Le Lézard

Rapport annuel 2006 sur la santé de la population montréalaise - Le transport urbain, une question de santé



MONTREAL, le 23 mai /CNW/ -- MONTREAL, le 23 mai /CNW Telbec/ - "Cette année, notre rapport veut sensibiliser les décideurs ainsi que la population montréalaise à l'ampleur des problèmes de santé découlant d'un modèle de transport axé prioritairement sur l'automobile et à l'urgence d'exercer un virage vraiment durable vers le transport actif et le transport en commun." C'est en ces termes que Dr Richard Lessard, directeur de santé publique de Montréal, accompagné du Dr Louis Drouin, responsable du secteur Environnement urbain et santé de la Direction, résumait l'objectif général de son 8e rapport annuel sur la santé de la population montréalaise.

Les systèmes de transport s'avèrent essentiels au développement des grandes agglomérations et contribuent au bien-être mais, en revanche, ils peuvent aussi limiter et contraindre le développement personnel, engendrer l'exclusion sociale ou entraîner de sérieux problèmes de santé. La pollution émanant des véhicules à carburant fossile est associée à de graves maladies cardiorespiratoires et contribue, chaque année, à plus de 1500 décès prématurés dans la région. Les gaz à effets de serre causent des changements climatiques qui, à leur tour, entraînent des épisodes de canicule et amplifient la pollution atmosphérique, avec des conséquences particulières à l'échelle des grandes villes. A Montréal, la qualité de l'air est mauvaise une journée sur cinq.

Les blessures causées par les collisions routières sont à compter comme l'une des grandes épidémies mondiales, selon l'expression employée par l'OMS. Depuis 1998, Montréal vit une augmentation du nombre de blessés par année passant de 10 600 à 12 800. Le transport automobile s'est accru au détriment de modes de déplacement bénéfiques pour la santé, comme la marche, le vélo et le transport en commun, et du niveau d'activité physique dans la population (35 % des adultes québécois souffrent d'embonpoint et 22 % sont obèses). L'aménagement urbain fait la part belle aux véhicules et non aux citadins eux- mêmes. En cinq ans, la population régionale s'est accrue de 3 %, celle des véhicules de 10,5 %. Enfin, au Québec seulement, le fardeau du transport sur la santé représente des coûts directs et indirects estimés annuellement à des milliards de dollars.

Sans compter les coûts environnementaux et sanitaires, les pouvoirs publics dépensent chaque année des sommes énormes pour entretenir, aménager ou développer le réseau routier. Des solutions existent ou ont déjà été implantées, ici ou ailleurs, et leur efficacité est démontrée. On a qu'à penser à un financement accru pour le transport en commun, à un réseau de pistes cyclables intégré ou à des aménagements urbains sécuritaires (traffic calming). La Direction de santé publique propose de fixer pour 2020, un objectif d'augmentation à 50 % de la part modale du transport en commun et du transport actif, du 30 % qu'elle est actuellement. Déjà, le plan de transport de la Ville de Montréal s'est fixé comme objectif de "réduire la dépendance à l'automobile en misant sur un usage accru du transport en commun et des transports actifs".

Pour y parvenir, le rapport du directeur de santé publique propose d'abord de travailler à bâtir un large consensus dans la population montréalaise, de concert avec tous les acteurs socioéconomiques, sur le train de mesures à mettre en oeuvre et de s'appuyer pour ce faire sur un leadership politique montréalais clairement affirmé. Le plan d'action global suggéré à la collectivité montréalaise pourrait permettre de passer à un modèle misant davantage sur les modes alternatifs et, pour ce faire, d'améliorer l'accès au transport en commun et aux modes de transport actif que sont la marche et le vélo, au bénéfice de tous les Montréalais. De leur côté, la Direction de santé publique de Montréal, l'Agence de santé et de services sociaux et les composantes du réseau montréalais, s'appuyant sur leur mandat et leur expertise, seront amenés à soutenir ce virage vers le transport durable et offrir leur appui aux diverses instances qui ont la responsabilité politique et administrative de planifier la ville pour demain.

La Direction de santé publique de l'Agence montréalaise et ses partenaires du réseau, notamment les CSSS, organisent d'ailleurs un forum sur l'ensemble de cette problématique. Intitulé "Transport, aménagement urbain et santé, vers une mobilisation montréalaise", le forum réunira, le 9 juin prochain, décideurs et intervenants des réseaux de la santé et des services sociaux, communautaire, scolaire et municipal pour s'informer mutuellement, se sensibiliser davantage et réfléchir ensemble au rôle des différents acteurs tant au niveau local que régional.

Rappelons que, chaque année depuis son premier rapport annuel en 1998, le directeur de santé publique tente de répondre, avec son équipe de professionnels, au mandat que lui confère le gouvernement, à savoir informer le public ainsi que ses partenaires de l'état de santé de la population montréalaise. Année après année, ces rapports identifient les principaux enjeux de santé populationnelle et suggèrent des pistes susceptibles d'avancer vers la résolution des problèmes exposés.

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Communiqué envoyé le 23 mai 2006 à 14:00 et diffusé par :