Le Lézard

Interdiction de fumer du gouvernement Charest entrant en vigueur demain, le 31 mai: le début de la fin pour l'industrie de l'accueil au Québec



MONTRÉAL, le 30 mai /CNW/ -- Les bars et les pubs craignent les pertes massives de recettes et

d'emplois, les compressions et les fermetures

MONTRÉAL, le 30 mai /CNW/ - Demain, le 31 mai, les clients des bars et des pubs écraseront leur cigarette pour une dernière fois. Sous leur consommation, un sous-verre leur rappellera que l'usage du tabac n'est plus permis dorénavant.

"J'ai parlé à de nombreux exploitants de bars, et la majorité d'entre eux craignent pour l'avenir de leur établissement. Ils savent que l'interdiction de fumer qui entrera en vigueur partout dans la province leur fera mal sur le plan financier, mais ils ne savent pas encore à quel point", de dire Mme Nicole Barcelos, directrice de l'Association canadienne Air pour tous (FAAC) pour le Québec.

Ottawa a été l'une des premières villes à subir les contrecoups financiers d'une interdiction complète de fumer lorsque celle-ci est entrée en vigueur en juin 2001. "Je me souviens encore parfaitement de l'interdiction de fumer à Ottawa, et je parle d'expérience", déclare M. Pierre Labelle, copropriétaire de la plus vieille entreprise familiale à Ottawa (le Château Lafayette, établi en 1849), qui a déjà été vice-président de la Pub and Bar Coalition of Canada (PUBCO).

"Trois mois après l'entrée en vigueur de l'interdiction, j'ai dû remercier 6 de mes 14 employés permanents. Les recettes dégringolaient et les coûts d'exploitation augmentaient sans cesse. En fin de compte, je n'arrivais plus à régler les factures. Après deux années où nous arrivions avec peine à joindre les deux bouts, nous avons dû affronter la dure réalité : fermer la moitié de notre établissement et investir des centaines de milliers de dollars rien que pour nous réinventer et survivre", ajoute M. Labelle.

Pour prouver que ces anecdotes personnelles reflètent la réalité, la FAAC a rendu publique il y a un an une étude d'impact économique de l'interdiction de fumer à Ottawa, London, Kingston et Kitchener. Cette étude de Michael Evans s'appuyait sur des données financières officielles du gouvernement de l'Ontario pour conclure que l'interdiction de fumer a réduit de manière substantielle les ventes dans les bars et clubs de nuit. "La preuve est incontournable. Laisser croire qu'une interdiction de fumer n'aurait pas de conséquences négatives sur les ventes dans les bars tient de l'opinion, et non des faits."(1)

M. Evans, l'un des principaux économistes nord-américains, a constaté que les ventes des bars et pubs ont baissé de 23,5 % à Ottawa, de 18,7 % à London, de 24,3 % à Kingston et de 20,4 % à Kitchener(2).

Toutefois, il y a une solution qui semble bien fonctionner en Colombie-Britannique. Cette solution, c'est la ventilation - sous la forme de fumoirs séparés et ventilés. Depuis le 1er mai 2002, la province applique un règlement qui régit l'exposition des travailleurs à la fumée secondaire du tabac. À l'heure actuelle, plus de la moitié des titulaires de permis de vente d'alcool en Colombie-Britannique ont construit un fumoir, sont en train de le faire ou ont demandé un permis de construction pour le faire.

"Nous savons que la solution appliquée en Colombie-Britannique est viable et nous aimerions voir cette norme appliquée équitablement au Québec. Notre association et ses membres sont tout disposés à collaborer avec le gouvernement. Nous voulons tous une solution qui protège les gens qui ne veulent pas fumer ni être exposés à la fumée et ceux qui veulent exercer leur choix de fumer tout en préservant la force et la vitalité de notre industrie de l'accueil", ajoute Mme Barcelos.

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    (1) The Economic Impact of Smoking Bans in Ottawa, London, Kingston and
        Kitchener, Ontario. Préparé par Michael K. Evans, février 2005.
    (2) Rapport Evans, février 2005.
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Communiqué envoyé le 30 mai 2006 à 08:00 et diffusé par :