Le Lézard

SONACC : Privatisation des hippodromes



MONTREAL, QUEBEC--(CCNMatthews - 2 juin 2006) -
                                                 Stéphane Bibeau
       Chef de l'exploitation et vice-président exécutif, SONACC

Lors d'une récente rencontre spécifiquement convoquée à cette fin, le ministre des Finances, par le biais de son sous-ministre, a menacé la Société nationale du cheval de course (SONACC) de représailles allant jusqu'à la fermeture complète de l'industrie des courses si la SONACC ne signait pas la dernière version du projet de vente des actifs de l'industrie et ce, même si la SONACC n'avait pas encore reçu copie et pris connaissance de cette dernière version.

M. Michel Audet tente maintenant de faire croire au public que la SONACC bloque le processus de privatisation de ses activités afin de conserver ses prérogatives et de ne pas rembourser des dettes d'une valeur de 40 M$.

Au contraire, la SONACC ne se bat pas pour conserver ses prérogatives. Elle exige plutôt que tous ses droits résiduels, incluant ses droits de vendeur découlant de la vente à Attractions Hippiques, soient transférés à un conseil de l'industrie composé uniquement de gens de chevaux. Le Ministre s'y oppose et exige que tous ces droits résiduels ne puissent être cédés sauf en sa faveur.

Par ailleurs, la SONACC trouve étonnant que le ministre des Finances continue de confondre des dettes contractées auprès de la CIBC (10 M$) et de la BNC (15 M$) pour des sommes dues au ministère des Finances. Ces dettes, bien que cautionnées par le gouvernement, sont d'abord et avant tout garanties par les actifs de la SONACC dont la valeur marchande est d'au moins 75 M$. En effet, la seule créance que le ministère des Finances détient auprès de la SONACC, en est une de moins de 13 M$. Cette dette est par ailleurs remboursable selon les termes d'une entente contractuelle dûment signée mais que le ministère refuse de respecter.

La SONACC dénonce de plus le processus de négociation mis en place par le ministère après la signature de l'entente de principe. Les acteurs de ce processus entaché d'irrégularités importantes ont ignoré les intérêts des gens de chevaux et les demandes de la SONACC et ont travaillé à la préparation d'un projet de convention qui détourne une somme de 125 M$ de sa destination initiale : les bourses des hommes de chevaux. L'objectif du processus de privatisation, soit la pérennité des emplois, ne doit pas être troqué contre un objectif de rentabilité supplémentaire pour un unique investisseur. Tous approuvent un rendement sur l'investissement de Attractions Hippiques. Il devra cependant en rester pour les milliers de gens de chevaux qui ont aussi investi dans cette industrie par le biais d'immobilisations (fermes d'élevage et d'entraînement) dont la valeur dépasse 200 M$, soit au moins le double de ce que le Sénateur Massicotte s'apprête à investir.

La SONACC désire continuer à négocier avec le gouvernement et Attractions Hippiques. Il doit cependant être clair pour tous que l'objectif premier doit continuer d'être la pérennité de l'industrie des courses par le respect de l'entente de principe intervenue au mois de décembre dernier. La SONACC n'acceptera ni les menaces, non plus que les tentatives d'ingérence du ministre dans les décisions de son conseil d'administration. Cette pratique n'est pas plus acceptable chez nous qu'elle ne le serait à la SAQ, chez Loto-Québec ou chez quelqu'autre organisme créé par le gouvernement.




Communiqué envoyé le 2 juin 2006 à 18:30 et diffusé par :