Le Lézard

Fermeture d'Olymel : le siège social assiégé



SAINT-HYACINTHE, QC, le 31 mai /CNW/ -- SAINT-HYACINTHE, QC, le 31 mai /CNW Telbec/ - Les quelque 400 délégué-es de la Fédération du commerce de la CSN, réunis en congrès à Saint-Hyacinthe, se sont joints aux travailleuses et travailleurs d'Olymel des usines de Saint-Simon et de Vallée Jonction, devant le siège social de l'entreprise, afin de dénoncer la fermeture de l'usine de Saint-Simon le 9 juin prochain et les mises à pied survenues et annoncées à Vallée Jonction par la direction.

"La fermeture de l'usine de Saint-Simon et les mises à pied à Vallée Jonction sont le résultat d'une opération de rationalisation brutale faite sur le dos des travailleuses et travailleurs.", accuse Jean Lortie, président de la Fédération du commerce de la CSN. "La réputation d'Olymel, dans la transformation des produits porcins, a toujours reposé sur la qualité de sa production fondée sur sa main-d'?uvre qualifiée. Aujourd'hui, Olymel, qui a connu son essor et a fait son argent au Québec, cherche à réduire ses frais, tant sur le dos des producteurs que sur celui de ses salarié-es, et procède à un exode vers l'ouest du Canada. Olymel veut contrôler tout le marché au Québec et, pour y parvenir, n'hésite pas à recourir au chantage à l'endroit de ses fournisseurs et de ses employé-es.", poursuit Jean Lortie.

Tenue d'un forum

Dans un tel contexte, Jean Lortie, appelle tous les acteurs de l'industrie à la tenue rapide d'un forum sur l'industrie porcine au Québec, visant en particulier la Fédération des producteurs de porcs pour qu'elle emboîte le pas en ce sens.

"Olymel étrangle les producteurs en réduisant leurs revenus", souligne Jean Lortie. "Ensuite, elle exige des concessions salariales de ses employé-es en les menaçant de fermer ses usines ou d'effectuer une saignée dans son effectif. C'est du chantage éhonté qu'il faut dénoncer, haut et fort, sur la place publique."

Les présidents des syndicats des salarié-es d'Olymel de Saint-Simon et Vallée Jonction, Richard Martin et Gino Provencher, s'insurgent devant l'attitude d'Olymel : "La direction joue ses employé-es les uns contre les autres en réclamant constamment une baisse de leurs conditions de travail et de salaire, même après avoir signé des conventions collectives. Cette attitude dénote une absence totale de respect à l'endroit des travailleuses et travailleurs qui ont consacré des années de travail à l'entreprise et affecte profondément leurs familles. Le comportement d'Olymel touche, de plus, des villes entières où le chômage prévaudra après qu'Olymel aura quitté le Québec pour s'établir dans l'ouest où, sans doute, elle récidivera avec le même manège. C'est un scandale!"

Rappelons qu'à la veille du récent congé pascal, Olymel avisait par huissier ses salarié-es de Saint-Simon que la fermeture de l'usine, d'abord prévue pour le mois de septembre, allait survenir en juin. Il y a quelques semaines, l'entreprise annonçait 90 nouvelles mises à pied à son usine de Vallée Jonction. L'usine de Saint-Simon comptait un effectif de 750 personnes, réduit maintenant à 400 et dont il ne restera que 70 salarié-es après le 9 juin, puis une dizaine en septembre. À Vallée Jonction, environ 1100 personnes vaquent encore à leurs occupations chez Olymel.

Si la Fédération du commerce de la CSN et les syndicats concernés entendent bien poursuivre leurs démarches pour dénoncer publiquement les agissements d'Olymel, la voie juridique sera également empruntée. Dès hier, le mardi 30 mai, des audiences ont été entreprises devant un arbitre du travail, dans le but de réclamer l'application, par une ordonnance de sauvegarde, d'une lettre d'entente qui lie Olymel à ses syndiqué-es de l'usine de Saint-Simon, à l'effet qu'il ne peut y avoir de transfert de production de cette usine vers une autre. En outre, des plaintes seront déposées en vertu du Code du travail pour faire respecter les droits des salarié-es de cette usine.

Plus de 3000 travailleuses et travailleurs du secteur de la transformation porcine sont représentés par la Fédération du commerce de la CSN, dont le congrès de Saint-Hyacinthe se poursuit jusqu'à vendredi.

La Fédération du commerce regroupe, quant à elle, plus de 35 000 membres à travers le Québec.

La CSN a franchi le cap historique des 300 000 membres parmi ses syndicats affiliés.


Communiqué envoyé le 31 mai 2006 à 12:30 et diffusé par :