Le Lézard

Nouvelle Politique internationale du Québec - La CSQ réagit positivement... avec certaines réserves



MONTRÉAL, le 24 mai /CNW/ -- MONTRÉAL, le 24 mai /CNW Telbec/ - La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) accueille favorablement la nouvelle Politique internationale du Québec, dévoilée ce matin à Montréal par la ministre des Relations internationales, Mme Monique Gagnon-Tremblay, tout en émettant certaines réserves concernant la trop grande place accordée à la question de la sécurité au détriment de la lutte aux inégalités sur le plan international.

Le président de la CSQ, M. Réjean Parent, tient à souligner, d'entrée de jeu, le réel effort d'intégration que l'on retrouve dans cette politique sous-titrée La force de l'action concertée, des divers volets de l'action internationale de l'État québécois, de même que l'ouverture de nouvelles délégations à l'étranger, rendue nécessaire par l'accroissement de l'ouverture du Québec sur le monde.

"Dans le contexte mondial actuel, il est essentiel que le Québec soit présent sur la scène internationale et qu'il assume la place qui lui revient. Pour ce faire, le gouvernement du Québec doit pouvoir siéger partout où se discutent des enjeux qui relèvent de ses compétences. Le Québec doit donc disposer de la marge de man?uvre nécessaire pour défendre et promouvoir dans les forums internationaux la spécificité québécoise au chapitre des protections sociales dont bénéficie la population québécoise", soutient M. Réjean Parent.

Des accords internationaux à soumettre à la population

Le leader syndical précise d'ailleurs que pour ce qui est des accords internationaux actuellement en négociation ou à venir, la CSQ ne saurait trop insister pour que le gouvernement associe les organisations de la société civile aux discussions et soumette ces accords au débat démocratique. "C'est d'autant plus important que les décisions qui sont prises à l'échelle internationale ne sont pas sans conséquence pour les travailleuses et les travailleurs du Québec et la population en général", rappelle M. Parent.

Des actions internationales à encourager

Le président de la CSQ considère donc un pas dans la bonne direction les orientations annoncées par la ministre des Relations internationales. Plus spécifiquement, M. Parent fait référence à celles qui visent à accroître la présence du Québec auprès des organisations internationales, à redéployer le réseau des délégations et bureaux à l'étranger, à renforcer les capacités de recherche et d'innovation au Québec en appuyant le développement de partenariats internationaux et en attirant ici des chercheurs de haut niveau et à renforcer la promotion internationale de nos universités et autres orientations semblables.

M. Parent explique que la CSQ voit d'un bon ?il que le Québec favorise l'internationalisation de l'enseignement supérieur, en y apportant toutefois un important bémol. "Il faudra prendre garde que le processus ne soit pas régi par les accords de commerce international et être extrêmement prudent pour ne pas alimenter le phénomène d'exode des cerveaux qui affecte durement les pays en développement, de façon à ne pas contribuer, même involontairement, à accroître leurs difficultés présentes et futures", de dire M. Parent.

Les inquiétudes touchant la sécurité

D'autre part, le président de la CSQ manifeste certaines inquiétudes sur le volet sécurité que l'on retrouve dans la nouvelle politique. "En première analyse, il me semble que la place accordée à la question de la sécurité est disproportionnée comparativement à celle faite à la lutte aux inégalités sur le plan international. Ce n'est certes pas - à l'instar de ce que préconisent des gouvernements conservateurs comme ceux de Harper et de Bush - en transformant nos pays en forteresses que nous lutterons contre l'insécurité réelle ou appréhendée. La CSQ rappelle à cet égard l'engagement international du Canada à travailler à l'atteinte des Objectifs du Millénaire, certainement une condition essentielle à une plus grande sécurité dans le monde. Le gouvernement du Québec doit non seulement presser le gouvernement fédéral à consacrer davantage de ressources à l'aide internationale, mais il doit lui aussi accroître sa propre contribution", de défendre M. Parent.

Une mise à jour qui était attendue

Le président de la CSQ termine en rappelant que cette nouvelle Politique internationale du Québec était très attendue. "Le Québec n'avait pas actualisé sa politique internationale depuis une quinzaine d'années. Il était donc devenu urgent d'agir", de conclure M. Réjean Parent.

Profil de la CSQ

La Centrale des syndicats du Québec représente environ 180 000 membres, dont plus de 125 000 dans le secteur public, la grande majorité travaillant dans le domaine de l'éducation. Elle est présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.


Communiqué envoyé le 24 mai 2006 à 15:35 et diffusé par :