indemnités rétroactives depuis juin 1906.

Il demande également que le gouvernement fédéral écoute leurs revendications et accepte de négocier de bonne foi. "C'est cela un traité entre deux nations", conclut-il.

Le Conseil de la Première Nation Abitibiwinni représente les membres de la communauté de Pikogan, situé à 5 kilomètres au nord de la ville d'Amos, Québec.


Communiqué envoyé le 7 juin 2006 à 14:00 et diffusé par :