Le Lézard

Déclaration du Chef national de l'Assemblée des Premières Nations, Phil Fontaine, à propos de la situation actuelle des Six Nations à Caledonia



OTTAWA, le 23 mai /CNW/ -- OTTAWA, le 23 mai /CNW Telbec/ - "En tant que Chef national, je lance, de concert avec mes collègues Chefs régionaux, un appel au calme à toutes les parties impliquées dans la situation actuelle des Six Nations à Caledonia. Les déclarations des médias rapportant que les citoyens des Six Nations ont volontairement enlevé les barricades sont encourageants. Nous applaudissons leur patience et leur engagement et nous encourageons toutes les parties à continuer de travailler ensemble afin de régler la situation de façon pacifique. Nous croyons que la discussion représente le meilleur moyen de réaliser des progrès. Le besoin d'entamer des négociations et d'aboutir à une réconciliation ne pourrait être plus pressant. Nous ne voulons voir aucun acte qui puisse entraîner l'augmentation des tensions au sein de la collectivité.

Le gouvernement fédéral doit faire preuve de leadership afin de pouvoir régler cette affaire, puisque toute question relative aux terres des Premières Nations concerne les Premières Nations et le gouvernement fédéral. Il doit également s'assurer que les discussions se poursuivent.

En outre, il faut immédiatement s'attaquer aux problèmes sous-jacents qui causent ce genre de situations., ce qui signifie remanier le processus actuel de revendications territoriales. En vertu du processus actuel, le Canada fait office de juge et de jury dans le cadre de revendications à son encontre. Le Canada doit traiter environ 1000 revendications particulières, dont 300 ont été déclarées valides et doivent maintenant gravir tous les échelons du processus de revendication. Cependant, il faut compter en moyenne 10 ans pour qu'une résolution particulière légitime soit réglée. Ce délai est beaucoup trop long. Le rapport déposé la semaine dernière par la vérificatrice générale du Canada a révélé que six ententes globales de règlement de revendications ont été conclues depuis 2001 et que, en moyenne, 29 ans avaient été nécessaires pour finaliser ces revendications. C'est inacceptable.

À un tel rythme, les Premières Nations, dont les cultures et les économies reposent sur les terres, vont agoniser. Une telle lenteur engendre de la frustration et de la colère sur le terrain, et peut miner la confiance.

Le Canada doit élaborer une nouvelle méthode, plus rapide, plus équitable et plus juste en vue de régler les revendications légitimes des Premières Nations. À la clôture de sa 36e séance en fin de semaine, le Comité des Nations Unies sur les droits économiques, sociaux et culturels a notamment appelé le Canada a "réexaminer ses pratiques et politiques en matière de droits inhérents des Autochtones et de titre autochtone, et à faire en sorte que de telles politiques et pratiques n'aient pas pour résultat l'extinction desdits droits et du titre autochtone". Nous nous réjouissons au plus profond de nous-mêmes de cette recommandation. Des efforts ont déjà été déployés par l'APN et le gouvernement en vue d'élaborer une méthode plus efficace de règlement des revendications, mais ils doivent être accrus et se concrétiser.

L'APN, qui est déterminée à faire tout ce qui est en son pouvoir pour faciliter le dénouement de cette impasse, est prête à offrir son concours par tous les moyens utiles. Il est nécessaire de faire de véritables progrès, non seulement en ce qui concerne cette situation en particulier, mais aussi sur l'ensemble des questions liées aux revendications des Premières Nations afin d'éviter toute escalade ultérieure."

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                                                                Phil Fontaine
                                                                Chef national
                                              Assemblée des Premières Nations
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L'Assemblée des Premières Nations est l'organisation nationale qui représente les citoyens des Premières Nations au Canada.


Communiqué envoyé le 23 mai 2006 à 17:09 et diffusé par :