Le Lézard

Sécurité des personnes sourdes et accessibilité des logements: la Régie du bâtiment fait la sourde oreille aux droits des personnes handicapées !



MONTRÉAL, le 31 mai /CNW/ -- MONTRÉAL, le 31 mai /CNW Telbec/ - Parmi les recommandations que la Régie du bâtiment s'apprête à présenter au gouvernement, deux éléments majeurs, qui étaient à l'étude en vue de la révision du Code de construction du Québec (CCQ), ne seront vraisemblablement pas retenus. Il s'agit pour l'un, des alarmes visuelles dans les espaces communs des bâtiments d'habitation et dans les espaces communs et privés des autres types de bâtiment nécessitant un système d'alarme. Et pour l'autre, d'exigences minimales d'accessibilité à l'intérieur des logements. La RBQ soutient qu'il s'agit de décisions sociales et politiques, mais prend toutefois position "en amont" en choisissant de ne pas les présenter au gouvernement.

Selon les responsables de la Régie, chargés de formuler au Conseil d'administration de l'organisme les propositions de modifications à apporter au CCQ, la décision de ne pas inclure dans le Code une disposition imposant l'installation d'alarmes visuelles dans les espaces communs repose sur une version préliminaire d'une étude d'impact, non rendue disponible. Cette étude aurait évalué le coût probable supplémentaire d'une telle installation à environ 10% à 15% du coût d'un système d'alarme conventionnel, qui demeure non détectable pour les personnes sourdes. "Il est totalement inacceptable que des considérations financières prévalent sur la sécurité des personnes qui ont une déficience auditive, a déclaré Monsieur Richard Lavigne, président de la Confédération des organismes de personnes handicapées du Québec (COPHAN). Celles-ci ont droit aux mêmes mesures de sécurité que les autres personnes. Il est vrai que parmi les recommandations qui ont été retenues cette fois-ci, certaines constituent des avancées en matière de sécurité et d'accessibilité pour les personnes handicapées. Toutefois, la Régie ne doit pas faire des choix qui relèvent de décisions politiques. Ceux-ci doivent être soumis au gouvernement ainsi qu'à la consultation publique qui précédera l'adoption du prochain CCQ."

Par ailleurs, en ce qui concerne l'introduction de dispositions sur l'accessibilité et l'adaptabilité des logements, la décision de ne pas recommander l'introduction de nouvelles dispositions au CCQ reposerait sur une étude évaluant le coût probable maximal à 2 500 $ par logement, auquel il faudrait ajouter 2 000 $ pour une aire de man?uvre dans le corridor. "Nous ne pouvons accepter un tel raisonnement qui est de surcroît à courte vue, a pour sa part déclaré Madame Marie Turcotte, porte-parole de l'Alliance québécoise des regroupements régionaux pour l'intégration des personnes handicapées (AQRIPH). En effet, il faut plutôt considérer l'impact positif sur l'accès à toute forme de logement pour les personnes qui ont des limitations fonctionnelles. Aussi, il faut prévoir à l'avance l'adaptabilité de tout nouveau logement en introduisant les dispositions nécessaires à cette fin dans le CCQ. Ceci permettrait de réduire considérablement les coûts à long terme du Programme d'adaptation de domicile de la Société d'habitation du Québec. De plus, le gouvernement serait plus conséquent avec ses propres orientations visant à soutenir le maintien dans leur milieu de vie des personnes âgées." Rappelons que ce programme connaît régulièrement de longues listes d'attente et nécessite l'ajout de sommes importantes pour combler les besoins des personnes.

L'AQRIPH et la COPHAN ont déjà signalé leurs réactions aux ministres concernés par ces mesures : le ministre du Travail, responsable du CCQ, le ministre de la Santé et des Services sociaux, responsable du plan d'action pour les personnes aînées ainsi que la ministre déléguée à la Protection de la jeunesse et à la Réadaptation, responsable des mesures favorisant l'inclusion sociale des personnes handicapées, et la ministre des Affaires municipales et des Régions, responsable de l'habitation et du Programme d'adaptation de domicile. En particulier, ils ont invité le ministre du Travail à s'assurer que les éléments manquants fassent partie des recommandations qui seront retenues par la RBQ. En effet, le ministre responsable du CCQ doit pouvoir se prononcer sur de telles orientations et recommandations afin de les soumettre à l'ensemble du gouvernement et à la consultation publique puisqu'elles ont une incidence sur la sécurité de toutes les personnes et sur l'accessibilité des logements.


Communiqué envoyé le 31 mai 2006 à 12:12 et diffusé par :