Le Lézard

Gratuité des médicaments pour les personnes gagnant moins de 12 000 $ par année - "Nous pouvons maintenant juger l'arbre à ses fruits"



MONTRÉAL, le 6 juin /CNW/ -- MONTRÉAL, le 6 juin /CNW Telbec/ - L'Ordre professionnel des travailleurs sociaux du Québec est déçu de la décision du gouvernement de ne pas accorder la gratuité des médicaments aux personnes dont le revenu annuel est de       12 000 $ ou moins, comme il s'y était pourtant engagé.

Pour le président de l'Ordre, Claude Leblond, cette décision est lourde de sens : "La semaine dernière, alors que nous participions au débat autour du document de consultation Garantir l'accès, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, rejetait nos allégations à l'effet que les principes d'équité et de justice sociale sont beaucoup plus présents dans le dire que dans l'agir du gouvernement. Après avoir pris acte des doléances du ministre, nous avons décidé de laisser la chance au coureur, nous inspirant ainsi du dicton voulant que l'on puisse juger un arbre à ses fruits. Quelques jours plus tard, le gouvernement rejetait la demande du Collectif pour un Québec sans pauvreté concernant le rétablissement de la gratuité des médicaments pour les personnes dont le revenu annuel est de 12 000 $ ou moins. Maintenant que nous avons vu le fruit...".

L'OPTSQ rappelle que les personnes dont le revenu annuel est de 12 000 $ et moins (incluant l'ensemble des personnes à l'aide sociale jugées sans contrainte sévère à l'emploi et dont le revenu est souvent deux fois moindre) vivent sous le seuil de la pauvreté et doivent, bien souvent, faire des choix déchirants quand vient le temps d'acheter des médicaments pourtant prescrits par un médecin. "Les travailleurs sociaux sont souvent témoins de situations où, par exemple, des parents atteints de problèmes de santé mentale font le choix de ne pas prendre leurs médicaments afin de nourrir leurs enfants, ce qui vient fragiliser davantage le fonctionnement de la cellule familiale. Comment le gouvernement peut-il à la fois défendre son adhésion à des principes comme l'équité et la justice sociale et refuser de corriger une telle situation?", s'interroge M. Leblond, qui joint sa voix à celle des porte-parole du Collectif pour demander au gouvernement de reconsidérer sa décision.

L'Ordre professionnel des travailleurs sociaux du Québec est membre du Collectif pour un Québec sans pauvreté et croit que toutes les Québécoises et tous les Québécois ont un droit inaliénable à des conditions de vie décentes.


Communiqué envoyé le 6 juin 2006 à 13:06 et diffusé par :