Le Lézard

Les dépanneurs et épiciers indépendants du Québec lancent un cri d'alarme au ministre de la Sécurité Publique



QUÉBEC, le 11 mai /CNW/ -- QUÉBEC, le 11 mai /CNW Telbec/ - L'Association des marchands, dépanneurs et épiciers du Québec (AMDEQ) tient à rappeler au gouvernement québécois les difficultés économiques auxquelles sont confrontés ses membres au niveau de la vente des produits brassicoles. Ne bénéficiant pas d'un pouvoir d'achat comparable à celui des grandes chaînes corporatives, les petits marchands, dépanneurs et épiciers ne peuvent tout simplement pas vendre leur bière au prix minimum fixé par le gouvernement, ce qui les rend extrêmement vulnérables d'un point de vue économique.

"C'est avec beaucoup de regret que nous observons depuis plusieurs années des fermetures de commerces et des pertes d'emplois, principalement en région, qui sont dues essentiellement aux baisses de revenus reliées aux ventes à perte de la bière", a déclaré Yves Servais, directeur adjoint de l'AMDEQ.

Cette situation est due en grande partie au fait que le prix minimum fixé par le gouvernement est de beaucoup inférieur au prix coûtant facturé, qui lui, est le même pour tous les types de détaillants, petits ou grands. Cet écart, entre le prix minimum et le prix coûtant facturé, n'a cessé de croître avec les années entraînant ainsi un déséquilibre dans le marché de la bière. À titre d'information, en 1995, lors de l'entrée en vigueur du prix minimum, l'écart était de 2,82 $ alors qu'aujourd'hui on l'évalue à environ 5,30 $. Compte tenu de cet écart sans cesse grandissant, il s'est donc créé une situation de concurrence inégale entre les petits et les grands détaillants.

Il apparaît donc évident qu'une révision du prix minimum de la bière doit figurer à l'agenda gouvernemental. Pour ce faire, le gouvernement québécois ne doit pas hésiter à examiner toutes les pistes possibles, dont celle d'utiliser un indice plus pertinent que l'indice général des prix à la consommation de Statistique Canada, indice dont se sert la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec pour indexer le prix minimum de la bière sur une base annuelle. Cet indice général ne reflétant en rien l'évolution réelle du prix des boissons alcooliques et encore moins de la bière, il est urgent que le gouvernement s'ajuste à la réalité vécue sur le terrain par des centaines de commerçants dans toutes les régions du Québec en corrigeant une situation qui pénalise des petites entreprises de chez nous qui créent des milliers d'emplois.

À noter que l'AMDEQ ne demande pas une augmentation générale des prix de la bière au Québec. Elle souhaite simplement que des correctifs soient apportés dans le calcul du prix minimum, correctifs qui ne toucheraient qu'environ 10 % du marché actuel de bière.

"Si rien n'est fait à court terme pour régler la situation, des dépanneurs d'un peu partout au Québec fermeront leurs portes. Il nous apparaît primordial que le gouvernement favorise l'existence de ces petites entreprises qui offrent un service de proximité aux consommateurs, qui participent à la vie économique des quartiers et des régions où ils se trouvent, et ce, tout en étant des créateurs d'emplois", a conclu M. Servais.

L'AMDEQ regroupe plus de 980 dépanneurs dans toutes les régions du Québec qui sont tous des détaillants indépendants qui contrôlent entièrement les opérations de leur commerce et qui sont libres de toute mainmise de la part des grossistes. Son principal mandat est de représenter et défendre les intérêts socio-économiques de ses membres.


Communiqué envoyé le 11 mai 2006 à 10:10 et diffusé par :