Le Lézard

Politique internationale du Québec - L'éducation et la recherche valorisées mais... à court terme !



MONTRÉAL, le 25 mai /CNW/ -- MONTRÉAL, le 25 mai /CNW Telbec/ - La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et le Conseil national des cycles supérieurs (CNCS-FEUQ) sont agréablement surpris par certains aspects de la Politique internationale du Québec et son plan d'action. Cependant, ils déplorent que des choix aient été effectués au détriment d'une vision à long terme.

En effet, la FEUQ et le CNCS-FEUQ trouvent très intéressantes les mesures concernant l'éducation postsecondaire, l'intégration des immigrants et la place des jeunes Québécois dans le monde. Plus particulièrement, les mesures visant, d'une part, à améliorer l'offre de stages internationaux aux étudiants de 1er cycle et, d'autre part, à augmenter la présence de finissants de 2e et 3e cycles au sein d'organisations internationales favoriseront le développement du Québec tout en assurant aux étudiants universitaires québécois une formation complète, pratique et adaptée aux nouvelles réalités.

De plus, dans l'optique où le Québec anticipe une pénurie de main-d'oeuvre qualifiée au cours des prochaines années, il est important de miser sur le recrutement de travailleurs qualifiés sur la scène internationale.

D'abord, les étudiants internationaux des candidats idéaux à l'immigration. Comme l'apport des étudiants internationaux est indéniable à tous les niveaux, notamment en recherche aux 2e et 3e cycles, et que seulement à Montréal, plus de 30 % d'entre eux s'établissent d'une manière permanente au Québec au terme de leurs études, il était grand temps que le gouvernement se concentre sur la place des étudiants internationaux au Québec. Pour se faire, il se dotera, dans le cadre du plan d'action de la politique internationale, d'une politique concertée visant à la promotion de nos universités à l'étranger.

Ensuite, en ce qui a trait à l'immigration, la FEUQ et le CNCS-FEUQ se réjouissent du fait que la reconnaissance des diplômes et des compétences des immigrants soit une priorité pour le gouvernement. Christian Bélair, président de la FEUQ, précise : "Bien qu'un projet de loi ait récemment été déposé à cet effet, il est rassurant de voir que tous reconnaissent maintenant l'importance de cette démarche. Dans le contexte du choc démographique et de la dénatalité propre au Québec, l'arrivée de main-d'?uvre qualifiée et la rétention des étudiants internationaux possédant une formation universitaire sont deux aspects essentiels du développement du Québec."

Toutefois, si le gouvernement désire véritablement offrir un environnement d'études qui soit concurrentiel sur le plan international et favoriser le recrutement d'étudiants internationaux de 2e et 3e cycles, il devrait aller beaucoup plus loin qu'une simple augmentation du nombre de bourses d'exemption, ce qui a été déterminé par le plan d'action de la Politique internationale du Québec. Monique Gagnon-Tremblay, ministre des Relations internationales, disposait de plusieurs pistes de solution qui auraient été plus avantageuses, à long terme, pour le Québec, le Conseil supérieur de l'éducation recommandant notamment l'abolition pure et simple des frais différenciés pour les étudiants des 2e et 3e cycles inscrits à des programmes de recherche. D'ailleurs, en 2004, la moitié des étudiants internationaux ayant séjourné dans une université canadienne ont connu des difficultés financières

Philippe-Olivier Giroux, président du CNCS, appuie cette approche : "Le CNCS-FEUQ revendique le retrait des frais différenciés pour les étudiants des cycles supérieurs en recherche, et plusieurs institutions nous appuient dorénavant. L'augmentation des bourses d'exemption est intéressante, mais ne permet pas d'aider tous les étudiants dans le besoin puisqu'elles sont attribuées, dans bien des cas, selon des considérations politiques plutôt que selon le mérite académique ou la situation financière."

En somme, pour la FEUQ et le CNCS, il était grand temps que le Québec se décide enfin à entrer dans la danse. Dans l'ensemble, les mesures proposées sont accueillies favorablement, mais certaines sont encore trop timides. Chose certaine, la FEUQ et le CNCS demeureront sur le qui-vive et travailleront de concert avec les acteurs concernés pour s'assurer que l'application des mesures qui touchent leurs membres se déroule le mieux possible, dans le respect des délais proposés par la politique.

Depuis plus de 15 ans, la FEUQ représente les étudiantes et les étudiants universitaires du Québec. Composée de 18 associations membres et forte de plus de 150 000 membres, la FEUQ est le plus important groupe jeune au Québec. Le CNCS-FEUQ représente quant à lui près de 30 000 étudiantes et étudiants des cycles supérieurs des universités du Québec. www.feuq.qc.ca


Communiqué envoyé le 25 mai 2006 à 13:58 et diffusé par :