Le Lézard

Étude des crédits 2006-2007 en tourisme - "Encore une fois, l'argent n'est pas au rendez-vous" - Agnès Maltais



QUÉBEC, le 11 mai /CNW/ -- QUÉBEC, le 11 mai /CNW Telbec/ - À l'occasion de l'étude des crédits budgétaires 2006-2007 qui se déroulait hier, la députée de Taschereau et porte-parole de l'opposition officielle en matière de tourisme, Agnès Maltais, a déploré le fait qu'une fois de plus, le gouvernement Charest annonce des sommes d'argent qui ne sont pas au rendez-vous.

"Il est faux de prétendre, comme l'a fait la ministre du Tourisme et le ministre des Finances lors du dernier budget, qu'il y a des sommes additionnelles pour soutenir l'industrie touristique. Au contraire, nous avons été en mesure de démontrer qu'il ne s'agit pas d'argent neuf et qu'il y a eu une diminution des sommes investies en tourisme au cours des dernières années", a soutenu la porte-parole.

Fausse annonce dans le discours du budget

En effet, lors du discours du budget, le ministre des Finances annonçait en grande pompe 15 M$ d'argent additionnel pour le tourisme. Dans les faits, il s'agit plutôt de sommes transférées à toutes les années depuis la provision pour les communications gouvernementales du Conseil exécutif. "On parle ici de 12,5 M$ qui seront transférés au fonds de partenariat touristique alors qu'en 2005-2006, ce montant s'élevait à 16,1 M$, à 17,3 M$ en 2004-2005 et à 18,6 M$ en 2003-2004. Depuis trois ans, il y a donc eu une diminution de 6 M$. Au lieu d'applaudir à tout rompre le ministre Audet lors de la lecture du budget, la ministre Gauthier aurait dû protester parce que son ministère venait de subir une coupure!", a expliqué Mme Maltais.

Quant au montant de 3 M$ d'argent additionnel que la ministre du Tourisme prétend également avoir obtenu, il faut préciser qu'il s'agit d'une somme non récurrente, puisqu'elle est prévue à même le fonds de suppléance. "À l'heure actuelle, la ministre n'a pas la garantie d'obtenir ce montant. De plus, doit-on rappeler qu'en 2004-2005, le ministère du Tourisme a subi une coupure équivalente au même montant. Verra-t-on se reproduire la manière de faire de sa prédécesseur qui, en 2004, avait annoncé 3,24 M$ d'argent neuf qui ne sont jamais venus?", s'est interrogée la porte-parole.

Dépenses de promotion en décroissance

Par ailleurs, l'étude des crédits a permis de faire ressortir les importantes diminutions des budgets consacrés à la promotion depuis 2003. "En tourisme, le marketing et la promotion sont des éléments incontournables. Alors qu'en 2002 nous investissions 29,6 M$, nous pouvons lire dans le rapport annuel du ministère que ce montant est passé de 14,6 M$ en 2004 à 12,9 M$ pour 2005. Ces coupures subies au fil des ans sont grandement inquiétantes. La ministre Gauthier doit rectifier le tir et consacrer plus d'énergie et de moyens au marketing promotionnel. Il en va de la pérennité de l'industrie", a déclaré la députée.

5 M$ qui ont dormi au ministère

La députée de Taschereau a également tenu à dénoncer le laxisme de la ministre Gauthier qui vient tout juste d'annoncer l'utilisation qu'elle fera du montant de 5 M$ qui a été annoncé il y a plus d'un an, lors du budget   2005-2006. "Alors que les besoins sont criants pour l'industrie touristique dans les régions du Québec, alors que le gouvernement Charest sabre dans les sommes consenties à la promotion et au développement de l'offre, voilà que la ministre Gauthier a laissé dormir une somme de 5 M$ pendant plus d'un an. C'est inadmissible", s'est insurgée Mme Maltais.

Fin des ententes spécifiques en région

La porte-parole a déploré la décision de la ministre de mettre fin aux ententes spécifiques en tourisme mises sur pied en 2001 et qui permettaient aux intervenants régionaux de gérer plus de 21 M$ et d'adapter leurs actions aux spécificités régionales. "Il s'agissait d'une mesure décentralisée qui a connu un effet de levier extraordinaire. Les chiffres fournis par le ministère démontrent éloquemment que chaque dollar investi a permis de lever 6$ additionnels. Comment la ministre peut-elle mettre fin à ces ententes alors que son gouvernement se targue de faire de la décentralisation une priorité? Je m'explique mal l'entêtement de la ministre à opposer une fin de non-recevoir aux partenaires et élus municipaux qui lui ont demandé de revoir sa décision", a poursuivi la députée de Taschereau.

Ports méthaniers et parcs éoliens

Par ailleurs, la ministre du Tourisme a affirmé ne pas avoir fait faire d'étude d'impact concernant la présence de ports méthaniers dans le fleuve Saint-Laurent ainsi que le développement de l'énergie éolienne. Les régions touristiques soulèvent certaines préoccupations quant à l'impact visuel négatif que pourraient avoir les parcs d'éoliennes. "La ministre a affirmé vouloir accentuer le développement de l'industrie de la croisière. Or, il est clair qu'il y aura des conséquences si on implante des ports méthaniers au Québec. J'ose espérer que la ministre, qui a tout de même manifesté une certaine ouverture, sollicitera de telles études", a conclu Mme Maltais.

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Communiqué envoyé le 11 mai 2006 à 14:40 et diffusé par :