Le Lézard

L'OPPOSITION OFFICIELLE RÉCLAME UN PLAN D'ACTION POUR L'ACCUEIL ET L'INTÉGRATION DES NOUVEAUX ENSEIGNANTS À LA PROCHAINE RENTRÉE SCOLAIRE



MONTRÉAL, le 29 mai /CNW/ -- MONTRÉAL, le 29 mai /CNW Telbec/ - Le député de Vachon et porte-parole de l'opposition officielle en matière d'éducation, Camil Bouchard, est préoccupé des conditions dans lesquelles on accueillera nos enfants dans les écoles en septembre prochain, notamment en raison de l'arrivée massive de nouveaux enseignants, dont plusieurs n'auront pas complété de formation en pédagogie.

Camil Bouchard s'inquiète de la désinvolture manifestée par le ministre de l'Éducation face au défi majeur auquel sera confronté le réseau de l'éducation à la rentrée de septembre 2006. En raison d'une pénurie d'enseignants pourtant appréhendée depuis longtemps, pénurie conjuguée à l'augmentation du temps d'enseignement au primaire, les commissions scolaires devront embaucher 2 200 spécialistes, principalement en anglais, en éducation physique et en arts, ainsi que 3 000 enseignants réguliers destinés, eux, à remplacer les départs à la retraite. Au total, plus de 5 200 enseignants feront leur entrée dans les écoles, ce qui suppose un effort et des ressources sans précédent en matière d'encadrement et d'intégration.

"L'inaction et le manque de planification du gouvernement Charest depuis trois ans obligent aujourd'hui le ministre à assouplir les règles d'embauche pour contrer la pénurie d'enseignants dûment formés. Au surplus, afin d'assurer l'accueil et l'encadrement de milliers de nouveaux venus inexpérimentés, le ministre entend demander aux gens déjà en place, déjà débordés, de mettre les bouchées doubles. Dans ces conditions, il s'agit selon nous d'un exercice périlleux car il y a un risque supplémentaire de dévalorisation professionnelle", a poursuivi le député Bouchard.

Cette situation n'est pas seulement une source d'inquiétude de l'opposition officielle. En effet, dans le cadre du processus de consultation préalable à l'adoption d'un nouveau règlement sur les autorisations d'enseigner, le ministre Fournier a reçu plusieurs commentaires dont il devra tenir compte, notamment ceux :

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    - du Conseil supérieur de l'éducation, qui invite le ministre à la
      prudence en rappelant l'importance de la formation en enseignement, de
      l'encadrement pédagogique et de l'évaluation des compétences des
      nouveaux enseignants faisant l'objet d'une exception;

    - de la Fédération des comités de parents, laquelle souligne également
      dans ses commentaires transmis au ministre que "plusieurs des
      changements envisagés au Règlement sur les autorisations d'enseigner ne
      peuvent qu'accroître le nombre des nouveaux enseignants mal ou peu
      accompagnés. Il est tout aussi évident que les élèves du Québec n'ont
      rien à y gagner";

    - de la Fédération des syndicats de l'enseignement, qui réclame un
      programme d'insertion professionnelle financé adéquatement par le
      gouvernement, programme visant l'accompagnement des nouveaux
      enseignants.
    >>


Un taux de décrochage alarmant chez les enseignants

Ce phénomène ajoute à une situation déjà fort inquiétante. Bon nombre d'intervenants et d'observateurs du milieu de l'éducation constatent que le travail des enseignants est de plus en plus difficile et épuisant. Les conséquences sont majeures : plus de 15 % des nouveaux enseignants quittent la profession avant cinq ans d'exercice, tandis que 10,4 % des enseignants ont pris un congé de maladie de longue durée en 2004.

"Enseigner a toujours été une profession exigeante. Or, c'est aussi devenu une source importante de stress et parfois même de dévalorisation sociale tant la tâche est lourde et les ressources manquantes. Présentement, un nombre important d'enseignants présentent des symptômes d'épuisement professionnel au point de s'absenter pour cause de maladie ou même de quitter carrément la profession. Il est impératif d'apporter des solutions faisant l'objet d'un large consensus et d'une mobilisation de tous les acteurs concernés pour renverser cette tendance. Autrement, le décrochage des enseignants se poursuivra et la qualité de notre réseau d'éducation s'en trouvera irrémédiablement diminuée", a ajouté Camil Bouchard.

Le ministre de l'Éducation, Jean-Marc-Fournier, doit donc adopter un plan d'action et y affecter les ressources adéquates pour soutenir et revaloriser davantage le travail des enseignantes et enseignants, lesquels sont au c?ur des changements majeurs qui s'opèrent dans nos écoles, à commencer par la réforme de l'éducation.

"Le ministre Fournier affirme régulièrement vouloir sauver la réforme. Va pour les intentions. Mais certaines de ses actions, notamment à l'égard des enseignants, envoient un message contradictoire et menacent davantage cette réforme qu'elles ne l'appuient. Quand il se targue par exemple d'avoir suscité un "large consensus" à la table de pilotage sur la question des bulletins, alors que l'un des principaux joueurs n'est pas de ce consensus, il y a de quoi être perplexe", a souligné le député.

Pour le porte-parole, des aspects mis en cause comme les bulletins sont importants et nécessitent des ajustements, mais il ne faut pas non plus ignorer le climat et les conditions mêmes de mise en ?uvre de la réforme. Or, selon M. Bouchard, les faux pas gouvernementaux s'accumulent depuis trois ans. Il cite l'exemple du projet de loi 142 adopté sous bâillon en décembre dernier et qui a bafoué les droits des enseignantes et des enseignants. De même, il déplore le manque de considération à l'égard de la profession enseignante, tant dans le discours que dans l'action.

"En somme, devant les défis qui se posent, ce que nous demandons au ministre de l'Éducation, c'est de déployer sans tarder des efforts supplémentaires pour mieux accompagner le milieu scolaire et au premier chef le personnel enseignant. C'est certainement l'une des clés pour assurer la réussite éducative de nos enfants", a conclu Camil Bouchard.

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Communiqué envoyé le 29 mai 2006 à 15:39 et diffusé par :