Le Lézard

Selon Philippe Ouimet, président du Syndicat des employés en radio-télédiffusion de Télé-Québec (CSQ) - La production de certaines émissions de Télé-Québec est confiée au secteur privé sans aucune garantie d'économie



MONTREAL, le 28 mai /CNW/ -- MONTREAL, le 28 mai /CNW Telbec/ - "Si le gouvernement du Québec et la ministre de la Culture et des Communications, Mme Line Beauchamp, sont réellement préoccupés par la rentabilité de Télé-Québec, comme ils le prétendent, alors pourquoi confient-ils à des producteurs privés indépendants la production de certaines émissions de télévision, sans s'assurer auparavant que la part financière du privé dans le projet est suffisamment élevée pour garantir la rentabilité de l'opération ?"

C'est sur cette question que M. Philippe Ouimet, président du Syndicat des employés en radio-télédiffusion de Télé-Québec (SERT), affilié à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), M. Philippe Ouimet lance aujourd'hui la 6e capsule d'information dans le cadre de la campagne publique lancée pour sensibiliser la population du Québec aux véritables enjeux de la privatisation de Télé-Québec.

Une présidente-directrice générale contredite par les faits

M. Philippe Ouimet soutient qu'avant de céder au secteur privé la production de Télé-Québec sous prétexte de rentabilité pour les finances publiques québécoises, le gouvernement Charest devrait tout d'abord "remettre de l'ordre dans la maison" en obligeant les dirigeants de la société d'Etat à respecter leurs propres règles.

"La présidente-directrice générale de Télé-Québec, Mme Michèle Fortin, a déclaré publiquement à plusieurs reprises que la société d'Etat ne confie au secteur privé que les projets d'émissions de télévision qui présentent des économies. Pourtant, nous pouvons citer plusieurs exemples d'émissions de télévision dont la production a été confiée au secteur privé bien qu'ils ne rencontraient pas les conditions nécessaires assurant des économies à Télé- Québec", soutient M. Philippe Ouimet.

Des difficultés financières publiques aggravées par le privé

Le leader syndical ajoute que dans un tel contexte, il ne faut pas se surprendre des difficultés financières de Télé-Québec.

"Les difficultés financières de Télé-Québec ne sont pas attribuables au seul fait qu'il s'agit d'une télévision publique, comme on voudrait nous le laisser croire, mais une part de ces problèmes s'explique parce que l'on confie justement au secteur privé le mandat de produire certaines émissions, sans s'assurer auparavant d'avoir une participation suffisamment élevée des autres sources financières", rapporte le président du SERT.

Une règle essentielle qui n'est pas respectée

M. Ouimet rappelle d'ailleurs que pour qu'il soit économique pour un télédiffuseur de confier une émission à des producteurs indépendants, il faut qu'au minimum les apports financiers des autres sources dépassent au moins 25 % du coût de production de l'émission.

"Cette règle est loin d'être respectée à Télé-Québec quoiqu'en dise la présidente-directrice générale. En fait, nous pourrions citer plusieurs cas où la production d'émissions de télévision a été confiée à des producteurs indépendants, alors qu'il n'y avait aucune économie à agir ainsi. En fait, ces producteurs indépendants ainsi privilégiés avaient une qualité incontournable pour obtenir le projet : ils étaient en excellent terme avec les décideurs chez Télé-Québec", déplore M. Ouimet.

Profil de la CSQ

La CSQ regroupe environ 180 000 membres, dont plus de 125 000 dans le secteur public. Elle est présente dans les secteurs de l'éducation, de la santé et des services sociaux, des services de garde, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications. Elle représente le Syndicat des employés en radio-télédiffusion de Télé-Québec et l'Association des réalisateurs et réalisatrices de Télé-Québec.


Communiqué envoyé le 28 mai 2006 à 10:00 et diffusé par :