Le Lézard

Bécancour : 800 millions de dollars en dépassement des coûts d'exploitation



MONTRÉAL, le 25 mai /CNW/ -- MONTRÉAL, le 25 mai /CNW Telbec/ - Une étude réalisée par le chercheur Martin Poirier de l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS) révèle qu'Hydro-Québec devra assumer un surcoût de 800 millions de dollars pour l'exploitation de la centrale thermique de Bécancour en raison de l'augmentation du prix du gaz naturel à long terme. Cela révèle une importante lacune dans les partenariats public-privé : le transfert des risques vers le secteur public.

Le prix du gaz naturel est de loin le facteur de risque le plus important pour une centrale au gaz. L'étude démontre l'importance du risque associé à la fluctuation des prix du gaz naturel dans l'évaluation du coût unitaire de l'électricité produite par une centrale au gaz naturel.

"Comme ce risque est majeur et hors du contrôle des promoteurs de centrales thermiques, ces derniers transfèrent le risque aux acheteurs d'électricité. Le contrat entre Hydro-Québec et TransCanada Energy Limited (TCE) pour la centrale de cogénération à Bécancour laisse entrevoir une dynamique courante dans les partenariats public-privé (PPP), soit un transfert de risques important vers le secteur public", explique le chercheur Martin Poirier.

En vertu du contrat signé avec TCE, Hydro-Québec assume le coût des achats de gaz naturel et supporte donc le risque associé à la fluctuation des prix à long terme. Au moment de l'appel d'offres initial, HQ évaluait le coût de production pour l'offre TCE / Bécancour à 6,014 cents/kWh selon les prévisions du prix à long terme du gaz naturel dont il disposait à l'époque. Depuis, les prix du gaz naturel et les prévisions de prix à long terme n'ont cessé d'augmenter.

Hydro-Québec fait actuellement face à un dépassement de coûts de       800 millions de dollars et pourra encourir des pertes plus importantes si les prix de long terme s'avèrent plus élevés que les prévisions, comme cela s'est produit au cours des dernières années. À titre illustratif, si le prix du gaz naturel prévu pour l'année 2006 est maintenu et indexé sur la durée du contrat, le surcoût pour Hydro-Québec augmenterait alors à 2 milliards de dollars.

"Il devient dès lors trompeur de comparer le coût de l'électricité produite par une centrale au gaz à l'électricité d'autres sources, telles que l'éolien, puisque ces sources alternatives offrent des coûts beaucoup plus stables, voire fixes. En regard des méthodes d'évaluation de coûts actuelles, les filières conventionnelles profitent actuellement d'un avantage indu et artificiel au détriment des filières d'énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique", souligne Martin Poirier.

L'IRIS, un institut de recherche sans but lucratif, indépendant et progressiste, a été fondé à l'automne 2000. L'institut produit des recherches, des brochures et des dépliants sur les grands enjeux socio-économiques de l'heure (fiscalité, pauvreté, mondialisation, privatisations, etc.).


Communiqué envoyé le 25 mai 2006 à 11:21 et diffusé par :