Le Lézard

Si, pour le gouvernement, la qualité est négociable, elle ne l'est pas pour l'Association des garderies privées du Québec



MONTRÉAL, le 5 juin /CNW/ -- MONTRÉAL, le 5 juin /CNW Telbec/ - L'Association des garderies privées du Québec (AGPQ) est tout à fait en accord avec le souci d'accessibilité et d'équité qui anime la décision du gouvernement Charest d'éliminer la surtarification pratiquée par certains services de garde, tant publics que privés, au Québec. L'AGPQ s'inquiète cependant des effets non-désirés résultant de l'application des nouveaux règlements annoncés par le ministère de la Famille, des Aînés et de la Condition féminine sur la qualité des services éducatifs à l'enfance, la flexibilité de l'offre de services ainsi que le droit des parents de choisir le type de service de garde et la nature de même que l'étendue des services éducatifs, culturels et sportifs qu'ils jugent, avec raison, indispensables au bien-être et au développement harmonieux de leurs enfants.

Le maintien de l'engagement qualité

La qualité des services de garde éducatifs offerts par un service de garde repose sur la qualification de son personnel éducateur, le programme éducatif et les lieux où sont dispensés les services. Dès sa nomination à titre de ministre de la Famille, des Aînés et de la Condition féminine, madame Carole Théberge avait pris l'engagement d'assurer que tous les enfants du Québec aient accès à la même qualité de services quel que soit le type de service de garde choisi par les parents. Des mesures telles que le rehaussement du ratio des éducateurs et éducatrices qualifiées à deux sur trois dans les garderies privées et la réduction de l'écart de financement entre les CPE et les garderies privées conventionnées témoignent de l'engagement qualité pris par la ministre envers les plus de 200 000 enfants fréquentant le réseau des services de garde du Québec et, surtout, de sa volonté de rendre le système actuel plus équitable envers les 36 500 enfants fréquentant le réseau privé.

Or, les projets de règlements annoncés par la ministre viennent compromettre sérieusement l'atteinte de ces objectifs, auxquels souscrit pourtant l'AGPQ. En effet, est-il légitime ou même réaliste de s'attendre à ce que les garderies privées puissent poursuivre leurs efforts pour accroître leur ratio d'éducateurs et éducatrices qualifiés, tout en les privant du même coup des moyens et ressources de le faire? D'une part, les nouveaux règlements imposent un délai supplémentaire pour atteindre le ratio de 2/3 de personnel qualifié, ce délai passant de 3 ans à 5 ans; ce qui signifie en bout de ligne une réduction marquée du financement dédié à la qualification du personnel au sein du réseau des garderies privées. D'autre part, ces mêmes règlements viennent interdire, sans distinction, toute tarification supplémentaire permettant de compenser l'écart de financement existant entre les CPE et les garderies privées, qui se situe actuellement à plus de 7,00 $ par jour, et donc d'offrir des services éducatifs de qualité équivalente aux CPE. Le gouvernement choisit de niveler par le bas en imposant aux parents volontaires le refus de s'offrir des services plus élaborés.

"La situation nous inquiète grandement" affirme M. Sylvain Lévesque, président de l'AGPQ. "Si la plupart, sinon la majorité des garderies privées offrent des activités/programmes éducatifs, culturels et sportifs d'appoint dont peuvent se prévaloir sur une base volontaire les parents, c'est d'abord et avant tout afin de répondre aux besoins exprimés par les parents et maximiser les opportunités de développement personnel pour leurs enfants. Nos parents ont choisi nos garderies parce qu'elles correspondent à leurs préférences et exigences en matière de services, parce qu'ils apprécient la qualité de notre personnel et nos activités pour leurs enfants. Les nouveaux règlements ne nous permettront plus de répondre à leurs attentes," ajoute M. Lévesque.

Par conséquent, l'AGPQ juge important, au nom de la qualité et pour assurer l'universalité, de demander au gouvernement de revoir l'écart de financement entre les CPE et les garderies privées. Avec les mêmes règlements, le même niveau de qualification du personnel et une infrastructure comparable aux CPE, rien ne justifie un tel écart. Nous demandons également de respecter le libre-choix des parents et de maintenir et renforcer l'engagement qualité que nous avons pris conjointement pour le bénéfice de tous les enfants du Québec.

L'AGPQ tiendra une Assemblée générale extraordinaire de ses membres demain après-midi pour adopter une réponse concertée en regard de la mise en oeuvre de ces règlements. L'Assemblée sera suivie d'une conférence de presse à 16h30 à l'Hôtel Plaza Volare, situé à Ville Saint-Laurent.


Communiqué envoyé le 5 juin 2006 à 19:30 et diffusé par :