Le Lézard

Deuxième rapport d'étape sur le plan de modernisation de l'État - Pas de culture de changement sans culture de participation



QUÉBEC, le 2 juin /CNW/ -- QUÉBEC, le 2 juin /CNW Telbec/ - La présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, dit souhaiter qu'une culture de changement s'installe en permanence au gouvernement du Québec ainsi que dans la fonction publique. Le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP), de son côté, espère plutôt voir instaurée une réelle culture de concertation et de participation, en lieu et place d'une gestion autoritaire. Le SISP ne s'oppose pas au changement, mais s'oppose au véritable enjeu de la modernisation libérale, c'est-à-dire la réduction de la taille de l'État, qui s'opère en douce, menaçant la qualité des services publics.

"Réduire la taille de l'État n'est pas un big bang", comme l'affirme la présidente du Conseil du trésor. "Notre expérience sur le terrain nous apprend que de telles réformes dévoileront leurs effets pervers à beaucoup plus long terme, témoigne Gaétan Girard, président général par intérim du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ). Déjà, par exemple, au Palais de justice de Hull, à la suite du non-remplacement des départs à la retraite au sein du personnel de soutien administratif, les autorités ne sont plus en mesure d'assurer la prestation des services prioritaires et essentiels à laquelle la population est en droit de s'attendre."

"Si le gouvernement prétend économiser pour en faire profiter les secteurs de la santé et de l'éducation, la réalité que l'on constate sur le terrain est loin de correspondre à cette prétention. Nous, ce que l'on voit, c'est une augmentation des laissés-pour-compte de la modernisation, de plus en plus en attente des services publics auxquels elles et ils ont droit", constate Réjean Parent, président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

"La satisfaction des citoyennes et des citoyens à l'égard des services publics est intimement liée à la présence d'expertes et d'experts en nombre suffisant pour les concevoir, les élaborer et les évaluer, tient à rappeler Carole Roberge, présidente du Syndicat des professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec. Les sondages ne remplaceront jamais une évaluation professionnelle de la qualité des services publics. Pire, ils pourraient servir de prétexte pour diminuer encore davantage une fonction publique que l'on aura rendue moins efficace dans le but de privatiser les services publics." Le SISP réclame un véritable débat de société sur l'avenir des services publics, plutôt qu'une succession d'opérations de relations publiques.

Partenariat public-privé

Par ailleurs, le SISP déplore que la plupart des nouveaux projets d'immobilisation gouvernementaux se dirigent vers des partenariats public-privé. Alors que le gouvernement Charest fait miroiter à la population l'avantage de se dégager du risque en le faisant assumer par des partenaires privés, il demeure toujours responsable dans un PPP et cela sur une longue période, voire 30 ans. Pour régler les nombreux problèmes qui vont assurément se poser tout au long de cette longue relation contractuelle, les partenaires devront absolument recourir aux services d'avocats, ce qui entraînera des coûts supplémentaires impossibles à prévoir. En cas de faillite d'une entreprise partenaire, le gouvernement sera toujours responsable du parachèvement des travaux ou de la prestation des services publics.

Bref, ce second rapport d'étape maintient le cap sur la réduction de la taille de l'État. Le gouvernement libéral est ainsi fidèle à sa marque de commerce de ne pas consulter et écouter les principaux acteurs que sont les syndicats et les employées et les employés de l'État dans sa démarche de soi-disant modernisation.


Communiqué envoyé le 2 juin 2006 à 14:34 et diffusé par :