Le Lézard

"L'objectivité" très particulière de la SRC : la SSJB demande que Guy Fournier s'explique devant un comité parlementaire



MONTREAL, le 30 mai /CNW/ -- MONTREAL, le 30 mai /CNW Telbec/ - La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, par la voix de son président général Jean Dorion, a demandé aujourd'hui que le Président du conseil d'administration de la Société Radio- Canada soit appelé à s'expliquer devant le Comité permanent de la Chambre des Communes sur le Patrimoine canadien, au sujet des propos qu'il a tenus le 9 mai dernier à une station de radio du réseau anglais concernant le rôle de la SRC comme instrument de renforcement de l'unité canadienne. Selon La Presse d'hier, après avoir déploré le fait que la SRC "n'était pas totalement objective" depuis quinze ou vingt ans dans l'information comme dans les émissions d'affaires publiques, Monsieur Fournier avait précisé le rôle qu'il souhaitait plutôt lui voir jouer : "Je crois que la SRC peut faire ce que le chemin de fer a fait lors de la fondation de ce pays. Je crois qu'elle peut unifier le pays. C'est là le rôle qu'un diffuseur public doit jouer" Rejoint plus tard par le journal, M. Fournier a tenté de "nuancer" ses propos sur le manque d'objectivité du réseau français, en les contredisant à toutes fins pratiques !

"D'un certain côté, affirme Jean Dorion, nous nous réjouissons de la déclaration faite en anglais, mais rapportée dans La Presse, déclaration qui, bien involontairement sans doute, permettra au public québécois de mieux comprendre les limites de l'information qu'il reçoit, et encore plus de celle qu'il risque de recevoir désormais de la SRC. Par contre, cette déclaration révèle chez son auteur une philosophie incompatible avec le droit du public à une information honnête et diversifiée, a-t-il ajouté. Emanant de la plus haute autorité de la SRC, elle risque d'être interprétée par ses employés journalistes comme une directive de ne pas diffuser la vérité lorsque celle-ci est susceptible de nuire à l'unité canadienne.

La chose la moins nuisible que pourrait faire une institution comme le Comité parlementaire fédéral sur le Patrimoine canadien serait certainement de convoquer M. Fournier, pour qu'il s'explique sur sa conception de "l'information objective" ; certains élus du Québec auraient sûrement d'intéressantes questions à lui poser", a conclu Jean Dorion.


Communiqué envoyé le 30 mai 2006 à 06:43 et diffusé par :