Le Lézard

Dans le cas du cancer du poumon, une chimiothérapie post-opératoire prolonge la survie en général chez les patients âgés, selon une étude de la Société canadienne du cancer



TORONTO, le 2 juin /CNW/ -- TORONTO, le 2 juin /CNW/ - Les résultats récents d'un essai clinique mené en Amérique du Nord et financé par la Société canadienne du cancer ont révélé que les patients âgés atteints d'un cancer du poumon au stade précoce vivent plus longtemps s'ils sont soumis à une chimiothérapie après une intervention chirurgicale et ne souffrent pas plus d'effets indésirables au traitement que les jeunes patients. Les résultats de cette étude seront présentés au congrès annuel de l'American Society of Clinical Oncology qui se tiendra le 2 juin à Atlanta.

Plusieurs essais à vaste échelle récents ont démontré une action bénéfique importante dans le cas de combinaisons de chimiothérapies à base de platine administrées après une intervention chirurgicale à des patients atteints du cancer du poumon au stade précoce afin d'éliminer toute trace restante de la maladie. Cependant, la majorité des essais était menée chez des patients de moins de 65 ans et on ne savait pas si les patients de plus de 65 ans auraient profité des mêmes actions bénéfiques.

"Généralement, nous abordons le traitement avec plus de précaution dans le cas des personnes âgées parce qu'elles sont nombreuses à présenter d'autres problèmes médicaux qui peuvent compliquer le traitement", a déclaré l'auteur principal de l'étude, Dre Carmela Pepe, chercheure clinique au Princess Margaret Hospital de Toronto. "Nous espérons que ces résultats rassureront les médecins et les patients quant à la prolongation de la vie des patients âgés et à l'administration de la chimiothérapie sans crainte d'effets indésirables attribuables à l'âge."

Dre Barbara Whylie, chef de la direction de la Société canadienne du cancer, a déclaré : "Ces résultats sont importants parce qu'il se fait peu de recherche pour trouver le meilleur traitement contre le cancer du poumon chez les personnes âgées, bien que plus de la moitié des personnes touchées ait plus de 65 ans. Ces résultats permettent de combler un vide. Nous sommes fiers d'avoir soutenu ce projet."

Les chercheurs ont analysé les données d'un vaste essai, publiées pour la première fois en 2005, qui comparaient le traitement du cancer du poumon non à petites cellules par une chimiothérapie post-opératoire à base de cisplatine et de vinorelbine contre une observation (sans traitement post-opératoire). Les données provenaient de 327 patients de moins de 65 ans et de 155 patients de plus de 65 ans. L'équipe de recherche à constaté que le pourcentage des patients qui avaient survécu pendant cinq ans était considérablement supérieur dans le cas de la chimiothérapie que dans l'autre, et ce, dans les deux groupes d'âge : 69 % des patients du groupe traité étaient toujours en vie après cinq ans contre 54 % dans le groupe non traité.

Pour ce qui est des personnes âgées, la survie à cinq ans était de 66 % dans le groupe traité comparativement à 46 % dans le groupe non traité. Même si les taux de toxicité ne présentaient aucune disparité importante entre les groupes d'âge, les patients âgés participant à l'étude ont reçu beaucoup moins de doses que les patients plus jeunes et étaient moins susceptibles de terminer leur traitement.

"À la lumière de ces résultats, notre équipe de recherche recommanderait une chimiothérapie post-opératoire chez les patients de plus de 65 ans", a déclaré la Dre Pepe. Cependant, ils notent que l'action bénéfique de ce traitement chez les patients de plus de 75 ans requiert des études plus approfondies.

Le cancer du poumon, le plus évitable de tous les cancers, demeure la principale cause de décès par cancer au Canada tant chez les hommes que chez les femmes. En 2006, on estime que 22 700 nouveaux cas de cancer du poumon seront diagnostiqués et que 19 300 personnes en mourront. On estime également que 13 700 personnes qui recevront un diagnostic et 11 600 personnes qui en mourront seront âgées entre 60 et 79 ans.

L'essai clinique sur le cancer du poumon était coordonné par le Groupe des essais cliniques de l'Institut national du cancer du Canada, lequel est financé par la Société canadienne du cancer et établi à Queen's University, à Kingston, en Ontario. Grâce au financement de la Société, le Groupe d'essais cliniques a pris part à de nombreux essais novateurs qui ont permis de modifier les traitements ou d'améliorer la qualité de vie des patients cancéreux dans le monde.

La Société canadienne du cancer est un organisme bénévole national à caractère communautaire dont la mission est l'éradication du cancer et l'amélioration de la qualité de vie des personnes touchées par cette maladie. Elle est le plus important organisme de bienfaisance qui finance la recherche sur le cancer au Canada. Pour en savoir plus sur le cancer, veuillez consulter notre site Web à l'adresse www.cancer.ca ou appelez notre Service d'information sur le cancer, un service gratuit et bilingue, au 1 888 939-3333.


Communiqué envoyé le 2 juin 2006 à 15:00 et diffusé par :